
Feu d'érable...
Photo JCP
Outubro est un mot barbare dans le genre d'Attila. Voilà 22 ans que je l'écris avec le dicionàrio sur les genoux. Impossible de retenir l'orthographe. Freud m'eût révélé que je rejette ce mot. Et il aurait eu raison, mais dans un sens seulement.

Photo JCP. "Aux environs des belles années 1920,
quand tout le monde découvrait l'automobile"...
La Darmont "trois roues" de Monphilou, constructeur amateur très éclairé...
Et coureur émérite (photo ci-dessous)

Certes, j'ai gagné une heure de vie supplémentaire aujourd'hui. Ma pendule stomacale est là pour me le rappeler. Il n'est que 12h 24. Levé tôt pour la même raison bio-horlogère, j'ai abattu un boulot fou dès madrugada. Je finis (estou a acabar) ma première toile d'automobile: une première pour le dingo d'avions que je suis.

Le dernier vol des Hunters suisses, saisi par le pinceau, au large de Lausanne. Bons de vol pour le cimetière. En patrouille, ils vont rallier dans 5 minutes la base de Sion où ils seront ferraillés. Une sorte d'octobre des vieilles lampes à souder...
Acrylique JCP 60cm x 40cm
Disponible
Certes, mes octobres d'enfance étaient une joie, un bonheur même. C'était le mois de ma rentrée à l'école primaire de Saint-Saëns, magnifique bourg de Seine Maritime. Le bonheur commençait par les achats: vêtements chauds, livres, fournitures (un mot magique) neufs. Il s'intensifiait dès la reprise des choses sérieuses, laissées en plan à la mi-mai : Vasco de Gama, carte du monde, Victor Hugo, Quentin de Latour, Jean-Sébastien Bach, moteur à explosion, théorie des intervalles...Mes instituteurs se nommaient Hénaux, Mazaubert, Laporte, Goyer. C'étaient des saints, mais aucun pape ne les a canonisés. J'encenserais Goyer surtout qui m'a inoculé à tout jamais le virus de l'aérodynamique et de l'Aviation Populaire, Stampe en tête. Mais dès le lycée, à Rouen, le charme d'octobre se rompit, sans doute à tout jamais. Les rentrées devinrent autant de corvées.

Chipmunk à finir, sauvé des déménagements...
Une valeur sûre au Box Office des pilotes.
Acrylique JCP 118cm x 89cm
Et voilà que je me prends à haïr le 31 octobre, sinistre veille de novembre. J'ai quelque raison. C'est en cela que Freud ne s'est pas trompé. On s'est fait encore couillonner dès le 20 juin à minuit. Sous couvert de promesse de beaux jours, on a vécu dans un perpétuel déclin. Et ça continue. Novembre est encore plus haïssable que son prédécesseur. A Alcacer, les cortèges funèbres ont repris leur cours quasi quotidien. Les pébroques ont refait leur apparition. On a douze au matin. Uma vergonha! sur le 38e parallèle. Jean-Paul et Ann ont débranché l'arrosage comme on "débranche" un moribond. Rien ne poussera avant mars. Les oranges portugaises, si délicieuses, sont devenues sèches et sans goût. On reprend des vitamines C. On remet de la crème fraîche dans le potage qui lui aussi, a refait surface. Bref, profil bas comme le plafond. Heureusement, il y a Halloween...
Mais Halloween, je m'en tape la citrouille! C'est pas de chez nous et pour être franc, pas très catholique. Sans me vanter, ce serait 100% pudding & pop corn que ça ne m'étonnerait pas. La preuve en est qu'un village de Gascogne, Villefranche du Queyran, résiste, cong: " Halloween nous hese cagar !!! ", disent les autochtones dans leur belle langue imagée. On y préfère "La Conjuration du Renard". Et puis on a déjà nos traditions carnavalesques païennes en février. Halloween, c'est comme si on voulait nous remplacer l'entrecôte de Charolais par du filet de coyote, ça dégouline de ketchup et de sauce menthe!

Parées au sacrifice
Photo JCP
Reste le blog, l'écriture...Sanchez, "Les 101 Dames à chiens" et bientôt, "La Fam'du"...Côté peinture, la Darmont de Monphilou et dans la foulée, Concorde, le Super Constellation, le Chipmunk. Peut-être encore un Stampe inédit, à Noël, seulement pour ne pas devenir fou.
Mais il reste une chose qui les vaut toutes. C'est ce soleil d'éclaircie sur fond d'ardoise de plomb qui me grille à l'instant les rétines. C'est ça le vrai LUX. Je m'y complais. Je me roule dedans sem vergonha.

Avis à IRIS, mon ultime taulière qui sévit encore au Pays basque avec ses préjugés germaniques...
Le linge qui sèche, c'est beau!
Bien m'en a pris de déménager de la sinistre Maison Harnaberria!
Chère, glaciale, inhospitalière...
Photo JCP
Quand même, vivement le 21 juin, se Deus quiser...Je ne dis pas "vivement mercredi", car j'ai le pressentiment que Kerry va perdre de peu.
Moi j'aime bien quand y râle contre les marottes les plus nâzes de la "culture" sous film alimentaire... Vas-y JP ! Nous on préfère les marrons chauds de la São Martinho aux courges ricanantes.
Et toc. Gardarem lou Alentejo ! ;-)
Rédigé par : Phil' | 15/11/2004 à 03:02
Oui, c'est joli, les étendages de linge. On dirait parfois de fiers étendards, toutes ces culottes et autres vêtements qui claquent au vent! Il me vient à l'esprit cette si belle chanson de Nino Ferrer, Le Sud: "Il y a du linge étendu sur la terrasse, et c'est joliiiiii...".
A Paris, nous devions honteusement cacher notre petit linge mouillé. Si tu n'avais pas de balcon sur cour, ta salle de bain prenait vite une ambiance de hammam, avec le tout pendu au-dessus de la baignoire. Remarque, il vaut mieux ça que d'exposer ton petit linge aux relents toxiques de la ville. Etendage rime avec bonnes odeurs, air pur et soleil.
Rédigé par : Elvira | 11/11/2004 à 15:45
He comme tu y vas, c'était joyeux notre massacre de citrouilles !
Rédigé par : sophie | 02/11/2004 à 20:09
Oui, je me joins à toi dans cette lutte. Je suis peut être dans le faux mais pour moi halloween=américains et j'ai du mal à encadrer le pays tout entier...je sais que c'est con, mais c'est plus fort que la raison...En espérant que Kerry passe et qu'il fasse moins le con que Bush...
Rédigé par : Joao André | 02/11/2004 à 11:30
Laissez vivre les citrouilles, tu y vas fort. Le sacrifice de la citrouille correspond au réveil de la nature : tout reverdi, c'est ça le miracle du 38meme. L'hivers est vert et bleu, frais et humide parfois, mais vert. Dans le nord il est gris.
Alors si hivers il doit y avoir, autant que ce soit au sud.
Rédigé par : jp | 01/11/2004 à 15:16