Dire que l’on voyage de moins en moins au fur et à mesure que l’on vieillit, est pour moi une absurdité.
Ce serait plutôt le contraire.
En écrivant tous les jours des histoires, je ne sais jamais où je dormirai dans les jours qui viennent.
Car j’ai découvert dans l’écriture de nouveaux pays à visiter. Et ils sont de plus en plus nombreux au fil des semaines.
Le soir, quand je pose mon stylo après une journée pleine de rebondissements, d’erreurs de parcours, de recherches, de détours à travers des souvenirs, des fantasmes ou des faits divers, je ne sais pas où ma page blanche m’entraînera demain. Il est des nuits où je dors dans un village de pêcheurs au Vietnam, le lendemain, je traque les crocodiles de Tanzanie, un jour je marche sur les murets des rizières de Bali, un autre je suis entouré de sourires sur le marché de Dimeka en Ethiopie.
Et quand je rentre chez moi après un séjour au Cambodge, un autre voyage commence : le tri des photos, le classement des anecdotes, la mise au propre du carnet de bord.
Mais, à force de voyager, de changer de continent tous les jours, je me demande si je ne déménage pas un peu parfois…
JAC, le 11 mai 2012
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