31 décembre 2010, Battambang, Cambodge,
La ligne de chemin de fer Phnom Penh-Battambang est occupée sur un tronçon de huit kilomètres par une utilisation locale, le « Train de Bambou ».
Entre les deux villes, distantes de 300 km, il ne circule plus qu’un convoi par semaine, ce qui laisse largement le temps aux autochtones de faire joujou au train-train pour transporter de temple en temple des grands-mères en pèlerinage, quelques lits à livrer d’urgence ou une batterie de canards pour une fête quelconque.
Ce matin, je suis le seul voyageur. Le chef de gare me toise du haut de sa casquette d’officiel et décide que le prix sera aujourd’hui de …10 dollars, aller et retour.
-Je préfère attendre que le soleil réapparaisse, lui dis-je, en bon Normand rusé.
Ma réponse le déçoit, au plus profond de sa caisse enregistreuse dont le tiroir vide annonce une journée de vaches maigres. Alors il insiste pour me faire partir dans les plus brefs délais, trouvant comme argument l’arrivée imminente d’un bus entier, chargé de touristes.
Le soleil apparaît, en même temps qu’un couple américain, bras dessus, bras dessous.
Le caissier réfléchit et leur propose le prix de 6 dollars par personne.
J’ignorais que 10 divisés par 3 = 6 au Cambodge. J’ai toujours eu un profond respect pour les forts en arithmétique.
Les 8 dollars de commission doivent sans doute couvrir les frais d’entretien de l’installation ferroviaire et peut-être aussi le surpoids transatlantique car les deux amoureux en Lune de Miel affichent, par l’ampleur et la générosité de leur croupe, un penchant immodéré pour les Hamburgers au ketchup.
Alors, prenons le mini train.
On place un cadre rectangulaire en bambou sur deux essieux soudés à deux roues de char soviétique posés sur des rails tordus.
Un moteur de mobylette, raccordé à l’axe arrière au moyen d’une courroie tendue avec le pied du pilote et hop ! C’est parti !
Les poules s’époussettent. Les coqs se poussent à peine. Le train monté en kit s’ébranle, accompagné par une volée d’oiseaux-mouches et de papillons.
Premier arrêt, un kilomètre plus loin. Un convoi avance en sens inverse.
(Un train arrive en sens contraire...Tout se démonte dans le wagon, sauf le conducteur.)
Pas grave : tout le monde descend. On soulève la plate-forme puis les essieux. La voie est libre.
Après le passage, on remonte les roues, la carcasse du « train » et, hop !
Nous continuons notre chemin.
Les paysans dans les rizières nous saluent. La campagne est belle vue de notre wagon.
Terminus. Petits bars à jus de coco. Glaces. Café.
Nous restons sur place une bonne demi-heure. Quelques voyageurs attendent leur tour : une vieille femme qui transporte des sacs de patates douces sur son vélo, une poignée de bonzes au visage figé dans un demi-sourire.
(Mécanicien cambodgien, fatigué de monter et de démonter les wagons.)
Un bien curieux engin, démontable à loisir, selon l’humeur des mécaniciens et des convois venant en sens inverse.
Un train miniature, façon Lilliput, qui pollue peu…
(Conducteur de mini train, droit dans ses bottes sur des rails tordus.)
JAC, le 24 janvier 2011
Ah oui... la SNCF...
Si ils tombent sur ton article frèrot Jac je peux déjà voir un TGV en kit...
Sérieusement que d'endroits "bizarrots" tu visites...
Pas étonnant que Frangine Quiquine s'inquiète quand tu mets les voiles pour une autre expédition...
A quand le prochain voyage "excitant" ???
Milles amitiés à toi et à tous ceux qui lisent tes aventures de "Globe Trotter"
Michel
Rédigé par : Michel Léveillard | 28/01/2011 à 11:02
Magnifique exemple de type physique Khmer chez ce mécanicien cambodgien!
Rédigé par : Daniel Bas dit Chedozot | 28/01/2011 à 09:31
En France ,notre directeur de la SNCF,monsieur
PEPi,songerait à copier le système D des Cambodgiens,tant les Chemins de fer sont en déficit.pour voyager à moindre coût,et bien profiter du paysage,ce petit train,n'est pas un TRAINE MISERE,on y croise de tout,quand le
TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS,il sera temps de
se souvenir de Georges Courteline,avec le TRAIN DE 8 H47 ,
Quiquine.
Rédigé par : Paulus Petit Jacqueline | 27/01/2011 à 15:59