Un des derniers messages que m'a envoyés Jean-Claude, en octobre 2008
"Ah mon p'tit frère !
C'est un plaisir en remontant du jardin de trouver ton message. J'ai sarclé, biné, ratissé, semé, arrosé. En plus, j'ai un aide jardinier à ma botte, un pépé sans dents à droite, à partir de l'incisive de gauche, ce qui lui donne un air ironique quand il rit. Mais c'est l'illusion du trou noir.
Primesautier, il a failli m'arroser copieusement, l'embout s'étant coincé.
Ce que j'aime en lui, c'est la souplesse de ses reins de maçon. Il arrache toutes les mauvaises herbes, m'épargnant ainsi des lumbagos. Ce que j'aime moins, c'est sa tendance à flinguer les jeunes pousses, parce que pour lui, faut que l'tumiau crache épais, sinon, c'est de l'arrosage de gonzesse.
On a dégagé le persil qui jaunissait. J'ai semé de nouveau.
Quand il m'a vu scier puis coller de fines baguettes sur des encadrements, il a trouvé un mot joli:
- Ah, vous travaillez ?
Ben oui, parce que peindre, ça n'est pas du boulot. C'est un peu comme Lucien qu'avait toujou l'cul su eun' chaise. Alors tu penses, quand on le voyait suer au jardin...Même en cravate !
Souvenirs du lycée Corneille....:
Quels sont les Imbéciles ! Les Crétins ! Les Abrutis ! Qui ont foutu des « journals z'entiers dans les ouatères ?
Quoi? Pouffe de rire à mon nez? Foutu à la porte à la fin d'l'année, l'censeur est d'accord ! »
C'était Monsieur Petit, surveillant général. Encore un Petit. Très différent du pion Claude Petit, frisé, maigre et puant du bec à quinze pas. M'est avis qu'il devait avoir un problème interstitiel entre les molaires, ou alors, un abus de médicaments...Mais à la différence du surgé, il ne déclenchait aucune hilarité: hiératique, coincé du calbar, balai dans l'cul, lugubre quand il m'annonçait que nous serions consignés dimanche, Poidevin et moi.
Moi je je, professeur, c'était Putz, prof d'histoire, crade, taché de graisse, cols élimés, père de dix enfants, ce qui bien sûr laissait des traces sur les copies d'interro écrite ou les compos. Sa cravate de couleur incertaine, brillait, tant elle était lustrée par les lipides, les omégas 3, les vapeurs de frites.
Mais jamais Putz n'aura atteint le degré de saleté d'Oscar Grippon, dont Daniel Bas se souvient encore. Sentait la pisse. Ils étaient trois pions de carrière clodos. Lui, Labbé et un troisième larron dont j'ai oublié le nom. L'Education Nationale était bonne princesse à cette époque. Elle gardait sous son aile tous les chiens perdus. Résultat: des perms de 60 désoeuvrés qui faisaient un chahut d'enfer. Certains même se masturbaient sous les pupitres. Au pipi se mêlait l'odeur âcre du cochon brûlé.
Ti Houitte, c'était déjà l'ère de l'Homo Sapiens, succédant à celle de l'Homo Erectus.
C'était la chronique lycéenne de Corneille...
Grosses bises,"
Chère Quiquine, des deux inconnues, j'en connais une, grande blogueuse (culinaire) de son état, ce n'est autre que la célèbre Elvira.
Rédigé par : Phil' | 03/11/2010 à 05:20
On ne saura jamais le fin mot de cette partie de rigolade ni qui sont ces deux charmantes
personnes !!!
Ils s'en sont donné à coeur joie,étaient
heureux,et ils font plaisir à voir.
Etait ce une fin de repas bien arrosé ou bien
après un bon mot de Jean Claude ???Chacun
interprètera à sa façon.
LE RIRE EST LE PROPRE DE L'HOMME .
Quiquine.
Rédigé par : Jacqueline Paulus Petit | 30/10/2010 à 21:01
A tous les charmes décrits par Cocode, le professeur Putz ajoutait celui de postillonner vigoureusement. On l'appelait "le vaporisateur Putz". Qu'on imagine le tableau lorsqu'il se présentait: le postillonneur n'était pas aidé par son nom dont la prononciation (Pouttss...)se révélait explosive!
Rédigé par : Daniel Bas dit Chedozot | 29/10/2010 à 20:53
D'interminables et impitoyables rondes tournaient autour du malheureux Oskar Grippon en chantant "Mon chapeau a quatre bosses, quatre bosses a mon chapeau...". Il faisait semblant de ne pas voir, souriait aux anges. Parfois, pris d'un accès de colère, il sortait de sa poche un vieux bout de papier ou un ticket de tramway,agrippait un insolent et lui demandait avec un accent alsacien à couper au couteau: "Tonnez-moi fotre nom!". Il l'inscrivait et perdait naturellement le chiffon de papier. Les mauvaises plaisanteries redoublaient: "Oskar-pète, Oskar-à-bine, Oskar i bout, Oskar touche, etc.". Il était, je crois, professeur d'histoire mais, chahuté, n'avait jamais pu enseigner.
Rédigé par : Daniel Bas dit Chedozot | 29/10/2010 à 19:15
MERCI LES GARCONS ,VOUS ETES DES "MECS
BIEN ".
Quiquine.
Rédigé par : Jacqueline Paulus Petit | 29/10/2010 à 16:40
Bonjour à la famille et à tous les amis de nôtre cher Jean-Claude...
Je viens seulement vous passer un petit bonjour et une pensée super spéciale ce 29 octobre pour vous dire "Présent à l'appel" ce jour du souvenir...
"Bons vols et beaux coups de pinceaux frérot Vikings"
Michel
Rédigé par : Michel Léveillard | 29/10/2010 à 15:05
Franchement, vous en connaissez beaucoup, vous, des qui soyent* capables d'écrire comme ça !? Moi pas.
Il avait foutrement raison, son ex-patron : c'est bon ! Et pas que pour la tête.
Merci Jacqueline, Jacques, Michel, Daniel, merci à vous tous.
*forme populaire typique de la région lyonnaise et stéphanoise.
Rédigé par : Phil' | 29/10/2010 à 04:29