14 juillet 2004 , Tananarive
, Madagascar ,
A Tamatave,
l’escale inattendue, il faut enjamber des valises, des caisses, des sacs,
accepter de suivre un couloir, rebrousser chemin car il se révèle inadéquat, obéir
aux cris des porteurs, des bonimenteurs, aux appels des douaniers, aux gestes
laconiques des gendarmes.
La
femme officier réclame un cadeau par tampon. Elle en appose six sur mon
passeport. Je ne lui en propose aucun.
Les bagages sont entassés, éparpillés, regroupés dans un hall (un
garage?) surchauffé. Les voyageurs s’agglutinent au comptoir où des employés
pointilleux examinent des papiers, des fiches, des signatures.
Personne ne sait pourquoi il faut descendre de l’avion. Il faut
attendre. Il faut suivre. Tricher un peu pour brûler la politesse au voisin.
Jouer des coudes discrètement. Profiter d’un espace. S’y engouffrer l’air
absent.
Il
règne ici une belle pagaille. Bien organisée. Bien construite. Et l’on reste là,
penaud, affligé, partagé entre pleurs, fou rire et colère rentrée.
Les contrôles sont aléatoires, inefficaces, intéressés. Le mot « cadeau » est susurré, suggéré, imploré du bout des lèvres mais le regard n’ose suivre.
(Patience et visages graves en attendant son tour)
JAC, le 30 mai 2009
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