19 janvier 2006, aéroport d'Addis Abeba, Ethiopie,
La plus grande confusion règne dans la salle d'embarquement : l'appareil de contrôle des bagages, hypersensible, sonne au moindre bouton de culotte en métal, au plus petit capuchon de stylo, au premier éternuement.
L'officier de surveillance est dépassé par les évènements. Cinquante policiers gambiens, peut-être en stage, mais surtout en uniforme, n'apprécient guère de se voir obligés de mettre bas ceinturons, rangers, médailles, galons...Une rixe éclate même à l'entrée, entre ces policiers irrités, au bord du désespoir, et les gendarmes éthiopiens.
On m'assure que mes films ne seront pas voilés. J'en doute un peu. Tout le monde crie, s'agite, conteste. Je ne me laisse pas faire non plus, influencé par le formidable soulèvement populaire auquel il me plaît de prendre part. Phénomène de groupe? Curiosité malsaine d'assister à une confrontation musclée entre les forces de l'ordre gambiennes et l'armée éthiopienne?
Je n'accorde aucune confiance à la machine qui semble présenter des troubles du comportement et divaguer de plus en plus. Je le fais savoir au contrôleur qui ne sait plus où donner de la réponse, tant il est assailli de tous côtés.
Une policière gambienne pleure, serre les poings, prête à fondre sur les autorités locales, tandis qu'une douce voix féminine nous annonce au micro que l'avion de Nairobi est à l'heure. On en avait presque oublié notre destination.
Le ciel est bleu azur mais la tempête sévit de plus belle dans la salle. Je suis spectateur intéressé.
Un sergent fait sonner l'appareil. Il baisse son pantalon et fait comprendre à l'employée, un peu gênée, que la seule bombe qu'il possède sur lui, est ...sa bombe sexuelle, qu'il n'hésite pas à lui montrer du doigt.
Toute la Gambie éclate de rire. Toute la sécurité éthiopienne reste de marbre.
Discrètement, je me permets de demander à un capitaine ce que le bataillon va faire à Nairobi. Il me répond, les larmes aux yeux:
- Nous avons reçu il y a quelques jours seulement, un ordre de mission pour le Darfour...Comme il n'y a pas de ligne directe entre l'Ethiopie et le Soudan, nous sommes obligés de passer par le Kenya. On nous a dit six mois, mais ...
Je comprends mieux la nervosité extrême des futurs gardiens de la paix, envoyés de force au front pour s'interposer entre massacreurs et massacrés.
("Je suis un gentil, moi, je ne ferais pas de mal à une mouche, fût-elle du Darfour...". Propos rassurants du président du Soudan, Omar-el-Béchir )
(Policiers gambiens un peu déçus, venant d'apprendre qu'ils ne partaient pas en vacances au Sénégal mais sur le front, au Darfour...)
JAC , le 18 mars 2009
Ce n'estpas un policier gambien mais le president de la guinee conakry (Le capitaine Moussa Dadis Camara)...
Rédigé par: Erdimi Hamdi | 12/10/2009 à 23:04
Pauvre Afrique et pauvre général El Bachir. Où vont ces deux-là, où finiront-ils ?
Rédigé par: Phil' | 25/03/2009 à 02:29