Aérobucoliques (3)
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Monte Azinheira Grande, autrement dit "la Ferme (aéronautique) de la Grande Chênaie",
par un samedi d'automne, sec comme un coup de trique. Car il n'a pas plu depuis la Saint Médard de l'an...On ne sait plus.
La végétation a jauni. Le trèfle n'a pas levé. Les chevaux auront du foin. Oliviers et chênes-lièges se portent bien, les orangers ont soif. Mais dirait-on qu'on est un 10 novembre ? Nous y étions encore, Jeff et moi, le 20 octobre. Il y faisait un temps férocement bleu. En dépit de légers voiles, il fait toujours beau à l'Azinheira Grande, commune de Figueira dos Cavaleiros, district de Beja.
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Le SeaMax au dessin réussi. Au loin, le Lambada, ULM motorisé à voilure planante. Les deux fleurons de Pelicano.
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Sécheresse et gouttes salées
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Certes, on s'attriste sur cet automne sec. On le compare au précédent, son contraire, qui fut bien arrosé et qui a sans doute contribué à modérer très significativement les ardeurs des feux de l'été 2007. Rien ici, au sud, rien ou presque en juillet et août. Qu'en sera-t-il en 2008?
On s'attriste, mais secrètement, on jubile de bonheur aux premières gouttes de sueur de la matinée. Parce qu'on transpire à midi, en novembre, en Alentejo! Tout comme les fabricants de parapluie, mais pour d'autres raisons.
Au moindre déplacement de roues, au moindre souffle d'hélice, la terre fume de poussière. Sur la piste, les décollages précédés d'un jet de particules, donnent une impression de vitesse ahurissante.
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Une tentative de décollage qui fait bien illusion
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Saint-Martin ou Saint-Jean,
c'est toujours l'été
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J'aime ce lieu à la folie. On y respire une paix profonde et ce ne sont pas les avions qui la troublent, au contraire. Je l'aime à la folie car j'y retrouve aussi une aviation dépouillée de toutes contraintes, en dehors des règles élémentaires de sécurité et de la règle sacrée du respect de la propriété d'autrui.
On y circule sans vigiles, sans injonctions, sans rappels à l'ordre. Ce n'est pas Toussus-le-Noble où je me souviens d'avoir été cueilli jadis par un véhicules de gendarmes, alors que j'étais un familier de LFPN. J'y faisais mes premières armes sur Jodel D-112. Mais ce jour-là, je faisais du hors piste, caméra au poing.
Ici, tout le monde fait du hors piste. Tout le monde, c'est-à-dire peu de monde. Jeff adore fouler les labours, aller voir les chevaux, les canards, aider un tracteur à sortir de l'ornière, au besoin. Il a raison, ça le change des tarmacs de CDG ou d'ailleurs.
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Même le chien de garde, grand chasseur de perdrix, ne semble pas spécialement attiré par la vocation répressive.
Le hangar est d'une propreté chirurgicale, ce qui a fait dire à Jeff qu'on se croirait chez Dassault. Une phrase qui a plu à António Remédios, maître de céans, ex-captain de la TAP, grand sorcier du Lockheed Tristar reconverti en concessionnaire de l'amphibie Seamax et du moto planeur Lambada. Il préside aussi le conseil d'administration de VINAIR SA, transport à la demande, basé sur l'Aéroport de Tires, Cascais.
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- C'est bien joli, chez vous, monsieur António...
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António, David, Jeff, Loïc (caché)
La piste est belle, l'espace est généreux, les installations sont dans le style alentejan, blanc liserés bleus et rien ne dépasse. Azinheira Grande est un lieu de convergence de copains de l'air, ce qui englobe aussi bien les volants et les non volants. C'est une escale incontournable pour les baladins du ciel. On s'y pose pour boire un café, serrer quelques paluches, goûter la paix du lieu comme on goûte un bon cru.
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Ci-dessus, un Super Petrel en courte escale: curieux zozio, mais qui vole bien, selon la définition du mot AVION:
Appareil Volant Imitant Oiseau Naturel
Sauf que rarement, les oiseaux sont biplans...Ou alors, s'ils le sont, c'est un très court instant et pour des raisons qui ne nous regardent pas.
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Bonne école + bon maître = bons élèves
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On y apprend aussi à prendre en mains le Seamax ou le Lambada, tel un certain José ce samedi. Lâché! Lâché sur Lambada et heureux, cela crevait les yeux. Je pense qu'il n'était pas satisfait de ses trois premiers atterrissages en double commande. Mais dès qu'il fut lâché par Dieu le Père, ses trois atterrissages suivants, en solo, furent d'une propreté impeccable.
Les spectateurs, tous chevronnés, ont apprécié ses trois kiss landings trois points. Il ne lui reste plus maintenant qu'à explorer les qualités vélivoles du Lambada.
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Operação triunfo pour José
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Même les chevronnés sont retournés à l'école. Mais eux, ce sont des élèves qui ont déjà des milliers d'heures de classe. Alors évidemment, ils passent le contrôle les doigts dans le nez, à ceci près qu'ils restent éminemment attentifs et studieux, comme s'ils étaient en cours élémentaire première année.
- Tu as vu, ce SeaMax, il se pilote rien qu'aux pieds...
Cette réflexion m'a amené à énoncer cette phrase lapidaire:
Le SeaMax, c'est le pied!
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Le sourire de Jeff ne fait aucun doute sur son plaisir de voler hors ligne, en ligne. Le "Mestre" semblerait plus introverti. En vol, il sourit beaucoup plus "de l'intérieur".
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Prise en mains par Loïc
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Loïc et David
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La relève des pilotes de ligne contemplatifs, épicuriens, curieux de tout au sourire éclatant est assurée. Tout les émeut: un fromage frais de brebis en prélude à des febras de porco preto, un soleil divin et les voilà à Byzance, Capoue, Capri en Alentejo.
Loïc préside l'association ADDAC, Association pour le Développement Durable dans l'Aviation Civile. Un gros projet est sur le feu: l'autotractage des avions de ligne au sol, du parking jusqu' au seuil de piste. Des tonnes et des tonnes de carburant économisées et cela, grâce à un tout petit moteur électrique à fort couple, intégrable au diabolo avant des avions de ligne. Jeff est aussi parmi les membres fondateurs d'ADDAC.
David, est l'un des auteurs du manuel de vol des A320 spécifiques à Air France. Il est en charge des procédures pilotes des A320. En bref, il connaît l'A320 par coeur.
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Nous, Jeff, Loïc, David et moi, nous étions les Français d'adoption venus des quatre horizons. Eux, par la grâce d'Air France, côté cockpit, moi par le privilège d'habiter à une demi-heure en auto et d'avoir connu Jeff, le premier maillon, grâce à Sur le Zinc.
J'y viens en voisin épicurien, amoureux de l'air, adepte de l'Aérobucolisme, un mot qu'il fallait inventer pour désigner le génie du Monte Azinheira Grande.
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Agradecimento
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Merci, António, pour ce vol à l'heure que j'appelle "L'heure exquise", à l'instant où le soleil va se coucher paisiblement, un peu fatigué d'avoir brillé tout un jour, fût-ce en orbite basse. Mais nous y avons trouvé notre content de lumières chaudes, d'ombres étirées.
Merci, António, pour ce vol en air limpide, sans un souffle, juste avant l'extinction des feux, quand la manche à air prend le relais et s'allume pour veiller comme les sergents du guet. Elle semble dire, dans le concert des grillons:
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- Dormez, bonnes gens, tout est paisible…
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C'est bien d'avoir découvert un tel paradis. Je ne croyais plus que ça pouvait encore exister en Europe, ce genre de vrai coin peinard. Voilà qui donne le moral.
Et merci pour les superbes photos !
Rédigé par: Phil' | 17/11/2007 at 18:21
J'ai bien aimé cette ballade "aérobucolique" - Tu
habites une bien belle région. Bon, mais n'y a-t-il
jamais de femme pilote ?....
Rédigé par: gabriella | 13/11/2007 at 12:45