Un Concorde est en gestation
Un Concorde (un de plus) est en chantier sur la toile. Déjà, son profil se dessine et quelques uns de ses oripeaux commencent à apparaître. Une antenne, une sonde, un palpeur de sensations, autant de protubérances discrètes faites de métaux curieux ou de matières inhabituelles.
Nous sommes très haut, bien au-dessus d'une couche diffuse. Cinquante mille pieds peut-être, ce qui n'est rien, comparé au gouffre sans fin qui, à l'inverse de tous les gouffres, commence en bas et ne finit jamais en haut.
Nous volons à mach 2,02. Le chuintement des molécules d'air est à peine audible à l'intérieur du cigare. Il fait - 50°C dehors, mais le peintre transpire, car rien ne va encore. Y a du boulot! Régler les nuances, éclaircir ici, assombrir là, passer des jus, brosser à sec, fondre, refondre, remodeler, écrire "Groupe Air France", à la main, aussi juste qu'un auto-collant imprimé.
Bref, le peintre s'emmerde, mais la récompense est peut-être au bout.
Entre parenthèses, merci à Bernard Charles, pour sa photo au sol qui a servi de référence en vol.
JCP
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