16/06/2009

300 000 PAGES VUES...300 000 PAGES VUES...300 000 PAGES VUES...


JCP écrivait en juillet 2008 :

"A ce jour, 250 000 pages vues sur Sur le Zinc, 940 par semaine. Score en diminution: c'est l'été et concurrence oblige. On y cherche a priori des photos, via les moteurs et métamoteurs. Parfois un avion, des caractéristiques, des vues, un nom. Et si le chercheur inconnu est en phase avec le contenu, sa forme et son esprit, cela peut donner une amorce de dialogue, un commencement de complicité, un suivi, une rencontre, une amitié dans le meilleur des cas."


C’était il y a un an.

Daniel Bas et moi avons bataillé ferme pour tenter  de parler d’avions malgré des connaissances, comment dire..., perfectibles.

300 OOO…Joli chiffre.

C’est pour toi, mon frère.

Mais, pardonne-moi…je jette l’éponge…Je n’en puis plus.

Je laisse ma plume à des  experts ou à des passionnés.

Faire semblant de parler de Hawker H400

ou de Bronco-OV-10 pourrait friser l’imposture…

************************************************************************************

Mais n'oubliez pas les autres blogs "Popote et papote", "Couleur Alentejo", "Sur le zinc bis", "Plume au vent", "G1trou.com", Chedozot, Pascale et moi y sommes plus à l'aise.

Merci pour les nombreux encouragements que vous nous avez apportés.

Je reviens à mes vaches, à mes rizières, à mon sac à dos.

A mon frère.

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( Photo prise sur le "Sagres" en juin 2007, un jour de grand bonheur pour lui.)                                   

                              JAC, le 16 juin 2009


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15/06/2009

Lignes aériennes africaines des années 80



Lignes aériennes africaines :

 

Transversales et « côtières » des années 80

 

 

Dans les années 80, les lignes aériennes internationales en Afrique étaient encore tournées vers l’Europe, vers l’ancienne puissance coloniale. En exagérant un peu, on pourrait dire que le mieux pour aller de Nairobi à Douala était encore de faire Nairobi-Londres, Londres-Paris et enfin Paris- Douala ! Les transversales étaient rares et la disparition d’Air Afrique a été durement ressentie par les usagers.

 A330_air Afrique-1

(Feu Air Afrique. Beaucoup de critiques mais tant de services rendus !)

 

Aller de Tanzanie au Mali était un pari risqué. La seule bonne transversale est-ouest était alors assurée par Ethiopian Airlines dont la réputation était sans faille.

 Ethiopian-airlines2

(Ethiopian Airlines, la transversale la plus fiable à l’époque. J’ai fait avec elle Daar-es-Salaam/ Bamako via Nairobi sans problème)

 

En outre, il y avait plusieurs « côtières » qui faisaient des sauts de puces de port en port du Maroc et du Sénégal au Zaïre et à l’Angola en longeant tout le golfe de Guinée.

 

Les points d’arrêt de ces « côtières » dépendaient beaucoup de l’histoire coloniale ou de la géopolitique des années 8O : la TAAG, compagnie angolaise, privilégiait les pays d’expression officielle portugaise et de philosophie marxiste en se posant à São Tomé, Bissau et Sal au Cap Vert. Air Zaïre voulait montrer que le plus grand pays francophone d’Afrique était présent à Dakar, Abidjan, Cotonou, Douala. Royal Air Maroc assurait depuis Casablanca la relève de la garde à Libreville, Malabo et Conakry car les Présidents de ces trois Etats avaient choisi le Maroc pour assurer leur protection rapprochée. J’ai eu le plaisir et l’avantage d’emprunter ces trois « côtières », au moins sur un tronçon.

 

Compte-rendu :

 

AIR ZAIRE :

 DC-10 Air Za-re

(Une ligne à arrêts facultatifs)

 

On m’avait dit grand mal d’Air Zaïre, plus communément appelé Air Peut-être ou Air Jamais…Un de mes bons amis avait emprunté les lignes intérieures : le pilote recevait une somme globale d’argent en liquide pour les repas. A chaque étape, des petits marchands venaient sur le tarmac, au pied de la passerelle et le pilote faisait son marché. Il barguignait au mieux en essayant de concilier les intérêts des trois parties prenantes : les passagers qui se seraient révoltés s’ils avaient été à la portion trop congrue, les fournisseurs qui l’aurait boycotté s’ils avaient été trop pressurés et lui-même qui espérait bien garder une marge pour prix de ses talents de négociateur.

 

Personnellement, je n’ai pas à me plaindre d’Air Zaïre. Mon avion est parti de Dakar à l’heure pile, s’est posé à Conakry et Abidjan et est arrivé à ma grande satisfaction à Kinshasa avec une heure d’avance !... Il avait simplement omis de s’arrêter à Douala, l’appareil n’étant pas pourvu comme les autobus d’un écriteau : « Sonnez pour le prochain arrêt ». Je pense que le pilote avait un rencart avec sa petite amie et qu’il était pressé. Moi, ça m’arrangeait. Pas les Camerounais, bien sûr !

 

TAAG :

 

L’Angola souffre. L’Angola est en guerre. Je vais de São Tomé à Luanda par la « côtière » lusophone. On s’applique à assurer un bon service malgré la rareté, les privations. Tout le monde sourit, mais un sourire grave.

 

Sur l’aéroport de Luanda, spectacle inhabituel : des DCA, des chars lourds, des véhicules camouflés, des fils de fer barbelés, des tranchées et des sacs de sable, des pancartes à tête de mort qui annoncent des champs de mines…Des uniformes inconnus : ce sont des Cubains. Des avions peu familiers à l’œil occidental, des Antonov soviétiques notamment :

 Antonov AN-14

(Antonov AN-14 à atterrissage et décollage court pour lignes intérieures. 10 passagers)

 

Dans l’aérogare, beaucoup de mutilés mais pas la Cour des Miracles habituelle, pas seulement des polios ou des lépreux, des mutilés de guerre avec des prothèses de fortune. On ne mendie pas, on sent un peuple qui a forgé dans la souffrance un sens de la dignité et de la responsabilité. Les Angolais m’ont beaucoup impressionné.

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(Antonov AN-24, deux turbopropulseurs, 44 à 52 passagers, années 70/80)

 

ROYAL AIR MAROC :

 

Cette excellente compagnie entretenait une « côtière » bien particulière. Indépendamment des régimes politiques (Guinée Equatoriale et Guinée Conakry avaient un penchant pour l’URSS mais pas le Gabon), la réputation des gardes marocains était si bonne que les Présidents de ces trois pays ne voulaient pas confier leur sécurité rapprochée à qui que ce soit d’autre. 

 

Il fallait bien assurer la relève de ces gardes : la « côtière » était là pour ça et prenait éventuellement des passagers supplémentaires pour remplir l’avion.

 Royal Air Maroc

(La RAM, Compagnie de mon cœur)

 

Pascale et moi, nous avons pris ce vol de Malabo à Dakar, de bon matin. Nous étions pratiquement seuls : pas de gardes partant en permission, pas de famille revenant d’une visite au soldat lointain. Nous avons commencé la journée par des oranges à la feuille encore bien verte cueillies à Casablanca la veille. Nous avons déjeuné comme des Princes avec Champagne : l’hôtesse attendait beaucoup plus de monde et voulait solder ses stocks !

 

Les gardes marocains existent-ils encore ? Je ne sais pas. Nous resterons toujours fidèles à la RAM : notre dernier voyage est un Casablanca-Niamey en 2006. Réussi, quoique sans Champagne.

 

 

Voilà l’histoire des transversales et des côtières des années 80, encore empêtrées dans les remous de la décolonisation et de la guerre froide.

 

Daniel Bas, 15 juin 2009.

 

12/06/2009

São Tomé e Príncipe 1982: 3 – Air Pestana



Pour maintenir la cohésion du jeune Etat insulaire nouvellement indépendant et pour assurer son ravitaillement en produits essentiels, l’avion était d’une importance capitale. Il y avait bien des liaisons par bateau entre les deux îles, mais elles étaient aléatoires et ont d’ailleurs mal fini en 2008 par un naufrage faisant 14 victimes. L’avion était donc un outil incontournable. De quelles liaisons aériennes le pays bénéficiait-il ?

 

La TAP portugaise assurait chaque semaine une liaison avec Lisbonne. La TAAG angolaise reliait trois Etats lusophones par un vol hebdomadaire Luanda - São Tomé - Sal (Cap Vert). La compagnie nationale LASTP (Linhas Aéreas de São Tomé e Príncipe) reliait régulièrement les deux îles et surtout maintenait un cordon ombilical avec Libreville d’où parvenaient à cette République Démocratique naissante et démunie quelques biens de la société de consommation. Le grand pays lusophone voisin et ami, l’Angola, en proie à la guerre civile, ne pouvait être d’un grand secours dans le domaine des approvisionnements. Il n’y avait que dans le relativement prospère Gabon qu’on pouvait tout se procurer à condition d’avoir de l’argent.

 

Un exemple : mon premier voyage à São Tomé tombait en même temps que la première visite depuis l’indépendance d’un Président de la République portugaise, le Président Eanes. C’était le branle-bas de combat pour le recevoir dignement mais tant de choses manquaient!  L’avion de la LASTP faisait dans ce but de nombreux allers-retours sur le Gabon. Je me souviens d’avoir attendu plusieurs heures pour quitter Libreville : l’équipage  avait dû retourner en centre-ville en quatrième vitesse parce qu’on avait oublié la peinture pour rafraîchir les murs de la chambre allouée au Président Eanes. Je me souviens d’avoir voyagé au milieu d’un nombre impressionnant de pots de peinture et autres fournitures pour le bien-être du visiteur, y compris une armoire et quatre caisses de rouleaux de papier hygiénique.

 

L’unique avion de la LASTP (qui sera rebaptisée en 1993 « Air São Tomé e Príncipe » et sera partiellement privatisée) était destiné pour moitié au transport des marchandises et des animaux (chèvres, moutons, poulets notamment) et pour l’autre moitié au transport des personnes. C’était un Fokker F. 27. 400, court courrier de 44 places.

 DHC6

(Air São Tomé e Príncipe)

Il ne chômait pas, il était à bout de souffle. Je me trouvais à São Tomé lorsqu’il a dû partir trois semaines à Luanda pour une révision générale : le pays était dans un état d’isolement angoissant et j’ai un peu souffert de claustrophobie. C’est beau, une île, mais on en a vite fait le tour et on aime bien sentir qu’on peut en sortir...

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(Le Fokker F.27.400 en chargement, seul trait d’union entre les deux îles et avec le continent)

 

Peu de temps après mon départ d’Afrique centrale, la compagnie se dotera d’un second appareil, un Islander BN-2A pouvant emporter 10 passagers.

BN2A  

(John Britten et Desmond Norman : BN2A, Islander)

 

Plus tard encore, la compagnie s’équipera d’un DHC-6 Twin Otter de chez de Havilland Canada emportant 20 passagers et particulièrement performant pour les atterrissages et décollages courts. Cette acquisition, hélas, ne lui portera pas chance : l’avion sera perdu corps et biens le 23 mai 2006 lors d’un crash en mer pendant un vol d’entraînement au large de la baie d’Ana Chaves, près de l’île das cabras (des chèvres), au nord-est de São Tomé. Le coup sera fatal à la compagnie qui sera liquidée. Tout récemment, « São Tomé e Principe Airways » a pris le départ pour remplacer Air STP.

 De Haviland DHC6

(de Havilland Canada : un DHC – 6 Twin Otter)

 

Mais revenons à l’époque glorieuse du début des années 80 que j’ai bien connue. Pestana fait alors la pluie et le beau temps dans le ciel santoméen. C’est une personnalité rude et sympathique, un homme court et rond qui parle carrément. Il jouit d’un pouvoir extraordinaire : pour moi, c’est de deuxième personnage de l’Etat après le Président de la République ! Il décide si on part, quand on part. Il supervise le chargement, veille à ce qu’il soit bien équilibré. C’est difficile, il y a des meubles, des bêtes et des gens ! Son homme à tout faire, Inacio, se fait taper sur les doigts s’il a placé tous les poids lourds d’un seul côté : « Inaaacio, fideputa… ». J’ai vu le malheureux Inacio tout redescendre et recommencer son  chargement à zéro. Pestana n’est pas méchant, il gueule comme ça mais il l’aime bien et le protège, son Inacio. Pestana est un gars carré qui mène les affaires rondement. Pestana est un précurseur du principe de précaution.

 

Quand le ciel est gris, on voit de bon matin la silhouette râblée de Pestana, la tête enfoncée dans les épaules, les mains dans les poches, aller et venir, humer l’air, scruter le ciel, faire de grands signes de dénégation : « Eu, não vou ; Moi, j’y vais pas ! » marmonne-t’il. Alors, c’est le défilé des solliciteurs et des pleureuses :

 

« Mais, Pestana, mon ami, tu ne vas pas me faire ça ! Tu sais bien que ma vieille mère attend après ses médicaments. On ne peut les trouver qu’à Libreville

- Pestana, mon entreprise s’arrête si je ne rapporte pas de matières premières du Gabon, tu ne veux pas mettre mes ouvriers au chômage. », etc. etc.

 

Alors, Pestana s’attendrit tout doucement en jurant que c’est bien la dernière fois qu’il se laisse prendre… Et on y va : « Inaaacio… ». Et tout le monde met la main à la pâte… Et ce soir, dans l’aéroport moderne de Libreville, défileront sur le tapis roulant les valises éventrées, les colis mal ficelés, les voitures d’enfants, les chèvres et poulets entravés, dans un concert de cris, de pleurs, de rires, de bêlements et de caquètements sous le regard condescendant des autorités gabonaises…Pestana a encore une fois réussi sa mission de service public ! Vive Pestana !

 

A toi, Pascale, pour un adieu sous un beau ciel d’orage à São Tomé :

 

 Orage 6

 

(Ciel d’orage et mer houleuse sur São Tomé. « Eu, não vou ! » dirait Pestana…

Pastel et aquarelle de Pascale Bas, 1983)

 

 

 

 

Daniel et Pascale Bas, 11 juin 2009.

 

 

10/06/2009

São Tomé e Príncipe 1982: 2- Príncipe, L’île du Prince


 

2 – Príncipe, L’île du Prince : O paraíso, le Paradis sur terre


A-roport Principe  

(L’avion de la LASTP piloté par la célébrité locale, Pestana, en provenance de São Tomé se pose à Santo António, île de Príncipe)

 Je crois que Príncipe est ce que j’ai vu de plus beau dans mes voyages. L’île est petite (19 Km de long sur 15 de large) et peu peuplée (moins de 5000 habitants dont plus de 1500 à Santo António) mais la vie y bouillonne et y turbine à chaque pas. La forêt dense couvre le sud de l’île, le nord est relativement plat et cultivé. Autour de magnifiques plages sauvages au sable blond et aux eaux transparentes se penchent des cocotiers bienveillants et s’embrasent de somptueux flamboyants.

 La voix de la sève en mouvement, l’incroyable orgie végétale, les champs fumant de chaude humidité, les floraisons miraculeuses, la vigueur insensée de leur épanouissement, tout ceci évoque l’Eden ou une sorte de résurrection fastueuse.

 Bien sûr, il y a une autre face moins euphorique à ce paysage, quelque chose de triste, de nostalgique, de vermoulu, un air de saudades…Les petits palais portugais et les maisons d’un rose vif ont commencé à se décolorer sous les pluies, la moisissure s’étale en taches sur les murs lépreux, beaucoup de toits sont à demi effondrés. Des milliers d’insectes agglomérés sur les moustiquaires émettent des bourdonnements menaçants. Les rivières engrossées charrient des eaux jaunes et boueuses porteuses de maladies.

 Les enfants, timidement quémandeurs (« Branco ! Branco ! Blanc ! Blanc ! » murmurent-ils), illustrent le dénuement des populations de même que l’excitation fébrile des femmes mobilisées par la grande nouvelle du moment: demain arrive dans le port un bateau chinois porteur de vêtements gratuits ou presque, offerts royalement par la grande république soeur. Espérons que les coquettes ne seront pas trop déçues par les canons de la mode pékinoise des années 80…Sur le petit port de Santo António, nous scrutons tous l’horizon dans l’attente du pavillon chinois…

 Les enfants ont trouvé une diversion : ils courent tous après le pilote Pestana dont la popularité est grande. N’est-il pas le principal lien de l’île avec le reste du monde? En outre, il ressemble à la grande étoile du football français de l’époque : Michel Platini. Des grappes de gosses l’accueillent en scandant : « Platini ! Platini !... ». Moi, je suis plutôt content car il est arrivé que des gamins me crient : « Pestana, Pestana ! ».  Si je ressemble à Pestana et que Pestana ressemble à Platini, c’est donc que je ressemble à Platini. On a toujours sous-estimé mon profil sportif…

 Platini

(Michel Platini à la fin des années 80. Une nette ressemblance, n’est-ce pas ?)

 Le soleil nous fait cadeau d’une dernière incandescence fastueuse avant de sombrer à l’horizon et d’abandonner le pays aux ténèbres. Sans transition, l’obscurité s’abat comme un couperet. Le temps s’immobilise, l’univers se précipite dans les profondeurs de la nuit. Le vent déchire aussitôt les nuages et dans le noir velouté des cieux, surgit une gerbe d’étoiles plus scintillantes que jamais dans l’air nettoyé.

 Nous avons joui longtemps de l’humide et chaude tranquillité de la nuit…

 Principe

(Santo António, capitale de l’île de Príncipe, à la tombée de la nuit. Au fond, le sommet de l’île environ 1000 mètres)

 Demain, nous rentrons à São Tomé si Dieu et Pestana le veulent. L’équipement météo de l’aéroport de Santo António est limité et c’est surtout le nez de Pestana qui décide…S’il décrète « Eu, não vou. Moi, j’y vais pas », nous aurons le plaisir d’attendre. On pourrait être plus malheureux !

 Allons, Pascale, une dernière touche pour alimenter les beaux souvenirs et les saudades

 Principe 1-1

 

(Ile de Príncipe : petite plage déserte, eau transparente, sable blond,  orgie végétale, somptueux flamboyant. Pastel et aquarelle de Pascale Bas. 1983)

 


Daniel et Pascale Bas, 10 juin 2009.

 

09/06/2009

Congo/Zaïre 1983 : Traversée de Pool mouillée...


Congo/Zaïre 1983: Traversée de Pool mouillée

 

Piper Archer PA28-181  

(Piper Archer PA28-181, quatre places)

 

En 1983, j’ai traversé avec Pascale dans un petit avion de location de quatre places, le Stanley « Pool », ce gros colon du fleuve Congo (alors appelé Zaïre sur sa rive sud) entre Brazzaville et Kinshasa. Il s’agissait pour nous d’attraper à l’escale de Kinshasa le vol régulier de la « Camair » (Cameroon Airlines) Douala-Bujumbura. Le vol était seulement hebdomadaire, le manquer aurait désorganisé gravement tout un programme de travail qui m’attendait au Burundi. L’affaire était donc sérieuse.

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(Le « Pool »sépare les deux capitales Kinshasa et Brazzaville qui, en 1983, ne communiquaient entre elles que par radio. Il faut presque ½ heure de bateau pour traverser ce renflement du fleuve)

 

Or, un violent orage vint retarder notre départ de Brazza et perturber sérieusement notre traversée. Notre petit appareil était secoué comme une feuille d’automne. Il évoluait en virevoltant et il scintillait au milieu des éclairs et des gros nuages couleur d’ardoise. Notre anxiété grandissait. Nous avions la chair de Pool. Le pilote nous calma rapidement en appelant la tour de contrôle de Kinshasa : non, la « Camair » n’était pas encore signalée. Ouf ! Soulagement !...

 Orage

(La foudre : c’est très beau vu de loin)

 

Notre appareil poursuivit donc ses mouvements erratiques de fétu de paille. La radio ajouta bientôt son coup de tonnerre à la tourmente : la « Camair » était cette fois signalée à la verticale de Kinshasa !...Notre pilote ne se démonta pas :

 

« Allô ! La tour de contrôle ? C’est toi, citoyen Samba ? Ecoute, mon frère : j’ai à bord deux clients importants qui ne peuvent pas rater leur avion pour Buja. Fais comme tu peux, mais la « Camair » ne doit pas partir sans eux !

- Bien compris, mon frère, je lui fais faire trois tours au-dessus de la ville avant d’autoriser l’atterrissage ! »

 

Bonjour, la note de kérosène ! Préparez les sachets pour le mal de l’air ! Malgré cela, la Camair finit par atterrir avant nous. Lorsque notre petit appareil vint se poser à côté du Boeing géant, tous les passagers de l’escale avaient déjà embarqué mais je vis, en sortant sous une pluie violente, mon collègue et ami Adama, Directeur régional du BIT, qui était juché sur la passerelle et qui refusait d’en partir.

 Camair_4

(Avion de la « Camair »)

Il invectivait le Directeur local de la Camair en ces termes :

 

« Si tu laisses partir ton avion sans mes amis, je te promets des représailles dont tu te souviendras longtemps !

- Mais, mon frère, répliquait l’autre, tu ne te rends pas compte, j’ai déjà plus d’une heure de retard, ce n’est pas sérieux !... »

 

On ouvrit les soutes, on chargea nos bagages sans passer par l’enregistrement. Le temps de gravir l’escalier quatre à quatre, d’embrasser au passage un Adama victorieux et la porte arrière se referma sur nous. Tous les passagers se retournèrent et leurs regards convergèrent vers nous : qui pouvaient bien être ces personnalités assez importantes pour avoir fait prendre un tel retard à un avion de ligne ?...

 

Le dépit put rapidement se lire sur les visages : les trombes d’eau avaient en quelques minutes rafraîchi l’ardeur pimpante de nos deux VIP ! Ils se présentèrent à l’arrière de l’avion trempés comme des chiens de rue, la chevelure dégoulinante, les pieds clapotant dans des chaussures amphibies. Ils gagnèrent leurs places d’un pas spongieux ponctué de « Flosh, Flosh, Flosh… ». La pluie froide fumait au contact de leurs têtes enfiévrées. Ils s’assirent modestement. Autour de leurs souliers, l’eau s’étendait inexorablement sur la moquette en larges cercles concentriques. L’avion décolla. Un mince filet d’eau commença à ruisseler vers l’arrière, dans le sens de la plus grande pente…

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(Grandeur et décadence de VIP. Dessin d’époque de Pascale Bas)

 

Daniel et Pascale Bas

8 décembre 2009

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07/06/2009

Guinée Equatoriale, 1982 : chèvres et poulets dans l'avion...


Guinée Equatoriale, 1982

 ¡ Adios, Malabo ! Buenos días, Bata !


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                                                    (Aéroport de Malabo)

En 1982, l’aéroport de Malabo est desservi par un bimoteur de la Camair qui le relie à Douala, à 30 kilomètres, une ou deux fois par semaine. C’est le cordon ombilical avec une société de relative consommation. Et puis il y a le bimoteur de fabrication soviétique de la compagnie nationale LAGE, Lignes Aériennes de Guinée Equatoriale : il relie Malabo et Bata avec parfois un petit crochet sur Annobón. C’est vraiment la colonne vertébrale du pays, l’équivalent de notre Nationale 7. Cet unique avion ne peut être entretenu et réparé qu’à Luanda : inutile de préciser la gêne occasionnée par un long séjour de l’appareil en Angola, le pays est alors invertébré.

 Nous verrons que Saõ Tomé et son unique avion de la LASTP qui relie la capitale à l’île de Príncipe et à la source d’approvisionnements de Libreville présente un cas similaire. Quelques années plus tard, une compagnie privée résoudra le problème en reliant régulièrement Douala, Libreville, Bata et toutes les îles du golfe de Guinée : Malabo,  Annobón,  Saõ Tomé et Príncipe.

 Nous n’en sommes pas là en 1982. La Guinée Equatoriale est alors fort démunie, on n’y a pas encore trouvé du pétrole : c’est le Président de la République lui-même qui décide si un avion part ou ne part pas, c’est lui qui connaît les réserves de kérosène du pays. J’ai le souvenir bien précis d’une longue attente anxieuse avec Pascale sur le tarmac, puis Dona Purificación a surgi : « Vous allez pouvoir partir… Je sors du bureau du Président… Il a donné l’ordre : le vol est confirmé ! ». Situation difficile à imaginer dans nos pays.

 Feu vert : alors, le petit avion se remplit. Nous sommes parmi les premiers à monter, heureux d’avoir de bonnes places pour pouvoir admirer une dernière fois au décollage l’île de Bioko, ses anses, ses plages, ses rochers noirs, le camaïeu de verts de sa végétation galopante, son sommet de 3000 mètres émergeant rarement des nuages.

 

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(Un camaïeu de verts, une végétation galopante. Pastel et aquarelle. Pascale Bas, 1982))

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(Bioko, ses anses, ses plages, ses rochers noirs, son camaïeu de verts. Pastel et aquarelle. Pascale Bas, 1983)

 Toutes les places sont maintenant occupées, qu’attend-on pour partir? Simplement qu’une troisième personne s’installe de chaque côté, là où deux personnes pour deux sièges sont prévues. Je m’étale mais Pascale est menue, rien à faire, là où il y a de la place pour deux, il y en a pour trois, il faut s’en accommoder...

 Est-ce tout ? Non. Le couloir se remplit peu à peu de voyageurs supplémentaires qui vont s’asseoir en tailleur à même le sol…Cette fois-ci, nous y sommes, l’avion contient deux fois plus de monde qu’autorisé, sans compter les victuailles, les poulets vivants et les chèvres entravées qui protestent avec véhémence au fond de l’appareil. On ferme les portes, les moteurs ronflent, les roues se décollent du goudron fondu par la chaleur, l’avion surchargé roule péniblement, poussivement…Il se « hâte avec lenteur », il se secoue, il ahane… Y arrivera ? Y arrivera pas ? Albatros ou dodo ? Albatros, « roi de l’azur maladroit et honteux » nous chante Baudelaire.

 Il s’arrache gauchement en bout de piste, s’élève finalement en ronchonnant comme un gros bourdon…Un dernier coup d’œil sur l’île… C’est mieux que de regarder l’huile qui suinte des moteurs de façon inquiétante…A la grâce de Dieu ! Si on doit mourir, que ce soit au moins en regardant quelque chose de beau :

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(L’avion décolle péniblement, quitte à regret l’île « Formosa », « la Belle ». Pastel et aquarelle, Pascale Bas, 1982)

 Il faut faire ainsi 300 kilomètres avant de se poser à Bata. « Se poser » est un euphémisme, on devrait plutôt dire « s’affaler ». Puis, l’avion n’en finit pas de se vider sous un soleil de plomb, sans air conditionné: les chèvres et les poulets d’abord, les usagers du couloir ensuite, les troisièmes personnes assises et enfin les premiers arrivés qui seront les derniers à sortir… Nous voici au Mbini, anciennement Rio Muni, pays de forêts, de rivières, peuplé de Fangs, ethnie fameuse pour la beauté de son artisanat et en particulier de ses masques. De nouvelles aventures et de nouveaux émerveillements nous y attendent… A suivre…

 

Pascale et Daniel Bas. 25 mai 2009.

 

03/06/2009

Dans mon aéroplane blindé...


Le-petit-prince-Exupery

 

Que les amateurs de prodiges,
La fleur du meeting aérien,
Tout le gratin de la voltige
Gardent leurs casques à la main

Je vais sur l'heure exécuter
Malgré ma sainte horreur du vide
Quelques figures intrépides
Dans mon aéroplane blindé

Suis-je distrait !
Moniteur, s'il vous plait
A quoi peut bien servir un manche à balai ?
Qu'est-ce que j'ai dit
Qui vous fait cet effet ?
Le fait que je m'effraie d'affronter

Dans la cabine de pilotage
Tous ces cadrans, tous ces leviers
Qui semblent narguer mon courage
Juste au moment de démarrer

{C'est parti}
Mon Dieu quel furieux décollage !
{Planquez tout, fou dangereux !}
Dans un rouleau de barbelés
{N'en j'tez plus, c'est assez}
Pendu au train d'atterrissage
{J'en suis toute retournée}
Quelques curieux décapités
{Quel courage mes aïeux !}
Malgré ce sérieux handicap
{Oh mon glorieux coucou}
On va s'taper un p'tit rase-motte
{On s'amuse comme des fous}
Bilan, trois cents kilos d'carottes
{Epluchées d'un seul coup}
Mon copilote a une attaque
{Sauve qui peut, lâchez tout !}
Il a gerbé tout son ragout
Sur les genoux d'un sapeur pompier
Dont on s'demande bien ce qu'il fout, hein !
Dans mon aéroplane blindé
Allez sortez, sortez ou alors sifflez !

Dans mon aéroplane blindé
Un déluge providentiel
Fait que deux belles effarouchées
Cherchent refuge sous mes ailes

Tigre_afr_opt

               ( Tableau JCP)

Attention les gamines, pour le vol du bourdon
Va y avoir du frisson dans l'échine
A fond les gaz, on attaque un looping
Juste à la sortie du grand canyon
Hostie d'calice, j'ai comme la sensation
D'être un chewing-gum au fond d'un lance-pierres
Maneken  Pis, v'là qu'on repart en arrière
Z'ont dû monter l'hélice à l'envers

Dans mon aéroplane blindé
Y a qu'à moi qu'ces trucs-là arrivent
Jamais vu ça, même au ciné
C'est l'overdose de la dérive
V'la que le moteur a des hoquets

Une merveille de la technique
Pour les chandelles et les piqués
Surtout pas de cris hystériques
{Grosse brute}
J'avais prévu en cas de chute
Quelques coupons de toile de jute
Pour me servir de parachute
Qu'est-ce qu'elles ont toutes à ricaner
Ah oui ! La terre se rapproche
A la vitesse d'un grand V
Prêt pour la dernière taloche

Sous sa fragile sépulture
De toile et de tôle éventrées
Gît un héros de l'aventure
Dans son aéroplane blindé

« Eh Monsieur, dessine-moi une chèvre
Eh Monsieur, dessine-moi une chèvre ..
- Tu vois pas que j'suis occupé non ?
Pourquoi faire ? Hein ! 
- Pour mon mouton, tiens ! »

         (Jacques Higelin)


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                  JAC, le 3 mai 2009

30/05/2009

Escale à Tamatave...


14 juillet 2004 , Tananarive , Madagascar ,

 

   A Tamatave, l’escale inattendue, il faut enjamber des valises, des caisses, des sacs, accepter de suivre un couloir, rebrousser chemin car il se révèle inadéquat, obéir aux cris des porteurs, des bonimenteurs, aux appels des douaniers, aux gestes laconiques des gendarmes.

   La femme officier réclame un cadeau par tampon. Elle en appose six sur mon passeport. Je ne lui en propose aucun.

   Les bagages sont entassés, éparpillés, regroupés dans un hall (un garage?) surchauffé. Les voyageurs s’agglutinent au comptoir où des employés pointilleux examinent des papiers, des fiches, des signatures.

   Personne ne sait pourquoi il faut descendre de l’avion. Il faut attendre. Il faut suivre. Tricher un peu pour brûler la politesse au voisin. Jouer des coudes discrètement. Profiter d’un espace. S’y engouffrer l’air absent.

   Il règne ici une belle pagaille. Bien organisée. Bien construite. Et l’on reste là, penaud, affligé, partagé entre  pleurs, fou rire et colère rentrée.

   Les contrôles sont aléatoires, inefficaces, intéressés. Le mot « cadeau » est susurré, suggéré, imploré du bout des lèvres mais le regard n’ose suivre.

Foule

            (Patience et visages graves en attendant son tour)                                                 

                        JAC, le 30 mai 2009

 

24/05/2009

Quelques marines de Tonton Pinceau...



Jean-Claude a toujours aimé les avions mais, plus récemment, le Portugal a fait naître en lui une passion pour les bateaux...

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("Pescadores": Le bras d'un pêcheur ferme " l'oeil" droit de la barque. Ainsi le bateau fait une sorte de clin d'oeil au peintre ou au lecteur et semble se laisser pousser, tirer, peindre. La communion est totale entre les marins et le bateau, (Obliques parallèles des postures des hommes, harmonie des couleurs, réaction quasi humaine de l'embarcation). La lourdeur du canot est soulignée au centre par la concentration horizontale des bras tendus  des pousseurs, dans l'alignement exact des rames, à droite et à gauche de la scène.

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                   ( N.R.Sagres, 27x33 cm, acrylique)

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                     ("Miracor", 73x93 cm, acrylique.)


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( Zézé, Jean-Claude a assisté, impuissant, à la lente décrépitude de l'embarcation, basée dans le petit port de Vila Nova de Milefontes,130x90 cm, acrylique.)

               
                                    JCP

23/05/2009

Quelques peintures d'avions de Tonton Pinceau...



Petite révision des tableaux de Jean-Claude, peintre de l'Aéronautique.

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( "Stampe dans la nuit", 60x40cm)

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(Beech 18, peint à partir d'une petite photo parue dans un journal italien, tableau vendu au propriétaire de cet avion, 120x90cm)


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(Tigre , 65x40cm, atmosphère "Out of Africa", non?)


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(Mustang : du bleu pour les yeux)


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(Un Stampe s'est encore envolé)


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(La patrouille de France, 6 cylindres, moteur en V)

                                  JCP

13/05/2009

Turbulences en Boeing...


8 janvier 2004, aéroport d’Udaipur, Radjahstan , Inde ,

 

   Ce visage …ces yeux inquiets sur lesquels tout le monde se retourne…C’est bien lui. Non, ce n’est pas lui. Je l’observe discrètement. Mais si…Voilà pourquoi la fouille est plus méticuleuse, plus approfondie que d’habitude. Mon Dieu, faites que la fatwa lancée sur la tête de cet homme ne plane pas également sur un avion que je dois prendre en sa compagnie !

   Je partage en quelque sorte un bout de risque avec lui. Salman Rushdie arbore une laideur plus élégante encore que sur les photos. Des contrôleurs surgissent de partout, s’affairent autour de sa personne, vérifient son passeport, son billet, son sac, encore une fois son passeport.

   Mais à la réflexion, le danger viendrait plutôt de ses juges, d’autres passagers, d’autres sacs que les siens.

   S’il voulait passer inaperçu, c’est un échec. Les voyageurs se plantent devant lui sans aucune discrétion, le montrent du doigt, parlent sans retenue en citant son nom à voix haute.

   Mais pour le moment le vol s’effectue sans explosion. C’est mieux ainsi.

   En attendant, l’homme tant recherché  ne se laisse pas abattre, en charmante compagnie d’une jolie jeune femme longiligne, aux cuisses galbées pleines de promesses. Mannequin  à ses heures perdues, garde du corps sans doute à ses heures gagnées.

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   Nous commençons la descente vers Bombay…Le feu ne s’est pas encore déclaré à l’intérieur de l’avion…aucun individu plus suspect qu’un autre, sur le point de l’égorger, à part peut –être un groupe de touristes italiens, redoutables par leurs conversations sonores destinées à l’information de tout l’appareil, depuis les hôtesses jusqu’aux rares autochtones présents, sans oublier Salman Rushdie lui –même, un peu crispé sur sa lecture à cause des vociférations transalpines où son nom revient assez souvent. Certains se retournent, malgré la ceinture, ce qui n’est pas facile à réaliser. Une Vénitienne empâtée sur plusieurs étages s’est même fait mal au cou.

L’avion atterrit. Avec ses deux ailes. Salman se fraie un difficile chemin parmi les regards curieux tout en proposant à son étoile le nom d’un hôtel  qui en vaut sûrement dix sur l’échelle du prestige… 

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     (On est bien sur Air-India. Mais il y a des jours où  je préfère le plancher des vaches...)                                   


                                 JAC, le 13 mai 2009

08/05/2009

Panique à l'aéroport de Bombay...


22 décembre 2003 , Bombay , Inde ,

 

 

   Pourquoi les formalités de police sont -elles aussi simples, aussi rapides aujourd’hui ?

   Les quelques agents en poste bâillent derrière le comptoir.

Il est 4 heures 30. On a tort de faire des comparaisons. Je m’attendais, comme pour entrer à Madagascar, à subir une longue, longue file d’attente, subdivisée en multiples groupuscules harnachés de caisses grossières, de paquets ficelés à la va-vite. Non. Ce matin on franchit la frontière tambour battant.

   Cependant quelque chose dans l’air m’inquiète.

Pour l’heure j’attends mes sacs qui apparaîtront bientôt sur le redoutable serpent grinçant.

   C’est peut -être cela. Je suis tendu, soucieux parce que je vais perdre une valise…

Ou les deux. Oubliées à l’escale de l‘île Maurice …, envoyées vers Bangkok…, expédiées à Zanzibar …

   Mais…les bagages arrivent. Nourredine Bagdadi ne prend pas ses malles qui passent et repassent obstinément sur le long tapis lascif.

   Nourredine Bagdadi, Grand – Baie, rue du Petit – Marché, ne saisira pas sa valise en carton car elle en est à son quatrième tour de piste.

   Mes sacs sont là ! Tout beaux, tout propres. Je ne sais pour quelle raison, mais je pousse un énorme soupir de soulagement. Il ne me reste plus qu’à les confier aux rayons X de l'appareil de contrôle.

   Aucune vérification supplémentaire à la sortie. C’est étonnant. Tout va bien. Trop bien peut – être.

   Les policiers ne semblent pas aujourd’hui intrigués par ma dégaine de journaliste routard. Je passe sans encombre et me trouve hors de la zone de vérification policière en moins de dix minutes. C’est étrange.

   En attendant mon tour au change de la mini –banque, deux Gujaratis à barbiche laineuse et calotte brodée sur la tête comptent et recomptent leurs billets, calculent longuement, additionnent, retranchent, multiplient. Puis recommencent, tellement le nombre de billets posés sur le rebord est impressionnant. Comme l’opération ou les opérations ne durent que 12 minutes… on peut affirmer sans hésiter que 22 minutes pour franchir tous ces obstacles constituent un record.

   Je puis donc me rendre vite à l’aéroport national, distant de 20 kilomètres.

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   Dehors il fait un peu frais. J’ai peur. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai peur.

Les policiers à l’entrée me sourient, les commerçants en rendez -vous d’affaires dodelinent de la tête, les chauffeurs de taxi dodelinent, les gardiens habillés de blanc dodelinent.

   L’un d’eux s’avance vers moi et me propose un taxi. Je ne dodeline pas mais j’opine.

   Le véhicule est étonnamment semblable à une grande caisse en fer rouillé, montée sur petites roues. Le moteur démarre presque du premier coup, c’est bon signe. Le sourire confiant du conducteur m‘ apaise. Tout en m’énumérant les avantages à rester quelques jours de plus à Bombay, m’assurant qu’il aimerait bien me faire visiter la ville, même certains « quartiers chauds » dans lesquels aucun étranger ne s’est  encore jamais aventuré, il fonce, évite les piétons, les chèvres, les cyclistes, les vaches.

   A cette vitesse, je peux même arriver à temps pour le départ de 6 heures.

Le prix de la course (et je pèse mes rallies) n’est pas exorbitant car il y a bien 15 minutes que nous nous secouons de concert sous l'effet grisant des coups de freins, des coups de volant brusques, des coups de gueule à l’encontre des mous, des retardataires, des endormis.

   Finalement mon inquiétude n’était pas fondée.  J’avais bien tort d’être pessimiste.

   Je pénètre allègrement dans l’enceinte du second aéroport.

Mais, j’ai un doute en affirmant au policier que je porte trois bagages. C’est lui qui me fait constater…Oui, c’est bien cela …

   Mon sang se glace dans mes veines… C’était donc LA catastrophe qui m’attendait à l’aube JE N’AI QUE DEUX SACS !!!

   Mon sac photos ? Mon sac photos ! Mon Canon ? Mon Nikon ! Ma connerie ?

 

J’ai oublié mon sac à dos dans le taxi ! Ou par terre ! En descendant de ma caisse à outils...

   Il ne faut pas perdre la tête. J’ai envie de rire. J’ai envie de pleurer. Mes idées se brouillent. Je suis anéanti. Je retourne à l’endroit où le chauffeur m’a déposé…Rien. Pas de sac sur le sol. Pas d’homme en blanc. Pas de taxi rouillé.

   Un homme âgé se présente à moi. Il me fait répéter mon histoire. Lentement il me pose des questions. Il me propose de retourner à l’aéroport international.

   C’est affreux. Mes objectifs ! Ceux que j’ai empruntés !

   J’évalue la perte à 8000 Euros, au minimum. Au fur et à mesure, des détails me reviennent. Mon permis de conduire…Mon carnet de chèques…Mes filtres…Mes livres…Tout est perdu.

   Nous repartons dans les embouteillages. Le chauffeur se retourne vers moi et m’assure : « On va le retrouver, mister, pas de voleurs ici à Bombay… »

J’aimerais tant le croire.

   Mais, il me vient, oui, c’est cela, il m’apparaît que je l’ai peut-être posé par terre au moment de changer de l’argent.

   On interroge. On dodeline. On ne sait pas. On demande à un voisin qui aurait peut - être vu …qui aurait cru voir…

   Le mieux est de repartir en direction de l’esplanade. On interroge un suiffeux bouffi de mauvaise graisse qui répond de mauvaise grâce…

   Au moment le plus inattendu, l’homme en blanc, c’est bien lui, apparaît, me reconnaît. Son honnêteté semble évidente. Je ne serais pas monté dans son véhicule avec trois bagages mais…deux ! Donc, c’est la confirmation que le sac doit se trouver à l’intérieur de l’aéroport international.

   Nous nous y rendons de ce pas, mais pas assez vite à mon goût.

Je retrouve le poste de police, le franchis à contre sens après une brève explication avec les responsables, et reçois en échange des sourires un peu tristes de leur part.

Je passe le service de la douane. Idem. Je parviens aux appareils de contrôle…Et là!

Je pleure! Je ris ! Je crie ! J’embrasse mon sac, bien rangé dans un tiroir avec une étiquette. L’officier attend de moi une description sommaire de son contenu avant de me donner la permission d’ouvrir les poches extérieures.

   Tout est là, à sa place !

    Le chef s’approche de moi et de ma joie exubérante pour me souffler à l ‘oreille :

    - Nothing in the head, sir, nothing in the head …

Oui, il a raison, je n’ai rien dans la tête.

Je suis un grand émotif étourdi à 4 heures du matin en Inde.

 

   Je dors, dors, dors, dans un hôtel sordide jusqu’au soir.

Aujourd’hui j’attends comme un bœuf qui rumine bêtement sa future mise à mort.

Sans haine. Sans reproche. Sans espoir. L’attente. A l’état de ruminant.

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  (En Inde tout finit par s'arranger, soit avec le sourire...

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             ....soit après une bonne nuit de sommeil...)                                           

                                JAC, le 8 mai 2009

 

29/04/2009

Troupeau de zébus au décollage...


20 juillet 2004, Tananarive, Madagascar

A l'aéroport de Nosy Be, un troupeau de zébus a assuré le spectacle : il encombrait la piste au moment du décollage. Le bouvier hurlait, claquait de tous ses fouets. Trois bêtes récalcitrantes refusaient obstinément de quitter les lieux, puis se sont précipitées vers nous...Les passagers, tendus,  suivaient la scène, amusés aussi par les commentaires croustillants du pilote qui imitait le style des reportages sportifs...Nous avions une magnifique description en direct des derniers événements de la piste.

Mais, toute bonne chose a une fin, l'avion a fini par prendre son envol, sous les applaudissements nourris des spectateurs, qui, par la même occasion félicitaient l'humour du commandant de bord, journaliste à ses heures.

A vrai dire il était 16 heures 10...

                                                   JAC, le 29 avril 2009

22/04/2009

Partie de dominos sur le tarmac...


22 juillet 2001, Mananjary, Madagascar,

La piste du terrain d'aviation de Mananjary est ouverte aux zébus et aux pêcheurs, souvent tentés de la traverser pour couper au plus court. Peu d'informations fiables, à part une mise en garde utile sur d'éventuelles chutes de noix de coco. Aucun panneau indicateur sur la provenance, les départs ni  les éventuels retards des vols. Seul fonctionne le bouche à oreille. En outre, comme l' avion ne semble pas tenu à un horaire précis, les employés, assis sur la bascule où ils ont entassé les bagages, jouent aux dominos en les faisant claquer pour s'impressionner mutuellement. De temps en temps une valise arrive. On la pose sur le chariot. Mais pourquoi la peser tout de suite? Il faut d'abord finir la partie. Les victoires sont inscrites avec soin dans un carnet de comptes par un préposé pointilleux. Les visages, impassibles en apparence, laissent néanmoins échapper parfois un rictus, une ébauche de clin d'oeil envers un partenaire. Dans le bâtiment d'enregistrement d'Air-Mad gît une brouette posée là  en guise de brancard, sur laquelle on a placé la traditionnelle valisette de secourisme. Cette chaise à porteur improvisée au beau milieu du tarmac est l'expression d'une conception de la sécurité plus poétique qu'efficace . Elle ajoute en tous cas  une note d'un goût très sûr en matière de création artistique surréaliste.

La jeune dame d'Air-Madagascar a gagné le tournoi de dominos. Elle rit de bon coeur et nargue ses adversaires. Le perdant, son collègue peseur de bagages, baisse un peu la tête, sous les quolibets de ses adversaires.


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                   ( Ce sera la chute de mon histoire)                                          

                       JAC, le 22 avril 2009

07/04/2009

Les femmes "planent" pour la Hongrie...

                        Objectif Hongrie

 

           L’équipe de France féminine à St Auban : 

 

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                         (Photo JCP)

Cette semaine 14, marque le début de l’entraînement des pilotes féminines pour les compétitions 2009.

Après Romorantin  2007, les championnats du monde Féminins auront lieu à Szeged en Hongrie.

Objectif de la semaine : reprise de l’activité, intégration des nouvelles arrivantes, Aude et Jutta, et découverte des nouvelles montures.

Au programme : briefings matinaux avec le coach, au cours desquels sont détaillés des points de stratégie et de performance du vol. Les cours au sol sont aussi mis à profit pour régler des questions plus bassement matérielles mais essentielles au bon déroulement des épreuves à venir (hébergement, point sur le matériel, etc…)

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La fin de matinée est consacrée à la préparation du vol du jour et l’après midi au vol en général.

Comme la météo n’est pas  très clémente avec nous, nous découvrons les Alpes du Sud  à partir du plancher des vaches… Le col de Cabre et Savine sont souvent choisis comme points de virages… Nous connaissons bientôt le cheminement sous tous les angles…., la crête de Liman, même sous une pluie battante, n'a plus aucun secret pour chacune des femmes pilotes…

Le dernier jour, ciel bleu timide... Hop!Cap aussitôt sur Aups, St Victoire, Embrun, Col de Cabre et Digne. Seul Eric et Nathalie…ont pu tourner la totalité du programme, les autres partant trop tard en circuits et par un cheminement différent ont droit à un étalement du parcours.   Mag et Anne en LS8 partent pour leur premier vol,  ballastes pleines, elles peuvent voler tout le temps ensemble… faire la course contre Jutta, seule, (Marilyne étant partie déjà) hélas sans ballaste…. La comparaison des différents cheminements est intéressante… Bref, nous passons une semaine de découverte des paires, de la région, le tout panaché avec les cours théoriques d’Eric, VMC, VCR, AAT, Tactique...

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 (Equipe de France ...en plein vol : objectif Hongrie...)

Parmi les événements marquants de la semaine :

 

-       Lundi : une triple première pour Nathalie : premier vol de l’année, première vache en montagne et en Cirrus.

 

-       Mardi : Première tenue d’assiette en position assise pour Lucien sur le comptoir du bar du CNVV, tandis que le nouveau président de la FFVV vient à notre rencontre pour nous encourager.

 

-       Mercredi : anniversaire du Coach, qui reçoit de l’EQF féminine une belle plante à faire pousser et tailler, (bref à soigner...) et une chanson bien entonnée.

 

-       La nouvelle représentante féminine de la FFVV profite des fins de vols rapides, pour  nous rencontrer et  faire émerger des idées, des actions à entreprendre dans nos clubs respectifs.

 

-       Jeudi :  Le robinet du ciel est ouvert : les vols, eux, sont annulés, mais nous continuons à travailler : choix des vêtements, logo, posters….en fait nous cherchons un sponsor généreux… !

 

-       Vendredi : Ciel chargé, très chargé, pluie, mais tout de même: Eric annonce les points de virages : Col de Cabre, Savine ! ! ! ! ! ! ! (y- a -t ' il un bon resto là bas ? ? ?) Les filles partent guillerettes, Eric se repose mais part plus tard… D’un point bas à l’autre il avance en Duo pour contourner tard mais tout de même les points de  virages…

-       Le soir, sortie au resto, appréciée de tous, même de Lucien !

 

-       Samedi :  Enfin du soleil, Nathalie même avec son rhume, s’envole avec Eric pour contourner tous les points avec facilité. Marilyne a doit rentrer : boulot oblige. Christophe  lâche Nimbus, et Aude Cirrus ! Elle dit avoir mal aux os, mais garde un sourire radieux.

-       Les premiers pilotes de l’Eqf masculin arrivent vers le soir. Sylvain Gerbaud monte sa monture et nous aide à ranger le matos dans les hangars. Philippe Depêchy nous accueille au bar…. Nous leur laissons un ciel bien nettoyé et propre, à eux du beau temps et des km à n'en plus finir ! ! ! bon stage à eux !

-       Dimanche, certaines restent, d’autres partent, une chose est sûre : nous avons toutes progressé dans les Alpes. Un seul regret : la semaine a été... trop courte…

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            (Le coeur qui bat avant chaque vol...)

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                       (La terre vue du ciel...)

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                        (Jutta aux anges...)       

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                            (Ca plane pour moi...)                                                       

                       Jutta Sturm, le 7 avril 2009

 

01/04/2009

Des Italiens, des avions et des girafes...


9 décembre 2002 , Bois d’Olives , Réunion ,

  

Voyager en avion avec  des passagers italiens est toujours instructif. Si le groupe doit se séparer pour des raisons souvent indépendantes de la volonté de l’équipage, cela ne perturbe en rien la conversation entre eux. Elle est seulement prolongée, développée, amplifiée, dans l’espace et les décibels.

   Enzo est invité à consulter la liste des produits détaxés . Emmanuella insiste sur le programme 8 de la musique de la compagnie : une chanson italienne ridicule, démodée. Ernesto déplie difficilement ses deux mètres et se plante devant l’écran central aux indications sur la vitesse et la température extérieure de l’avion. Il sait d’avance que tous ces chiffres présentés en français et en anglais n’intéressent personne derrière son immense corps de girafe .

   Mais d’où vient ce don remarquable des Italiens pour deviner que les informations sur le vol ne passionnent pas les passagers ?  Si des voyageurs se contorsionnent, lèvent la tête en ouvrant grand les yeux, ce ne peut être pour regarder l’écran…C’est sans doute parce qu’ils s’impatientent avant le repas, ou qu’ils étirent leurs muscles ankylosés …

                                      JAC, le 1er avril 2009

24/03/2009

Journée des femmes de l'air : Musée de l'Air et de l'Espace


 

Le 8 mars dernier, le Musée de l’Air et de l’Espace a mis les  pilotes féminines à l’honneur à l’occasion de la Journée mondiale.

L’Association Française des Femmes Pilotes est à l’origine de ce week-end consacré aux femmes de l’air. Petit rappel historique :1971, des pilotes féminines se révoltent et exigent que les femmes puissent, elles aussi, se présenter au concours de l’ENAC. Elles obtiennent gain de cause  en 1973. En 1974 la première femme obtient ce concours tant convoité. Beaucoup de femmes sont devenues alors pilotes de ligne . Par la suite les militaires ont dû leur ouvrir leurs portes : la première pilote de chasse, Caroline Aigle a reçu en 1990 son macaron à 25 ans. Même si aujourd’hui Caroline n’est plus parmi nous, bon nombre de femmes  ont suivi le même chemin. 

 Infatigable, la présidente de l'AFFP souhaite aujourd’hui  rendre l’image de la femme pilote encore plus accessible au public.  Il faut dire que le musée de l’air s’y prête bien! Gérard Felzer, son directeur  a aussitôt invité la gente féminine aéronautique à une rencontre chaleureuse, dans une ambiance festive.

 Mais, une question vous tarabuste peut-être : et le vol à voile dans cette journée ?

 C'est sans  compter avec Gérard Felzer, passionné par de nouveaux projets de l’aéronautique. Cette année il  tente un nouveau pari : implanter sur le tarmac du Bourget un treuil électrique qui pourra hisser des planeurs, afin d'offrir  aux nombreux jeunes  l’opportunité d’un baptême.

 C’est ce contact avec des vélivoles, qui lui donne l’idée d’inviter l’équipe de France féminine. Nous, Nathalie Hurlin et Jutta Sturm, nous sommes rendues aussitôt à cette première invitation, par voie terrestre. C’est promis, l’année prochaine  nous arriverons en planeur…Le  samedi matin, nous sommes accueillies par l’équipe organisatrice. La présidente en personne, de l’association des femmes pilotes,  nous  convie à un petit déjeuner copieux dans la mezzanine du hall des hélicoptères. Le travail accompli par cette association est décidément remarquable.

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Après ce petit déjeuner, nous avons pu accueillir les pilotes de chasse de l’Armée de l’Air,  tout juste arrivées sur le parking, entourées par des journalistes et les caméras de télévision. Elles avaient l’air si fragiles à côté de leurs engins de guerre, mais ni Nathalie, ni moi n' avions le moindre doute sur leurs immenses capacités par rapport à celles des hommes.

Vers 13h30 toutes les pilotes confondues ont posé pour une photo devant le concorde, avec en cockpit la seule mécanicienne du bel oiseau….

A 14h, les femmes issues de chaque métier aéronautique sont invitées à parler de leurs expériences. Pour la première fois les vélivoles avaient droit à la parole !

Que dire après tant de pilotes professionnelles… ? Il nous est venu à l'esprit que Nathalie est la première pilote féminine sélectionnée dans l’équipe de France junior. Elle est également  première jeune pilote à effectuer un vol de 750 km. Nous décidons rapidement de parler de ces deux événements qui peuvent intéresser le public. Il nous paraît important de montrer que le vol à voile fournit une véritable pépinière de pilotes de ligne et de chasse. Jutta, en  jardinière improvisée, va donc parler de la pépinière, toute fière qu'elle est,  d'avoir pu participer à la formation de pilotage en planeur  de Marie Zoll, première femme pilote de chasse ORSA.

 Nous espérons avoir souligné l’importance du rôle du vol à voile dans le monde aéronautique. Le nouveau contact avec l’association des femmes pilotes va aboutir  à un nouveau travail de partenariat, afin d’organiser des événements communs pour le public. La journée du vol pour les femmes du 17 mai organisée par la FFA,   déjà reprise par un club parisien, pourrait devenir une journée partagée par nos clubs. La nouvelle commission féminine va élaborer d’autres projets, en commun avec cette association.

En contact permanent avec cette organisation, nous voyons à l'évidence toutes les difficultés  des vélivoles féminines à être admises en équipe de France mixte, même si Marcelle Choisnet en 1947 semblait avoir réussi. Même si les compétences de pilotage de Claire Luyat sont aujourd’hui unanimement reconnues, elle ne fut envoyée au championnat du monde mixte qu'en 1996 et en 1998….La nouvelle politique inaugurée par Alain Eyrier et Eric Napoléon envers les féminines va peut-être faire évoluer cette tendance....

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                        JUTTA STURM , le 24 mars 2009

 

 

 

 

 

18/03/2009

Bombe sexuelle à l'aéroport d'Addis Abeba...


19 janvier 2006, aéroport d'Addis Abeba, Ethiopie,

La plus grande confusion règne dans la salle d'embarquement : l'appareil de contrôle des bagages, hypersensible, sonne au moindre bouton de culotte en métal, au plus petit capuchon de stylo, au premier éternuement.

L'officier de surveillance est dépassé par les évènements. Cinquante policiers gambiens, peut-être en stage, mais surtout en uniforme, n'apprécient guère de se voir obligés de mettre bas ceinturons, rangers, médailles, galons...Une rixe éclate même à l'entrée, entre ces policiers irrités, au bord du désespoir, et les gendarmes éthiopiens.

On m'assure que mes films ne seront pas voilés. J'en doute un peu. Tout le monde crie, s'agite, conteste. Je ne me laisse pas faire non plus, influencé par le formidable soulèvement populaire auquel il me plaît de prendre part. Phénomène de groupe? Curiosité malsaine d'assister à une confrontation musclée entre les forces de l'ordre gambiennes et l'armée éthiopienne?

Je n'accorde aucune confiance à la machine qui semble présenter des troubles du comportement  et divaguer de plus en plus. Je le fais savoir au contrôleur qui ne sait plus où donner de la réponse, tant il est assailli de tous côtés.

Une policière gambienne pleure, serre les poings, prête à fondre sur les autorités locales, tandis qu'une douce voix féminine nous annonce au micro que l'avion de Nairobi est à l'heure. On en avait presque oublié notre destination.

Le ciel est bleu azur mais la tempête sévit de plus belle dans la salle. Je suis spectateur intéressé.

Un sergent fait sonner l'appareil. Il baisse son pantalon et fait comprendre à l'employée, un peu gênée, que la seule bombe qu'il possède sur lui, est ...sa bombe sexuelle, qu'il n'hésite pas à lui montrer du doigt.

Toute la Gambie éclate de rire. Toute la sécurité éthiopienne reste de marbre.

Discrètement, je me permets de demander à un capitaine ce que le bataillon va faire à Nairobi. Il me répond, les larmes aux yeux:

   - Nous avons reçu il y a quelques jours seulement, un ordre de mission pour le Darfour...Comme il n'y a pas de ligne directe entre l'Ethiopie et le Soudan, nous sommes obligés de passer par le Kenya. On nous a dit six mois, mais ...

Je comprends mieux la nervosité extrême des futurs  gardiens de la paix, envoyés de force au front pour s'interposer entre massacreurs et massacrés.

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("Je suis un gentil, moi, je ne ferais pas de mal à une mouche, fût-elle du Darfour...". Propos rassurants du président du Soudan, Omar-el-Béchir )

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 (Policiers gambiens un peu déçus,  venant d'apprendre qu'ils ne partaient pas en vacances au Sénégal mais sur le front, au Darfour...)                           

                               

                                       JAC , le 18 mars 2009

13/03/2009

Diego Suarez : avion et estomacs surchargés...


19 juillet 2004 , Ambatoloaka , Nosy Be , Madagascar ,

  L’aéroport de Diego-Suarez est-il bien un espace où les avions se posent ?

Pour l’heure j’attends dans un hangar sinistre l’arrivée de l’employée responsable de la compagnie locale pour l’embarquement. On l’a vue en ville. Elle serait aux dernières nouvelles dans le taxi - brousse. Un technicien en salopette bleue prétend qu’elle a conduit son cousin à Ramena. Mais elle n’est pas en retard…Vingt minutes pour enregistrer les bagages, c’est suffisant ici. Une agitation au loin, du côté de la barrière du « Parking international », vide. Des paquets, des bras, des enfants, des cris, des couleurs. On vient. A pieds, mais on vient, dans un grand bruit de valises traînées sur un terrain mitraillé de nids de poules. C’est « le » parking dont la ville est fière, livré clefs en mains par les Chinois, il y a quelque temps déjà. Mais, comme il est payant, les chauffeurs de taxi «  ne souhaitent pas perdre de temps » : ce n ‘est pas toujours facile de rendre la monnaie exacte…Le conducteur rasta de la 4L qui m’a conduit jusqu’ici, m’a joué le même tour il y a quelques minutes. Peu importe, j’étais soulagé d’avoir pu faire le trajet sans accident depuis la ville. Johnny, puisque tel était son nom, sentait fort le rhum et le cannabis. Les yeux injectés de sang, il conduisait, certes, très lentement, mais en se retournant sans cesse vers moi, pour m’expliquer que son copain… « était parti à la montagne d’ Ambre ». Vingt fois, trente fois, il m’a répété cette information dont l’importance m’échappait un peu.

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Je lui signalais les obstacles devant nous : taxis à l’arrêt, piétons qui traversent, zébus en attente au milieu de la route. Ainsi j’ai très vite compris qu’il appréciait mal les distances. Imbattable en revanche sur les côtés : il savait se faufiler dans un trou de souris, entre charrettes et vélos.

Tiens ! L’hôtesse est là ! Elle est physiquement devant nous, mais c’est l’homme à la salopette bleue qui colle les étiquettes, contrôle les billets, dirige, conseille, renseigne, recompte. A le voir couver du regard cette jolie dame à la moue capricieuse, il me vient que c’est l’amour qui lui fait faire tout ce travail, le sien et celui de sa protégée.

Les Karanes (*)envahissent le hall. Les femmes s’affichent en pères Noël mauves, roses, beiges. Leur capuche est brodée de dentelles, un peu flétries par une cérémonie qui, d’après ce que j’entends, dure depuis trois jours : le mariage princier d’une vendeuse de bijoux.

Oui, tout ce monde très agité et bruyant  prend l’avion pour prolonger la fête à Mahajanga, ou plutôt pour en commencer une autre avec les frères de l’Ouest, de la branche branchée. Car on emmène transistors, portables, lecteurs de CD, cartons pleins de cadeaux, de papayes, de guirlandes. On ne fait aujourd’hui aucune différence entre les bagages en soute et les bagages en cabine. La famille est tellement nombreuse, tellement puissante! Les Malgaches, minoritaires bien sûr dans la salle d’embarquement, baissent un peu les yeux. On ne les entend pas.

L’avion arrive. A l’heure. Nous partons immédiatement. A -t-on toujours besoin de vérifier si les ailes sont encore là ? Le moteur tourne encore ? Eh bien, allons, ne perdons pas de temps !

L’appareil réussit péniblement à prendre son envol.

Ce n’est pas étonnant : les passagers ont l’estomac surchargé de sucreries et de limonades…

   (*): Karanes : Indo-pakistannais installés depuis une ou deux générations à Madagascar   

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                                       JAC, le 13 mars 2009                            

 

08/03/2009

Bonjour petit frère...

J'ai un peu honte, mon frère, sur un site que tu bichonnais tant, sur un blog de connaisseurs, avides de photos, de données précises,  de ne pouvoir produire que des misérables anecdotes d'aéroports ou des péripéties survenues en avions. Je ne suis à l'aise, tu le sais, que sur le plancher des vaches... Notre cher cousin Daniel Bas et moi, tentons comme nous le pouvons, avec nos sensibilités, nos tendances différentes, d'entretenir une petite flamme sur les 6 blogs que tu avais initiés.
Malgré les difficultés énormes que nous rencontrons, "Sur le zinc" approche bientôt les 300 000 visites, "Popote et Papote", 280 000, "Couleur Alentejo", 75 000, " Sur le zinc bis", 75 000, " G1trou.com" 85 000. Le dernier, " Plume au vent", était resté un peu à l'écart depuis plusieurs mois...
Nous lui avons redonné souffle depuis hier.

NOTRE ANGOISSE EST DE NE PAS SAVOIR QUI VIENT NOUS RENDRE VISITE. Nous aimerions tant connaître ces visiteurs du soir. Ils vont et viennent, visitent la cuisine, le salon, la chambre à coucher, puis repartent. Sans laisser de trace...Nous aimerions tant leur parler, échanger avec eux des points de vue, des informations, leur offrir un café, notre amitié peut-être. Comme nous l'avons fait avec  PHIL ...et avec bonheur.
TU ME DISAIS  SOUVENT SOUFFRIR DE CETTE ABSENCE DE CONTACT. Mais c'est ainsi : le monde est livré aux zappeurs de l'ombre.

En attendant tu peux compter sur notre courage et notre détermination, mon frère, à maintenir en vie ton art, ton oeuvre et ton influence sur nous.

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( Une des dernières photos de toi, prise par LOF, je crois)

                                          

                                   JAC, le 8 mars 2009

03/03/2009

Les dernières heures avant l'ultimatum (16 janvier 91)

                                        15 janvier 1991

Riyad, 8 heures

On le sait, on le sent, on le pressent, un appel téléphonique nous demandera dans les minutes qui viennent de quitter le royaume avant ce soir...

9 heures

Il faut se rendre vite à la banque. Les rues sont vides. Vides de Saoudiens. On répète qu'ils sont tous partis se réfugier vers l'ouest où se trouvent les lieux saints. Dans les magasins, chacun achète des valises, des sacs, des vestes chaudes.

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10 heures

Comme convenu, notre chef est chargé de prévenir 23 personnes. Je fais partie de la liste. Un avion "spécial" d'Air-France part demain matin à 01 h 05. C'est décidé. Tout le monde quitte le pays. Branle-bas de combat. Nous plions bagages. Les deux Sri-Lankais, Indra et Santakuma, retiennent difficilement leurs larmes. Je voudrais tant les emmener avec nous. Ils promettent de prendre soin de nos meubles. Ils garderont nos clefs : ils ont toute notre confiance.

23 heures

A l'aéroport, l'ambassadeur de France en personne vient saluer les derniers "évacués". Il plaisante avec des enfants, sourit aux dames, multiplie les civilités empressées. Il serre les mains. Nous le remercions d'avoir bien voulu nous libérer...

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Nuit dans l'avion. Escale à Amman pour prendre au passage d'autres Français. L'appareil, affrété directement par l'Elysée, a pour mission de porter secours aux compatriotes résidents dans la région. Le service est particulièrement soigné : Champagne, caviar, vins pour tout le monde et à volonté ! Nous sommes tous là, déracinés, pleins d'enfants, d'incertitudes et d'appréhensions. Mais pendant que nous voyageons aux frais de la princesse gouvernementale, des familles demeurent à Riyad, l'école reste ouverte, à portée de missiles venant du Koweit.

L'arrivée à Roissy est mouvementée, bruyante, indescriptible. Des journalistes en grand nombre nous attendent. L'angoisse se lit mieux dans leurs regards que dans le nôtre. Ils posent des questions qui nous paraissent déplacées ou puériles. C'est à ce moment-là que nous prenons conscience de la gravité de la situation : le pays est terrorisé, les risques d'attentats seraient préoccupants.

Attendons de voir, ici en France, pour nous terre d'accueil et d'exil, durant de longues semaines, dans le froid, dans le vide et dans les valises...

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                                JAC, le 3 mars 2009

02/03/2009

Vol MH 420 pour Malacca retardé

5 novembre 2008, Kuala Lumpur, Malaisie,

Carte d' embarcation dans une main, passeport dans l'autre, on piaffe d'impatience avant d'apercevoir enfin les uniformes qui vous donneront accès à l'avion.
Mais aujourd'hui les officiels sont absents, du moins dans la salle d'embarquement, car ils font cercle autour du réacteur droit du Boeing, occupés à inspecter les moindres détails de l'hélice. Les hochements de tête, la mine grave des mauvais jours du commandant de bord se propagent vite chez les passagers, visage collé aux vitres...

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Et c'est ainsi que l'on atterrit au bout de deux heures d'attente, de rumeurs, d'interrogations, de fausses informations, dans un palace de l'aéroport, en compagnie de gens avec lesquels on s'invente des points communs : l'un connaît le Vanuatu, l'autre est tombé amoureux de Tahiti, un autre encore a perdu ses illusions au Kenya. On partage alors,comme si on se connaissait depuis toujours, le buffet de l'hôtel 5 étoiles, l'intimité de tout un groupe d'inconnus et leurs reproches nourris envers la compagnie.
Il est 9 heures du matin. Le départ est prévu pour demain, à l'aube. Nous avons donc tout notre temps pour visiter ce palais des Merveilles, moquetté du sol au plafond, aseptisé dans les moindres détails,  depuis le sourire figé du portier jusqu'au "Good morning " mielleux des responsables de chambres qui se précipitent vers leur chariot de produits ménagers dès qu'ils entendent le bling-bling de l'ascenseur.

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Les informations importantes défilent sur les écrans disposés aux endroits stratégiques du hall d'entrée : le vol pour Penang MH 320 est retardé de 20 minutes, Barrack Obama est devenu le 44 ième président des Etats- Unis, il fait 28 degrés à Singapour, les responsables du congrès de l'American Express doivent se présenter au comptoir B12, les bourses asiatiques sont en baisse. 

Les avions en retard permettent à des grands-mères humbles de s'étourdir de luxe dans des hôtels ennuyeux. On les voit, malhabiles mais déterminées, tenant fièrement leur ticket-repas, leur ticket-boisson, ne sachant que choisir parmi tous les plats du buffet ni organiser la construction de l'échafaudage de viandes et de poissons qui débordent de l'assiette. 

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                                  JAC, le 2 mars 2009

21/02/2009

BOLLYWOOD EN PLEIN VOL...

8 janvier 2004, vol Bombay -Maurice,

5 heures du matin

Une bousculade indescriptible dans l'avion...Des passagers indiens en groupe veulent absolument être assis ensemble malgré les numéros de sièges qui les contredisent...Ils font le coup de force pour obliger des familles entières à se séparer, se déplacer...C'est presque une question d'honneur, de vie ou de mort même. Nous, pauvres innocents, subissons leurs outrages, leurs yeux exorbités, leurs cris terrifiants, leurs larmes de haine. L'un d'eux déchire son billet, attrape un assis par le bras, secoue un endormi par la manche...Le commandant vient aux nouvelles, peu réjouissantes, tente de calmer les esprits, mais sans succès notoire. Un autre groupe, constitué de danseurs, a pratiqué les mêmes façons d'agir. Aucun ne veut céder. Cris. Vilains gestes. Colères. 

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Nous n'avons toujours pas décollé. Beaucoup sont levés, refusent de s'asseoir, continuent à discuter, tergiverser, contester. Les recommandations d'usage des hôtesses sont inaudibles. L'une d'elles pleure. Leurs gestes de mimes ridicules un peu terrorisés, apportent une note surréaliste à la formidable cacophonie ambiante.

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5 heures trente

L'avion se met branle. On crie, chahute, gesticule. Je n'ai, de ma vie, jamais subi un tel désordre dans un avion. On étouffe. Je suis à bout. Je m'endors. Je me réveille. Cliquetis de ceintures détachées, déjà. L'avion s'est envolé depuis longtemps sans doute. Mon sommeil est un peu heurté. Mes camarades de jeu continuent à passer dans les couloirs, à s'agenouiller à l'envers sur les sièges pour converser plus facilement avec les voisins de derrière. On utilise au maximum la puissance des écouteurs, les boutons qui donnent accès au clips. Mon partenaire de siège me marche sur le pied, fait tomber mon plateau, hurle à l'hôtesse : " J want water ! ", sans demander " please". L'airbus tremble dans les turbulences atmosphériques et humaines. Les stewards ordonnent aux passagers indiens d'attacher leur ceinture. La moitié seulement obéit, ou fait semblant d'obéir.

La non violence, née en Inde, n'est plus qu'un vague souvenir...

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                                      JAC, le 21 février 2009

25/01/2009

AIR CHEDOZOT


Bonjour, les amis, c'est moi, Chedozot ! Vous ne m'avez jamais vu sur ce blog. Réservé aux mordus qui veulent du croustillant sur les zavions, dites-vous ? Eh bien moi, j'ai un titre à faire valoir pour rejoindre vos rangs : à 75 ans, j'ai pris ma première leçon de pilotage avec JCP, l'as des as ! Et encore, comme j'étais doué, on a fait le cours par correspondance ! En voici un extrait, tiré de son message du 28 novembre 2006 :
              " Rappelle-toi : pour monter, tu tires et tu remets un poil de gaz, pour descendre, tu pousses, non sans avoir réduit la sauce au préalable, car le sol vient toujours trop vite ."
Mais j'en voulais plus. Alors, il a ajouté :
              " Pour la navigation, c'est encore plus simple : il suffit d'orienter la queue de l'aéroplane dans le bon sens sans tomber dans l'erreur classique, dite "erreur de 180 °" qui consiste à orienter la queue, certes dans la bonne trajectoire, mais dans le sens contraire de la mission. Autrement dit, dans ce cas, on ne cesse de s'éloigner du but et fatalement, on se "vache", à bout de carburant, à Petrograd au lieu de Cap Juby."
Vous reconnaissez bien là, j'en suis sûr, le style de notre JCP. Comme j'étais doué et que le prof était hors pair, je me suis lancé. Voici le résultat :

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(photo de Chedozot pilotant un avion )

Mon maître a apprécié :
"Te voici donc fils de l'Air sous les couleurs d'Air Chedozot qui opère sur Spad-Farman XB8F et véhicule les sacs de courrier sur la verte campagne. Bravo !"
Voilà qui vaut tous les certificats et m'autorise à rejoindre les krachs de l'aviation ! Souhaitez-moi bienvenue au club ! Merci !

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(www.greatwarfflyingmuseum.com/.../spad_xiii.html )

                    

Daniel Bas dit Chedozot et, bien sûr, JCP
                                    le 25 janvier 2009

05/01/2009

LE CAMBODGE VU DU CIEL


24 octobre 2008, Angkor, Cambodge,

Le ballon s'élève de 200 mètres au-dessus de la forêt. Apparaissent des lataniers, des cocotiers, des pistes rouges. Au loin, le temple d'Angkor Vat. Sombre. Mystérieux. Je fais ce voyage dans les airs en compagnie de Japonais besogneux, occupés à photographier les filins d'acier qui nous délivrent du sol. Les parcelles de rizières, les fermes où barbotent des centaines de canards, les ruines couvertes de mousse, les retenues d'eau, les bassins construits par les rois khmères, semblent ne pas les concerner en priorité. Les nippons, sensibles avant tout à la performance technologique, ont-ils conscience d'accomplir un voyage exceptionnel dans l'espace et dans le temps ?

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(photos JAC, Cambodge, octobre 2008)


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(travel.webshots.com/category/4624/10513)

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(www.visit-mekong.com/.../balloon-over-angkor.htm)


                               JAC , le 5 janvier 2009

28/12/2008

PLUIE BATTANTE AU CAMBODGE

                   

                    23 octobre 2008, Siem Reap, Cambodge,

  

    Le voyage en avion se fait dans les nuages, les turbulences et les éclats de voix des Chinois qui réclament un peu plus de Cognac. Le Boeing descend sur le Tonlé Sap, miraculeuse trouée de lumière douce, piquetée d'îles, d'îlots, de maisons montées sur des échasses. La plaine, les rizières, les jardins sont gorgés d'eau. Quelques temples en bois sombre, aux toits flamboyants de dorures. Une dizaine de vaches surnagent, à proximité de l'aéroport, poursuivies par des petites filles agitées.

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Mais sur la passerelle c'est le déluge. La pluie de mousson s'écrase sur le cockpit et la dignité des Orientaux ...désorientés, inquiets de devoir mouiller leur belle chemise blanche. Un bus nous attend. Mais les sinophones aux abois exigent que l'on se munisse de parapluies. Ils bloquent la sortie. L'ondée redouble de violence. Eux aussi. Les officiels s'exécutent et partent en courant à la recherche d'ombrelles et d'imperméables. Nous n'avons pourtant que trente mètres à parcourir... Des dizaines d'employés reviennent à petits pas pressés, porteurs de parasols orange pour offrir aux Pékinois pétrifiés, une jolie haie d'honneur, à défaut ...de bras.

On vient me chercher en tuk-tuk, mobylette bâchée, bardée d'amulettes et de photos de stars. Mais il faut franchir à gué de véritables lacs, des rues méconnaissables, promues au rang de rivières. Il pleut sur la capote. Je suis au Cambodge et un petit frisson de bonheur n'arrive jamais ...trop tard.

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 (photos JAC, Cambodge, octobre 2008)


                   
JAC , le 28 décembre 2008

22/12/2008

BON NOËL A TOUS


MERCI A TOUS CEUX QUI AIMAIENT RIRE AVEC MON FRERE.

NOUS TRINQUERONS ENSEMBLE A NOËL , N'EST-CE PAS ?

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(photo prise par JAC à Carrasqueira fin mai 2007)


                                           
JAC le 22 décembre 2008

06/12/2008

Marabouts moulinette ...

   27 mars 1997, Arusha, Tanzanie,


Alors que le Boeing est en pleine vitesse, il freine brutalement et s'arrête en bout de piste, avortant son décollage ...Les passagers se regardent, se retournent, s'interrogent. Le commandant de bord prend vite le micro, pour couper court à tout début de panique qui pourrait surgir  en pareille situation.
     - Deux marabouts viennent de s'écraser dans les réacteurs...Rassurez-vous, rien de grave...Mais les 16 pneus ont éclaté...Tout le monde descend. Nous allons vous loger dans de beaux hôtels de la ville et vous offrir les repas, car deux malheureux marabouts grillés ou passés à la moulinette, c'est un peu juste pour 450 passagers. Le temps de faire venir le matériel d'Europe, vous vous reposerez au bord de la piscine...
Les voyageurs venant de Paris ne comprennent rien à ce qui leur arrive. Une dame d'un âge respectable me saisit le bras et demande d'une voix tremblante :
     - Monsieur, où sommes-nous?
     - A Arusha.
     - A Aru - quoi?
     - A Arusha ...en Tanzanie ...
     - On n'est pas encore à la Réunion?
     - Nous allons rester deux nuits ici, à l'hôtel.
     - Mais ...ma fille nous attend à la Réunion ...Comment ça s'appelle encore le bled? Garochat?
     - ARUSHA, madame, en Tanzanie.
     - La Tanzanie...!! La Tanzanie ...Marcel, Marcel...Tu sais où ça s'trouv' ça, la Tanzanie?
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A la descente de l'avion une forte odeur de pneu brûlé et de caramel nous accompagne. On nous remet à chacun un carton pour les repas. Mais il faut vite choisir le bon bus qui emmène une partie des passagers au Novotel. C'est déjà la belle pagaille. Cris, bousculades, précipitations agressives. Marcel et sa femme restent debout, les bras ballants, à l'écart de la foule, tandis que beaucoup se précipitent vers la sortie. Ils n'ont toujours pas compris ce qui leur arrive, ni dans quel pays d'Asie ou d'Afrique ils se trouvent.
Une hôtesse passe à portée de leur désarroi et les invite à suivre le peloton. La dame, toujours mal remise de ses émotions, lui demande avec un léger sanglot dans la voix :
     - S'il vous plaît, on reste longtemps en Panzani?
     - Madame, voyons ! Que vous me parliez du Kenya, par exemple, cette erreur m'épate, oui, mais de Panzani...quand même ...!

La brume se lève sur le sommet enneigé du Kilimandjaro qui apparaît alors dans toute sa splendeur.



                                       FACTURE DE L'ESCALE D'ARUSHA



Au passif du bilan :
450 x 2 nuits d'hôtel
450 x 4 repas
450 x 2 petits déjeuners
450 x 4 boissons
450 x 2 communications téléphoniques pour toutes les destinations du monde pour prévenir ou rassurer les familles
Frais annexes : 1 moteur de Boeing, 16 pneus, un aller-retour Paris pour apporter les pièces
Conséquence : Corsair a annulé l'escale d'Arusha entre Paris et la Réunion. Le vol est désormais direct.
A l'actif du bilan :
Marcel et Yvette savent où se trouve la Tanzanie et ne se trompent plus jamais en prononçant le nom de ce pays.
   

                                                        JAC

01/12/2008

Aérobucoliques (5)

    1er Décembre 2008

Jean-Claude nous avait promis un Aérobucoliques 5.

Jac, Isabelle, Christophe et Pascal m'ont proposé de reprendre une partie du flambeau afin que l'histoire ne s'arrête pas si brusquement. J'ai accepté pour le thème qui m'est le plus cher et qui est à l'origine de notre rencontre : l'Alentejo et ses histoires d'ULM, de planeurs, d'hydravions, de paramoteurs ... bref  "d'aérobucolisme".

 

Ce 12 Octobre, comme souvent, nous nous sommes retrouvés à MAZG chez Antonio, cette fois-ci avec la présence de Jean-François d'Aéroimpex. JF est Monsieur Lambada, vous connaissez le bel oiseau tchèque qui affiche quasi 30 de finesse avec l'hélice en drapeau. JF est aussi pilote de ballon .. mais ça c'est une autre histoire, nous en reparlerons plus tard.

C'est avec JF et Antonio que nous caressons le doux rêve de revoir enfin des hydros en France. Souvenez vous que le premier vol d'un de ces engins a eu lieu sur l'étang de Berre en Mars 1910 aux mains d'Henri Fabre, puis il y a eu les Cams, Latécoère, Bréguet ... les traversées de l'Atlantique au départ de Biscarosse. C'était en France, hélas de tout ceci, il ne reste pas grand'chose.

Heureusement l'Alentejo est accueillant pour ces drôles d'oiseaux; si la France n'en veut pas nous volerons ici. A leur propos JCP écrivait ici : "L'hydravion, c'est ma joie. Je peux à la fois satisfaire mes appétits de ciel comme de mer", comme tu as raison JC ! (Regardez, il est à  bord en parfait copilote de Seamax).

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Photo Musée de l'Air

(1er vol le 28 Mars 1910)

 

 

Mais avant de refaire l'histoire, passons à table, la cuisine de Maria Louisa nous attend, produits de qualité et cuisine simple = régal assuré; c'est aussi ça l'Alentejo !

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Photo Jef       

 Antonio Maître des Lieux et JCP concentré sur la cuisine de Maria Louisa

Jean-Claude est venu ce jour-là, accompagné de son dernier tableau qu'il était si fier de nous présenter : son premier portrait, celui de son ami Pierre Peyrichout, sur fond de Caudron Simoun de la Compagnie Air Bleu .

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Photo Jef                             Dernière toile et premier portrait

 

Pour écrire la suite de l'histoire, nous sommes retournés là-bas avec Aurélien le 9 Novembre 2008. CS-UQU le Seamax de MAZG nous attendait, flambant neuf (venu remplacer UNN parti voler en Croatie). Météo extraordianaire : merci JCP.

Descente vers Cercal pour dire un petit bonjour aérien à Jean-Paul de LOF, puis quelques amerrissages sur le lac d'Odivelas pour reprendre en main l'oiseau. Je drevrais dire "en pieds" puisque le fauve a besoin d'une bonne paire de baskets pour voler droit (question de réglages, ça devrait s'arranger). Ca change du 320 de ce matin mais ça rappelle mon Jodel, qui lui aussi n'aime pas que je laisse les pieds au repos.

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Photo Aurélien

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Photos Jef                                    l'instructeur attend son élève

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Photo Francisco                                    

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Photo Jef 

                     IMAG0476  22 Novembre, déjeuner en excellente compagnie de Maria et José du Monte Da Lagoa, les amis de JCP qu'il avait eu la gentillesse de me présenter. Leur gîte est un endroit idéal pour passer quelques nuits et rayonner dans la région, mais attention, c'est une très bonne adresse : il vaut mieux réserver le plus tôt possible.

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Photo Jef                        Monte Da Lagoa

Le soir séance de gonflage parapente au soleil couchant avec le roi de l'aile souple : José Boero. N'hésitez pas à prendre contact avec lui, le site de son école est ici. Acueil, compétence, gentillesse et météo idéale : pourquoi aller voler ailleurs ?

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Photo Jef                       heure magique + aérobucolique

    

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Escola de Voo Santiago de Cacém

 

 

Un aérobucolique 6, qui sait ?

(Rédigé par Jef)

08/11/2008

Jean-Claude Petit, notre papa, est parti

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Jean-Claude, notre père, nous a quittés le 29 octobre dernier. Victime d'une rupture d'anévrisme. Ca ne prévient pas. Il allait avoir 68 ans. Trop jeune pour partir. Trop amoureux de la vie pour se faire la malle si vite. Mauvaise blague. 
Il adorait le Portugal, en avait fait sa terre d'adoption. Il adorait les Portugais, ils le lui rendaient bien. 
Il était peintre et poète. Il aimait la mer et les avions. Les piments doux et la peinture. Il aimait les hommes. Pas solitaire, pas misanthrope. Il aimait les rencontres improbables, impromptues. Il avait des centaines d'amis, partout dans le monde, grâce à internet, grâce à cette plume qui faisait vibrer. Que tous ses amis soient remerciés ici pour leurs témoignages de sympathie tellement émouvants. 
Papa est resté au Portugal. Il est parti en vol de nuit au dessus de Lisboa. Nous avons dispersé ses cendres le 1er novembre 2008 dans cet ocean qui le faisait tant rêver, face à la plage d'Almograve, nommée "Lapa de Pombas".
Il est heureux là où il est.  
Ce jour -là restera un beau souvenir pour nous, pour ceux qui ont pu etre présents aussi vite, et pour tous ceux, nombreux, qui ont suivi le film des événements grâce aux blogs.
Ce jour -là, le soleil etait revenu pour l'accueillir.
Ca l'aurait terriblement frustré qu' il fasse moche.
Ce jour- là, ses amis tres chers etaient présents auprès de ses enfants, un arc -en -ciel l'attendait, et un avion est passé au dessus de sa maison, juste dans l'axe de sa rue, la Rua Nova. On l'a su après, ce n'était pas un hasard.
Une expo s'est improvisée dans sa rue. Quelle belle journee signée Jean-Claude...
 
Puisse le blog, son blog, où vous lisez ces lignes, lui survivre encore longtemps. Nous nous y emploierons. Nous avons besoin de votre aide. Continuez à le faire vivre.

T'inquiète papa, on est là, avec toi.

Isabelle, Christophe, Pascal, ses enfants

http://olharfeliz.typepad.com/prazer/2008/11/jcp-almograve.html#comment-137361695
http://www.paperblog.fr/1276293/deces-de-jean-claude-petit/
http://zingo.typepad.com/popote_papote/2008/10/radis-couscous.html



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Lapa de Pombas.Au bout du chemin.


le 1er novembre 2008.

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photo JF

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photo LOF

Portugal oct 2008 058-2 
photo IsaJcp

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photo LOF

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photo LOF

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photo JF

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