Depuis que des « spécialistes avisés » analysent, décortiquent, dissèquent le contenu des matchs de foot, les chiffres poussent comme des champignons. On entend : « 47 % de possession de balle, 7 passes décisives, 10 tirs cadrés, à ne pas confondre avec 10 tirs non cadrés, 23% de contre-attaques, 18 hors-jeu, 11 passes longues…. »
On se plaît à comparer les résultats des équipes avec ceux des années précédentes. Sur des jolis graphiques dignes des annales du Bac, on fait apparaître des tendances, des chutes, des remontées.
Un lamentable 0-0 se traduit positivement par une succession étourdissante de chiffres, comme s’il s’était vraiment passé quelque chose pendant 90 minutes.
Au fond, tous ces pourcentages édifiants pourraient donner naissance à un nouveau jeu virtuel, où ils remplaceraient le terrain, les 22 joueurs, les 3 arbitres et les 12547 spectateurs qui ont bravé la pluie. A attaquerait B, bénéficierait de 9 coups francs, aurait à son actif 80 % de possession de balle, ne concéderait que 2 corners…Le joueur obtiendrait 9+80+2=91 points, mais serait dépassé par l’adversaire qui totaliserait 8+20+ 3= 31 points, mais 3 buts marqués et 2 parties gratuites.
Au bout du compte, et c’est le cas de le dire, les joueurs de foot doivent souvent perdre leurs moyens et leur joie de taper dans un ballon, en constatant qu’aujourd’hui ils n’ont à leur actif que 2 tirs cadrés et 2 duels remportés.
J’aimerais bien savoir ce que pensent Kopa, Just Fontaine et Platini des statistiques et des graphiques exhibés par des « spécialistes » à bout de souffle dès qu’ils font trois foulées.
(Pierre Ménez à droite, l'un des plus grands "spécialistes", mais pas parmi les plus légers.)
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