ESSAI: La Fam'du
-
ou
"décidément les femmes m'étonnent"
-
" Ôte ton bras, Isabelle, j'en peux plus. T'as vu mon oeil droit comme il pleure?..." (Alain Souchon)
-
Cet essai tire son origine de ma vision du film de Jean Becker « L'Eté meurtrier» où Alain Souchon, dit « PinPon », joue le rôle d'un pompier sans feux. Il a pour épouse la très convoitée Isabelle Adjani.
Allez savoir pourquoi, sans me douter le moins du monde que je mettais le doigt dans un engrenage infernal, j'ai écrit avec légèreté dans un coin de mon agenda :
-
La femme du pompier est pimpante...
-
-
Par effet de résonance, j'ai aussitôt ajouté:
-
La femme du docteur est patiente
-
J'avais trouvé un mécanisme comme on ramasse par hasard un objet inconnu à ses pieds. Ses rouages étaient curieux. Parfois ils fonctionnaient, parfois ils grinçaient ou tournaient dans le vide. Hélas, je ne possédais pas encore la clé qui m'eût permis de le remonter.
Je tâtonnais, dressant des listes de métiers. Et il y en a ! Le mécanisme avança pas à pas. Son rendement était aussi médiocre qu'un tamis d'orpailleur. Je brassais des tonnes de boue, je secouais, je secouais.
Parfois je croyais trouver une pépite. Mais c'était du cuivre ou un leurre de plastique doré. Il fallait rejeter. Dès que j'en eus conservé une dizaine, je me suis retrouvé confronté à un curieux phénomène de famille. Certaines, très différentes pourtant dans leurs affirmations péremptoires, présentaient d'étranges similitudes.
D'autres à l'inverse, très proches de sens, me semblaient régies par des lois opposées. Ce fut le cas de ces deux couples-ci, marqués à la culotte, il faut bien le reconnaître:
-
La femme du gynéco est con
La femme du vénérologue s'est compromise dans l'Aveyron jusqu'au col
La femme du charpentier est clouée au lit
La femme du quincaillier est vicieuse
-
C'est alors que j'arrêtai l'idée d'une classification, conscient cependant d'entreprendre une oeuvre parfaitement inutile qui ne faisait rire que moi, ce qui déjà me soulageait d'un poids.
Je décidai donc de poursuivre, mais en testant mes trouvailles auprès d'un échantillon aussi représentatif que possible de la société riante. Et là, révélation...La mayonnaise prenait, mais une autre difficulté apparaissait : je devais doser impérativement les lâchers dans la nature, sous peine de saturer mon petit public expérimental.
Ma réputation d'humoriste inconnu risquait en effet de virer à celles, moins reluisantes, d'emmerdeur, d'obsédé, de monomaniaque, voire de saboteur du modèle économique libéral qui pour l'heure nous fait subsister. Je n'ai pas dit nous fait vivre.
-
« Un type dans le besoin qui passe le plus clair de son temps à rechercher des Fam'du est un individu stérile, alors qu'il y a tant à faire de par le monde ».
Moi, in Rêveries d’un ver solitaire
-
Aussi, pris-je le soin de placer mes interlocuteurs lecteurs en position de demandeurs, ce qui valorisait mon travail et écartait tout soupçon de monomanie, de subversion, voire de parasitisme. A Moscou quelque dix ans plus tôt, j'eusse sans doute encouru des années de goulag pour avoir écrit en toute innocence et sans intention de nuire, ni à l'intéressé, ni au Parti :
-
La femme de Robert Hue est un âne
-
JCP. Icône géorgienne rare
Les commentaires récents