Navigateur normand né à Grainville-la-Teinturière en 1360, mort à Grainville-la-Teinturière, un peu plus tard. Son fait d’armes est la colonisation des Îles Canaries.
On peut se perdre en conjectures sur les raisons qui poussent à cette époque un originaire du pays de Caux à s’éloigner de son pays natal, alors qu’il a toutes les filles blondes à ses pieds et des champs de blé à perte de vue.
Sans doute fatigué par la guerre de Cent ans qui ravage son pays, il souhaite prendre du recul et aller de l’avant. Peut-être veut-il tout simplement mettre un peu d’espace entre lui et ses créanciers, car les Normands, s’ils ont le calva fort, ils ont aussi la rancune tenace, surtout quand il s’agit d’histoires de sous.
En l’an 1400, il vient d’apprendre qu’il existe au large des côtes du Maroc un lichen précieux, l’orseille, qui peut fournir un colorant de qualité pour les tisserands de Grainville. Il décide donc d’entreprendre la conquête des îles Canaries pour faire plaisir aux foulons de son fief.
(Lanzarote, îles Canaries)
Le premier mai 1402, il quitte La Rochelle sur deux navires avec à leur bord 80 hommes d’équipage, 50 barils de cidre, 950 kg de fromages locaux, puis débarque à Lanzarote. Dès qu’ils posent le pied sur le sable, les Normands utilisent leur arme fatale : ils ouvrent les boîtes de camembert et de pont-l’évêque qu‘ils gardaient bien au chaud dans les cales. Aussitôt, les 300 habitants du village se réveillent en sursaut de leur sieste et s’enfuient à toutes jambes dans la forêt, pensant vivre un cataclysme planétaire. L’équipage s’installe alors sur la place laissée vacante.
La conquête des îles assure aux Normands le monopole du fameux lichen dont les foulons cauchois font grand usage.
En 1405, il revient à Grainville, puis repart d’Harfleur avec des paysans, des artisans, des hommes d’armes, des maîtres queux et des jeunes filles dociles à la disposition des marins pour les aider à lutter contre la solitude.
En 1415, les Anglais, attirés par la cuisine normande à la crème et la qualité de la bière de Grainville, débarquent à Harfleur, coupant ainsi au seigneur de Béthencourt la route de Lanzarote.
Moment particulièrement bien choisi, car le roi Charles VI a perdu la raison, tandis que les Armagnacs et les Bourguignons se disputent la régence à coups de hache. Un jour les Armagnacs mangent du Bourguignon, le lendemain, les Bourguignons boivent de l’Armagnac. On n’en sort pas. Bloqué par la présence pesante de l’envahisseur qui l‘empêche de communiquer avec ses îles, le navigateur frustré se décide finalement à transférer sa conquête au roi de Castille en 1418.
1419. La vie n’est pas rose pour un homme de la mer contraint de rester sur terre et de supporter le ciel gris qui pèse huit mois sur douze sur les plaines entre Grainville et Theuville-aux-Maillots. Mais, en bon contribuable, Jean se rend personnellement à Rouen cette année-là, pour faire sa déclaration d’impôts devant les autorités anglaises.
La dernière partie de sa vie est assombrie par des difficultés financières.
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La conquête des Canaries a eu des conséquences considérables sur l’histoire de l’humanité, car 90 ans après, les îles furent la première escale de Christophe Colomb avant la grande traversée de l’Atlantique. En quelque sorte, c’est le navigateur grainvillais qui lui a préparé le terrain en faisant des Canaries une étape gastronomique confortable, idéale pour gonfler le moral de l’équipage et mener à bien la découverte de l’Amérique.
Dès les premiers jours, Colomb s’étonne de la variété des plats proposés dans les tavernes locales, beaucoup plus alléchants que la sempiternelle pizza Margarita du port de Gênes. Il se délecte en particulier de canetons rôtis à la Duclair, de soupes de moules d’Etretat et surtout de civets de homards au cidre, petits plaisirs raffinés qui vous requinquent un homme avant d’affronter les tempêtes.
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Les descendants de ces Cauchois voyageurs sont les actuels Bettencourt, Betancor, Bertencourt et autres Bitencor. Ils ont essaimé dans tous les coins du monde.
Les plus célèbres sont Romulo Betancourt, président du Venezuela, de 1959 à 1964, Gabriel Bettencourt, père d’Ingrid Bettencourt, femme politique franco-colombienne.
Enfin, André Bettencourt, époux de Liliane Bettencourt née Schueller, héritière du groupe L’Oréal. La France est sensible aux efforts de cette milliardaire pour alimenter depuis plusieurs années le feuilleton de la famille en péripéties croustillantes et rebondissements divers, sans lesquels nos jours seraient bien fades.
Merci à la jeune guide du Musée,très documentée,et très aimable .C'est une PRO .
Quiquine.
Rédigé par : jpaulus petit | 24/07/2012 à 04:50
C'est fait. Nous y étions hier. Merci.
Rédigé par : jac | 22/07/2012 à 08:27
Quand l'ancien président, toujours très poli, se rendait en Colombie, il avait souvent une courbette en cours.
Rédigé par : jac | 21/05/2012 à 03:20
rectificatif :Il s'agissait d ANDRE BETTENCOURT .
Quiquine.
Rédigé par : PAULUS PETIT JACQUELINE | 16/05/2012 à 13:47
Je comprends mieux l'explication du Quai Bethencourt à Rouen, sans doute pour rappeler
le passage de ces Cauchois entreprenants ...
Anecdote,toute autre:
Notre tantine ,toute jeunette,donnait son sang pour sauver les résistants .Un des blessés qu'elle sauva était Jean de Bettencourt,l 'Oreal ...
Quiquine .
Rédigé par : PAULUS PETIT JACQUELINE | 16/05/2012 à 13:38
Voilà une histoire qui mérite d'être approfondie. Alors, si vous souhaitez découvrir plus en détail cette conquête des Canaries et ce personnage de Jean de Béthencourt,rendez-vous dans le petit village de Grainville-la-Teinturière, lieu de naissance du conquérant. Le personnage repose au coeur de l'église et un musée évoque toute cette histoire qui fut le tremplin de l'ère des Grandes Découvertes.
Musée Jean de Béthencourt
17 place du marché
76450 Grainville-la-Teinturière
D’avril à octobre : le 1er et le 3ème dimanche du mois de 14 h à 18 h.
Juillet et août : tous les jours de 14 h à 18 h (sauf le lundi et le mardi)
Rédigé par : bruno Malfante (président de l'association Jean de Béthencourt Normandie-Canaries) | 16/05/2012 à 07:21