Armée
Ensemble
des forces militaires de tout état. Reste à savoir dans quel état elle est.
Certaines sont dans un état avancé, d’autres, putréfiable.
Il
faut l’astiquer une fois par jour, le matin, avant le rapport et la passer en
revue juste après pour vérifier si elle est toujours propre.
En
temps de paix il n’y a pas de chef heureux disent les adjudants, derechef. En
effet, quand on enterre la hache de guerre, c’est la guerre du hasch qui prend
le relais. L’armée passe alors le témoin à la police. C’est à elle ensuite
d’avoir l’œil, sinon elle l’a dans l’os.
En
attendant la guerre les soldats regardent la ligne bleue des Vosges, puis ne voyant rien venir, se regardent dans le blanc de l’œil en buvant du rouge.
Les
militaires rêvent de mourir en héros en chantant des chansons viriles mais
s’étiolent le plus souvent en titillant la queue de la souris de leur
ordinateur.
Autrefois
le héros partait dans le matin, plein de lumière, il était mince, il était
beau, il sentait bon le sable chaud. Personne à présent ne glorifie plus les
légionnaires rasés du crâne.
Désormais
les militaires, brillants de boutons astiqués, vendent des baptêmes de l’air
dans les meetings et distribuent des prospectus, un peu comme les jongleurs de
cirque, obligés de proposer des bonbons pralinés à l’entracte.
On
a failli récemment sortir les poilus de leurs casernes pour tenter de contenir
les révoltés en première ligne sur le front des incendies de voitures, mais,
comme on est passé brusquement au-dessous du chiffre raisonnable de 300
véhicules brûlés, on s’est contenté de couvrir le feu.
L’armée
permettait aux jeunes, il y a peu encore, de réapprendre à lire, à écrire ou à
baisser la tête devant un chef. C’était l’occasion rêvée pour beaucoup de
passer gratuitement le permis de conduire A,B,C,D,E voire F ou d’apprendre un
métier.
Devant les cités qui s’enflamment, la recrudescence de l’analphabétisme, c’est la France entière qui est alarmée.
(Armée de terre)
(Armée de l'Eire)
JAC, le 15 mai 2009
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