JAC a dit: ânes de Santorin
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JAC, l'infatigable voyageur, n'avait pas prévu qu'à Santorin, (Thira pour les intimes), il ferait un temps de chien ce jour là. Eole faisait son malin et chahutait durement Hélios et Neptune en pleine terre de Vulcain qui était en RTT après une dure semaine de quatre jours de forge. Et Zeus s'en foutait.
L'Olympe, franchement, c'est devenu n'importe quoi (NdR).
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Santorin, Cyclades, Grèce, 18 mai 2007
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Temps de chien pour les ânes de Thira…
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Santorin aujourd’hui sent l’orage et les courants d’air. Il va pleuvoir. Il pleut déjà peut–être. Les mules parquées sur les marches de pierre frissonnent. Couvert de pull-overs, j’attends sous une véranda, devant un café fort. Les tourbillons et les rafales secouent les stores dans les ruelles. On doit être hors saison. Que peut–on faire sous la pluie quand on a parcouru tant de chemin ? Chanter ? Observer les ânes ? Pourquoi pas ?
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Par centaines ils patientent sous leurs jolis colliers de pompons et de coquillages. Dans la descente qui mène au port, une petite place bordée d’un long mur bleuâtre, leur a été attribuée en guise de lieu de rencontres. Mais les pauvres ne fréquentent que des cuisses germaines, des épaules franques, des ventres alémaniques, des fesses ostrogothes ou des colonnes vertébrales raides gauloises.
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Imaginez les barrissements ! Car l'âne barrit plus qu'il ne brait, c'est bien ce qui trompe. C'est une illusion d'ouïe...(NdR)
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Les postérieurs, parfois un peu lourds, se libèrent en fin d’ascension de rires gras ou d’énormes cris de soulagement. Enfin les baudets ont bien mérité une petite récompense, une photo souvenir, pour leur faire oublier la faim et la soif : un grillage grossièrement fixé, plaqué sur les naseaux, les empêche de boire ou de mâcher pendant le service. Des walkyries ferrées de bijoux clinquants, bâtées de sacs de marques prestigieuses, pèsent négligemment sur le dos fourbu des bêtes et se laissent alors complaisamment prendre en photo par leur compagnon, lui-même affublé de l’inévitable casquette de base-ball, nécessairement à l’envers.
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Âne de Buridan, hésitant entre une botte de foin de ses propres excrétions et un seau d'eau, jusqu'à ce que mort s'ensuive (NdR)
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Le seul plaisir des grisons pendant leur pause est de brouter trois brindilles de paille échappées de leurs propres… excréments ou de flairer quelque liquide puant, lâché sur les pavés de lave par une de leurs copines. Que de cacas d’ânes sur le macadam ! Les sages bourriques de l’île sont maigres et baissent la tête par politesse.
Les chiens, eux, sont gros et gras et insolents. Ma tendresse se porte naturellement vers le beau nez d’âne…et non vers la truffe sale des toutous empâtés. Si la montée tortueuse et escarpée qui va du port au village est une épreuve pénible pour les mollets humains, elle est surtout un calvaire pour les sabots des ânes et ânesses qui se suivent.
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Une trouée de ciel bleu que personne n’attendait plus, émeut les photographes qui peuvent enfin s’adonner à leur vice. Les coupoles bleu roi resplendissent au milieu des maisons blanches. Mais déjà l’orage les rappelle à l’ordre et les premières gouttes les font rentrer sous terre. Ce voyage n’est que succession de surprises.
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On va chercher à Santorin la noblesse du site volcanique, on en revient avec un parapluie ringard. On pensait y découvrir la beauté des ruelles, on ne perçoit que des ânes à chroniques.
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JAC
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Tes photos sont si belles que, pour la première fois, je ressens une vraie envie d'y aller.
Rédigé par: Phil' | 24/04/2008 at 02:19