Avertissement : cette leçon, bien plus qu'un cours d'espagnol, est une révision d'histoire européenne. C'est pourquoi le nombre de mots nouveaux a été volontairement réduit, afin que l'effort se porte surtout sur l'acquisition de repères historiques. Que les bons élèves ne nous tiennent pas rigueur de ce choix qui forcément les prive de nouveautés. http://G1trou.com s’impose.
A l'aube du XIXème siècle, l'Espagne part à veau l'eau. A sa tête, le roi cocu, Carlos IV. Chaste par obligation, il ne pense plus qu'à chasser sur ses terres giboyeuses de Séville. Comme dirait Sanchez,
- Quien va a Sevilla pierde su silla*...
Cela ne change rien à l'affaire.
Sous le baldaquin royal notre caja fort olé olé, Marie-Louise de Parme. Elle est toujours maquée à Godoy, son ancien garde du corps, gigolo d'une folle ambition qui épuise le trésor autant qu'elle le pompe. On la dit édentée, ce qui fournit une piste.
Dans la cour des petits enfin, un infant sournois, Ferdinando, prince des Asturies qui passe son temps à intriguer contre Godoy, son maquereau de beau-père. C'est de bonne guerre.
Même pétaudière au Portugal où la royauté est sur le point de capoter, faute de sang neuf. La péninsule ibérique toute entière est donc mûre. Le Traité de Tilsit a partagé l'Europe en deux empires, l'Empire russe et l'Empire corse.
Le Putsch de Bayonne
La dialectique napoléonienne veut que le trône d'Espagne lui revienne comme il était revenu à un Bourbon sous Louis XIV. Elémentaire, mon Cher Wellington.
Alors, sur la lancée des victoires d'Austerlitz, Iéna, Friedland, tout va aller très vite. Seuls les Anglais, têtus comme des Bretons, résistent au partage des géants. Napoléon leur impose le Blocus Continental. Bernique! Ils tentent de le contourner par le Portugal, justement. Ultimatum du Corse au roitelet João de Bragance :
– Tu fais ce que je veux, amigosinho, sinon, je t'explose, mi capice ? Estas a perceber ?
On sait que chez les Corses, "je t'explose" n'est pas un vain mot.
Le roitelet sous-estime la vindicte corse qui se cache sous le masque du ton doucereux de l’Insulaire de Beauté qu’on énerve. Et c'est le raid de Junot à Lisbonne en 1807. Mission : priver les Anglais de vinho de Porto, d'ostras et de Bacalao. João, quant à lui, choisit de se tailler au Brésil avec la cassette royale.
On ne doit jamais énerver un Corse. On parlemente, on négocie, on transige, on circonvient, mais on n'énerve pas.
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