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mars 1997, Novotel d’Arusha, Tanzanie,
Grâce à deux marabouts qui se sont sacrifiés pour nous, le séjour en Tanzanie se prolonge, le temps de réparer le réacteur de notre Boeing et de remplacer les 16 pneus éclatés.
Alors je me rends aujourd’hui à pieds jusqu’à l’hôtel Ilboru. Longue route droite bordée de camions arrêtés, devant lesquels s’affairent des familles. Beaucoup de Masaïs sédentarisés marchent sur les trottoirs. Des autos, roues dans l’eau, se laissent paresseusement brosser, frotter, astiquer le capot par leur maître. Une boucherie rouge –sang de bœuf m’attire. Une file de femmes attend. Des boubous jaunes, bleu roi, verts. A l’intérieur des quatre murs, des monceaux de viande visités par les mouches pendent, accrochés à des chaînes. Des machines à coudre tournent à plein régime dans la ruelle. Des salons de coiffure, aux enseignes naïves, font des clins d’yeux aux passants. Peintures simples et maladroites d’un autre temps :
« Venez vous faire couper les cheveux chez Adi, la meilleure coiffeuse
d’Arusha ».
Des femmes énormes de cuisses, assises dans des
poses lascives sur des blocs de ciment à la terrasse de bars louches, attendent
(mais quoi ? Mais qui ?) ,parmi des hommes aux yeux injectés de sang.
On me souhaite gentiment : « Jambo ! Karibu ! »
Le coin des menuisiers est très
intéressant : des ébénistes méticuleux rabotent des armatures de lit, ajustent
des portes d’armoires. C’est beau, c’est rude et délicieusement odorant. Des
enfants hirsutes poursuivent des chèvres. Des mauvais garçons baissent la tête
et cachent quelque chose de malhonnête sous leur pull - over troué.
Des odeurs de boue séchée, de manioc
bouilli, de crottins de cabris m’emportent très loin, très loin, au fond de
l’Afrique utérine.
C’est exactement ce que je suis venu chercher ici.
( Merci à www.tanzagri.blogspot.com/)
JAC, le 13 juin 2009
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