Sanchez, leçon 43
-
Ricardo Sanchez a repris sa place parmi les Grands d’Espagne et fréquente la Cour madrilène.
Il y a ses entrées, ses sorties officielles et dérobées, le gîte, la table et le couvert, quand il n’est pas à Cordoba dans son ancienne usine de Chocolates y Caramelos, récupérée à la canaille chocolatière et transformée en loft de luxe.
-
-
Il y a développé le Museo dos Chocolates y Caramelos Sánchez où s’exposent ses 478 ans d’aventures. Un vrai nid à poussière aux dires de la nouvelle maîtresse de maison.
-
-
Car il y vit le parfait amour avec la cantatrice Florbella Monsarraz Caballo y Castaflor, descendante lointaine de la « Casta » de son adolescence : an de grâce 1517. (Voir Il invente El Petardo, insecticide au Cañamo).
-
-
Ricardo et Florbella ne se sont plus quittés depuis un récital de la Diva où il l'accompagnait au violoncelle dans une succession de lieder de Manuel de Falla.
-
-
Une nouvelle carrière
sans chaise s'ouvre à lui
-
Le Roi lui a conféré la charge d’ambassadeur plénipotentiaire debout.
-
C’est ainsi qu’il fut envoyé à Cuba, dans le cadre du sommet des états hispanophones qui se tint à La Habana en 1980.
-
-
Il y représentait L'Espagne et avait été investi d'une mission diplomatique inédite : celle de pratiquer la politique de la chaise vide.
-
-
Madrid entendait bien montrer à Castro que si le Royaume condescendait à participer au sommet, il désapprouvait la doctrine collectiviste du Lìder Màximo, dit aussi XXL.
Le choix de Ricardo Sanchez fut salué par la presse spécialisée comme une très habile manoeuvre diplomatique d'intimidation pacifiste.
-
-
Depuis lors, les états emploient couramment la fameuse méthode de la chaise vide en tant qu’arme de dissuasion.
-
Des débats houleux
-
-
Castro restait sourd aux appels de l’Espagne à une démocratisation de l’île. Tant qu’il serait vivant, nul ne viendrait s’ingérer dans ses affaires intérieures, quand bien même les empêcheurs seraient estropiés !
-
-
-
Sanchez en prit pour son grade, mais il était roué au langage démocratique. Pendant les huit heures de discours ininterrompu du dictateur, il ne pipa mot, se contentant de hocher du sombrero.
-
-
Le lendemain des débats, Castro emmena Sanchez dans la célèbre Bahia de Los Cochinos où ils prirent un bain de foule.
-
-
Sanchez distribua des autographes à tout va.
-
-
Aussi, Castro ne voulut-il pas en rester là, sur ce triomphe incongru d'El Estropeado. A la fin du dîner d’adieu, il offrit un barreau de chaise à Ricardo Sanchez. Et l'on sait ce que le mot chaise peut avoir d'effet pervers sur le mental de notre héros, El Estropeado, Le Mal Assis, Le Sans Chaise...
-
-
Voici le dialogue savoureux qu’un correspondant du Mundo Diplomático a réussi à saisir sur son Nagra :
-
- Tome un cigarillo, Excelencia...
-
Comme il aurait dit "Prends un siège, Cinna et cesse de te plaindre"
-
- Muchas gracias, Excelentissimo Lìder Máximo, pero yo, fumo exclusivamente Belga por la pipa, importado de Bruselas. Totalmente a mano.
-
On imagine très bien la controverse cachée.
Les spécialistes du Mundo Diplomático l’ont analysé ainsi :
-
«En offrant un barreau de chaise à notre héros, XXL entendait blesser l'Espagne capitaliste à travers lui. D'un autre côté, le refus de prendre l'objet, par l'exécution d'un non-geste, fut l'expression diplomatique du fait que le différend hispano-cubain était désormais dans l'impasse. Il est vraisemblable aussi que le Lìder Máximo en voulait personnellement à Sanchez, dont l’effigie avait été portée en triomphe par une foule fanatisée par la figure mythique du Barbudo libéral venu de la lointaine Espagne».
Francisco Pisani
-
-
Aujourd'hui, faute de place, nous ne faisons pas figurer tous les mots nouveaux.
Retenez toutefois que le barreau de chaise en question n'est pas vraiment un cigarillo, mais un charuto. On notera encore la malice du Lìder Màximo qui joue de l'euphémisme comme il joue du coupe-cigare.
-
Hasta luego, muchachos !
-



Mi español estai mui malo, después del Mondo Diplomatico i el Pisani nada más hai para se poner en lo dente... hay que hablar con el Líder Maximo desta tienda e RECLAMAR!!!
Rédigé par: ana assunção | 27/03/2006 at 22:13