Sanchez, leçon 32

Rappel:
La CCS (les bons élèves le savent) est la Chocolates y Caramelos Ltda que Franco a confisquée pour la revendre à l'ICT, l'Internationale Chocolatière Transalpine.
Libéré des geôles franquistes en 1938, Sanchez émigre vers le Mexique. Grâce à la complicité de quelques fidèles, il s’embarque en qualité de graisseur diesel sur un cargo de son ex-compagnie, à peine repeint.
La traversée est atroce. Par deux fois, ils évitent de justesse les torpilles des U-Boot du Reich qui imposent leur domination dans l’Atlantique.
Mais le pavillon espagnol, hissé haut, reste leur meilleure garantie de neutralité active.
Il débarque à Vera Cruz. La ciudad a bien changé depuis 1528. Il dépose une brassée de bougainvillées au pied d’un building que par recoupements, il suppose être le lieu de l’hacienda où Malinche cultivait le cacao.
Exil, new deal et haricots rouges
Il fait la manche, utilisant son formidable capital musical.
Ricardo joue et Julio chante sur ses accents endiablés ou sur ses romances. A eux deux, ils gagnent de l'or à la sortie des églises de Vera Cruz.
Puis il monte à Mexico. Pour survivre, il continue d'y faire la manche en compagnie de Julio, jusqu’à ce qu’il puisse s’offrir deux caballos et une Winchester. Deux caballos, parce qu’il ne peut monter autrement que sanglé entre deux chevaux. (Cliquez sur les images)
Qui dirait que cet oeil infaillible, capable de repérer l'éclat métallique d'une arme cachée, a été opéré d'une cataracte?
Alors commence pour notre caballero une nouvelle vie de juste, qu’il consacre à la poursuite des bandits de grand désert, vêtu comme l’était « El Manco » (voir leçon 07), plus de trois siècles auparavant. Inlassablement, il poursuit sa quête de quelques poignées de dollars et cela, sous un soleil à vous fusiller les retinas à bout portant.
Le marché est surtout porteur tout au long de la frontière des USA où trafiquent maints desperados, gringos, illuminés de la gâchette et autres pilleurs de banques.
El Estropeado récolte ainsi de quoi manger tortillas, alubias rojas, bref, son chili con carne quotidien.
Entre deux poursuites de mécréants, il médite à loisir sur sa condition de pauvre et solitaire cow-boy déraciné. Il visionne le film de sa longue vie, ses heurs, ses malheurs, ses grandeurs et ses servitudes. Ses femmes passées et celles à conquérir, encore et toujours.
Coup de poker!
Sur un coup de poker, il gagne un hôtel de passes à El Paso.
Il le transforme en saloon et s’y refait une toute petite fortune. Il est vrai que dans le même temps, il s'est "fait" le trop fameux Sentenza, un tueur au coeur d'acier recherché par les Fédéraux.
100.000 dollars de plus vont ainsi gonfler les matelas de l'hôtel, déjà bien rémunérateurs.
Il apprend l’anglais d’Amérique, une langue simple faite de peu de mots* :
outlaw,
gun,
bullet,
fucking sun (or desert),
wanted,
dead or alive,
shut up!
Ou encore ce principe souverain de vie qui la lui sauvera plus d'une fois:
- Shoot, shoot, don’t talk !
Et pendant ce temps, la 2nd World War dévorera le Vieux Continent, l'Afrique et le Pacifique jusqu’en 1945.
Votre PLUS culturel
* Pour la compréhension de ces mots anglo-saxons qui composent le vocabulaire de base d'un coyote surdoué, veuillez vous reporter à votre
Homenaje
Un grand coup de sombrero à Sergio Leone et subséquemment à Clint Eastwood, Elie Wallach, Lee van Cliff, sans oublier en contrepoint la musique d'Ennio Morricone qui flotte dans tout ce billet.
Une pensée affectueuse au jeune Julio Iglesias, encore boutonneux. On le retrouvera bientôt, mais cette fois-ci mature, en compagnie de l'éternel Ricardo, tel qu'en lui-même l'éternité le change.
- Toi non plus, tu n'as pas changé...
Une main preste au dodu séant des trois grâces inconnues qui ont prêté leur concours au joyeux bordel sanchézien.






Il se refait, le bougre! Pas toujours très proprement, mais la fin (faim) justifie les moyens! Le pire à supporter, ça a dû être d'accompagner Julio, tout de même...
Rédigé par: Elvira | 27/04/2005 at 21:04
elle est intéressante la grosse à gauche
Rédigé par: jp | 24/04/2005 at 11:17