Leçon dédiée tout spécialement à J-P & Ann
Si vous avez manqué les cours précédents, rendez-vous au commencement.
1er novembre 1755. On ne peut pas passer sous silence le terrible séisme marin qui détruit Lisbonne et qui est ressenti dans toute la Péninsule Ibérique.
Les rescapés sortent à peine des décombres qu'ils sont fauchés par un raz de marée. Plusieurs vagues géantes déferlent successivement sur les quartiers bas de la ville.
Des milliers de morts. Sanchez contribuera aux secours et à la reconstruction de la cité dévastée.
1756. Il veut tourner la page, s'éloigner du malheur. Le commerce a repris ses droits. Il va entreprendre un grand périple méditerranéen à bord de sa goélette noire, « El Bacalao Leal ».
Objectif : Venise, avec une triple motivation, un voyage de noces, un acte de bravoure, de justice et d’amitié, une tournée commerciale.
Car El negocio es el negocio !
Il vient en effet d’épouser la très jeune Cécile de Volanges, qu’il a connue à Paris dans les salons de Madame de Merteuil. Là, il a aussi rencontré Giacomo Girolamo Casanova, brillant écrivain qui n’a pas oublié que Sanchez fut à l’origine de la réussite de Cervantes, « El Manco » (voir leçon 7). Les deux hommes se sont juré fidélité.
Or en cette année 1756, il se fait que Giacomo est prisonnier des geôles de la «Serenissime». Il est sous les plombs pour une affaire de ballets roses dans laquelle il s’est compromis avec deux religieuses patriciennes d’une puissante famille vénitienne et un ambassadeur ecclésiastique français.
C’en est assez pour Sanchez qui jure hacer justicia a Giacomo. Il cingle d’abord vers la Corse où il entend rendre hommage à Pasquale Paoli qui a su libérer l’Ile de Beauté de l’emprise des Gênois. N’oublions pas que la Corse à cette époque, fut la première au monde à se doter d’une constitution républicaine avec séparation des pouvoirs. La déclaration d'Indépendance des Etats Unis ne s'écrira que vingt ans plus tard, en juillet 1776.
El Bacalao Real hissant les voiles frappées de la Tête de Maure.
Sanchez en profitera pour implanter des ventas à Calvi, à Ajaccio et à Bonifacio d’où il repartira non sans avoir fait provisions de figatelli, de Jamon de jabali, de fromages Montatimu aux herbes du maquis, de Casgiu Merzu grouillant d'asticots gras comme des moines.
Et naturellement de clémentines, puisque tel était le voeu de Cécile qui les prétendait euphorisantes.On la comprend quand on en connaît la représentation par le pastelliste contemporain Patrick Martin.






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