L'espagnol sans peine
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El Libro, dans sa belle livrée cartonnée et cartonnante: - "Un jus d'enfer!", -
s'est écrié Pedro Aldo Movar qui envisage déjà d'adapter l'ouvrage à l'écran

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Un formidable livre vient de naître, sous le titre évocateur "J'ai appris l'espagnol sans peine". Il permet d'apprendre la langue espagnole en quarante leçons, avec une facilité déconcertante.
Il est signé Javier Jimenez, un jeune auteur promis à une belle carrière didactique de professeur hors normes.
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Pr. honoris causa Javier Jimenez pendant sa conférence de presse,
expliquant ex cathedra le pourquoi de Sanchez
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Sur le Zinc Bis l'a testé pour vous. Il vous recommande cet ouvrage remarquable, illustré de la main même de Javier qui n'entendait d'ailleurs pas un mot à l'espagnol, avant d'inventer sa méthode révolutionnaire, LA METHODE SANCHEZ, une idée folle, partie de rien pour aboutir à tout.
Javier Jimenez s'en explique d'ailleurs ainsi:
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"Au commencement, je ne savais rien"...
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"C'est vrai, j'étais aussi nul que vous. Je ne connaissais que Olé, aqui se habla español et atención a su velocidad et encore... j'avais longtemps cru que cette dernière recommandation routière signifiait « Prenez soin de votre vélocipède », ce qui, à l’orée du XXIème siècle, me semblait touchant de fraîcheur naïve, alors que toute l’Espagne roulait en 4 x 4 neufs Nissan Patrol et autres Mercedes.
Et puis, en recherchant des informations sur Ignace de Loyola, j'ai farfouillé dans les bibliothèques de Gipùzcoa, d'où le Jésuite était originaire. J'y ai découvert par hasard une montagne d'archives relatives à Ricardo Sanchez, sorte de Mathusalem des temps modernes, né en 1502 à Córdoba, mort tristement dans la même cité, le jour de ses cinq cents ans.
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Tout frère de lait d'Ignatius qu'il eût été, Ricardo fut hélas ignoré de l'histoire, sans doute parce qu'il souffrait d'une affligeante malformation qui dérangeait les bien portants. On l'appelait « l'Estropié », el Estropeado : Sans Chaise, comme son nom l'indique, ne savait rester qu'en position assise, où qu'il fût, quoi qu'il fît. On saura bientôt pourquoi.
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Insondable puits de science, il savait tout des choses de la divinement belle Péninsule. Tâtant de tout, il avait bourlingué au Mexique avec Cortés, bu le chocolat avec l'Infante, la future épouse de Louis XIV, bouté hors de Navarre le maréchal Soult, ridiculisé Napoléon 1er et trinqué dur sous Franco. La liste de ses hauts faits n'est pas complète, loin s'en faut.
Sa vie fut une succession de péripéties, d'inventions, de coups de gueule comme de coups de chapeau (il portait toujours un sombrero), exerçant tous les métiers, réussissant dans tous les domaines, y compris celui de la tauromaquia qui d'ailleurs, lui fut fatal.-
Bref, il fit de son existence exemplaire un véritable chef-d'oeuvre.
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Je vous dédie ces pages, afin que grâce à la méthode qui porte son nom, vous appreniez l'espagnol sans peine, comme j'ai eu le privilège de le faire et de le lui dire de vive voix, peu de temps avant qu'un toro ne l'emporte, a la cinco de la tarde».
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Javier Jimenez
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NOTE DE L'AUTEUR:
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Votre premier bilan de lecture s'annonce déjà bien:
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Hors leçon, sans vous en rendre compte, et grâce à la METHODE SANCHEZ "La más rápida", vous avez déjà appris:
Olé
Tout simplement, cela veut dire aussi Olé!
Voyez comme c'est facile:
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Continuez, c'est bien pour un début ! >>>>>>>>>>>>>>>>>
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"Comment j'ai appris l'espagnol sans peine ©" est déposé à la Société des Gens De Lettres (SGDL).
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Tous droits réservés.
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HORS NIVEAU
Lección 00............................................................................Leçon 00
Méthode Sanchez© :

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Vous avez dans les mains la plus originale méthode qui se puisse concevoir, non seulement pour apprendre l'espagnol, mais aussi pour pénétrer l'univers des espagnolades jusqu'au tréfonds de la péninsule.
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Vous découvrirez l'histoire de ce grand peuple fier, disséminé sur une terre presque plus vaste encore que la France où l'horizon se perd en blanches vibrations poudreuses.
Vous rencontrerez les Grands et les sans grade, les Sanchez et les San quelque chose. Vous vous initierez à la cuisine, à l'ail doré dans l'huile d'olive de Jaen, déglacée au vinaigre de Jerez.
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Vous serez plongé dans la saga du chocolat, de l'Empire Maya à l'Empire Mondial de la World Company. Vous ferez un bout de chemin avec des artistes, musiciens, cinéastes, peintres, poètes: Joaquín Rodrigo, Luis Buñuel, Salvador Dali, Federico Garcia Lorca (dont Dali disait qu'il scintillait comme un diamant fou). Et avec les femmes sublimes que Ricardo Sanchez a aimées en cinq siècles.
Bien sûr, cela représente un effort intellectuel auquel le DEUG ne vous a pas préparé. Mais libre à vous de passer les pages que vous jugez quelque peu hermétiques pour retrouver Philippe Douste Blazy, maire de Lourdes ou encore, Julio Iglesias, à la versification plus accessible. « Vous les femmes »...
La méthode que j'ai mise au point agit en douceur, à la manière de la pédagogie subliminale qui consiste à inculquer à un quidam une connaissance à son insu. Vous êtes ce quidam! Laissez-vous aller, nous ne sommes plus à l'école et Sur le Zinc va vous épargner le moindre effort.
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Au fil des pages, vous choisissez votre niveau, basic, médiocre, avancé, selon votre force réelle (ou alléguée) ou au gré de vos envies du moment.
Chaque leçon, abondamment illustrée, vous apportera votre content de mots, d'expressions.
Et au grand jamais, vous n'aurez à peiner sur la grammaire espagnole et ses verbes irréguliers déroutants. La Méthode Sanchez l'ignore comme la « Guitare Sommaire » du Maître Bobi La Punta ignorait les cordes du bas, pour se concentrer sur celles du haut, appelées basses.Fort colorée, la Méthode Sanchez© permet une assimilation fondée sur la mémoire visuelle. Le personnage est si attachant que vous vous identifierez à lui, reprenant à votre compte les principes moraux qui le gouvernent. En effet, bien qu’ayant été un grand entrepreneur, Sanchez a toujours su garder un fond humaniste et maintenir l’équilibre entre juste profit et juste rémunération.
Cette qualité rare est votre gage d’efficacité.
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HEUREUSES ETUDES D’ESPAGNOL !
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Remarque importante : les trois exemples ci-dessus vous montrent combien l'espagnol est simplificateur. Jamais vous n'aurez à vous poser la délicate question : faut-il un seul ou deux « F » à efficace? Ou encore deux « S », comme on se casse.
Et les accents ne sont jamais graves en espagnol! Toujours aigus (sauf faute de frappe). Facile, non ?
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ET MAINTENANT, PREMIERE VRAIE "LECCION"
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Un 2 novembre 1502, dix ans exactement après que Granada fût reprise aux Maures par Ferdinand V "El Católico", à l'issue d'un long et mémorable siège, une pauvresse convertie répondant au nom de Dolores Abenamar, perdit les eaux sur les marches de la cathédrale.
La Grenadine fut secourue par l'archevêque qui la fit transporter dans la sacristie.
Malédiction, elle portait un enfant sans père! Sin padre, c'est-à-dire conçu par n'importe qui. Il n'en fallait pas plus pour déclencher la machine judiciaire de la Sainte Inquisition espagnole. Elle était appliquée de fraîche date à Granada, pour tenir à l'oeil les nouveaux convertis, suspects par naissance: car en effet à cette époque de noirceur extrême, tous les Zylberstein, Einstein, Abdellatif, Atlan et autres Séfarades avaient été brûlés vifs par los Alumbrados à la botte du sinistre Tomás de Torquemada. Quelques-uns en avaient réchappé, dont sans doute cette Dolores pour laquelle l'archevêque, pour la blanchir, avait invoqué la possibilité d'une inmaculada concepción.
L'accouchement commença sous les auspices les plus funestes, en dépit des prières et des offrandes qui furent prodiguées en ce lieu saint où reposaient les rois catholiques d'Aragon et de Castille.
L'enfant se présentait par le siège.
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Le meilleur barbier andalou, originaire de Séville, pratiqua pour la première fois en Espagne Unifiée, une "incisión". Un geste chirurgical osé que l'on appellera en 1560 une "cesárea". Mais pour sauver le petit être qui apparaissait clairement comme étant de sexe masculin fort affirmé, il fallut sacrifier la maman sur l'autel de la Nativité.
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La "Cesarea" fut décrite bien plus tard
dans l'Encyclopédie (eau forte)
L'expulsion ayant cependant perduré, le nouveau-né fut victime de graves séquelles ligamentaires qui le maintinrent tétanisé du bassin aux genoux. On le baptisa illico et le nom de Ricardo Sanchez lui fut donné, en mémoire de la lignée de rois "Sanche" de Léon, des Asturies, de Navarre et de Castille.
Joli présage pour un nourrisson qui ne pesait pas cinq livres.
Il fut ensuite confié à la famille de Loyola, fort honorable au demeurant, attirée de sa lointaine et septentrionale province de Guipúzcoa par le nouveau climat politique de christianisation qui régnait au Sud sous la férule du couple royal Ferdinand et Isabel.
Ricardo grandit aux côtés de leur jeune fils Ignacio de Loyola, de onze ans son aîné. Les deux frères de lait eurent pour nourrice commune une certaine Maria Romana Loba Gonzalez, aux seins généreux.
Mais très vite, Ricardo affirma son goût pour la morue, l'ail gris et le chorizo de lomo auxquels on l'avait énergiquement frotté après son premier cri. Il en était d'ailleurs resté si imprégné, qu'à tout moment, on ne savait dire s'il avait "fait" ou non. On avait beau lui changer charpies et lingettes, le bougre empestait le peón quoi qu'il eût "fait" ou se fût abstenu de "faire".
On s'en doute, ses nourritures fortement carnées donnaient lieu à de pénibles corvées incantatoires, en dépit des doses de casse, de séné, de rhubarbe que sa brave nourrice lui administrait à défaut de clystère.
Hacer o no hacer, telle était l'éternelle question.
En revanche, sa complexion le prédisposait à éterniser la pause:
faire "chouchou alla turca", fût-ce pendant des heures, était le plus doux plaisir du bébé. Mais là n'était point sa tare la plus grave.
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Très tôt, il refusa et le giron et la chaise qu'il renversait dans des accès de colère terrible. Ignacio qui annonçait pourtant un fort caractère, en avait peur et se signait comme un bigot, dès que Ricardo envoyait valdinguer la nene-silla à abattant, garnie d'un boulier multicolore hérité des Mauresques.
Il préférait demeurer campé sur ses petons et s'y maintenir miraculeusement en quasi état d'antigravitation.
S'il n'eût pas été élevé dans une famille pieuse, on eût dit qu'il y avait de la sorcellerie dans son maintien.
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* Pour votre culture générale, retenez cette expression latine amusante qui signifie :
Salut Césarienne, ceux qui vont mourir te saluent!
Tu es déjà en RTT, profite de l’aubaine pour enrichir ton album d’images
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El Caudillo sur son zèbre perché:
on en reparlera dans la leçon 27 où, soumis à la question,
Sanchez envoie El Caudillo paître comme un chien
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Remarque importante:
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Dans cette leçon de "niveau basic grave", tu remarqueras dans le titre ci-dessous que nous avons employé ton langage. Ne trouves-tu pas que l'auteur est TROP pour un prof?
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Le petit Ricardo a toujours affirmé son caractère. Sa croissance rapide en fit prématurément un homme.
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A cinq ans déjà, il voulait être bombero.
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A quatorze ans et demi, on disait dans son entourage qu’il ramenait un peu trop sa fraise.
Mais tel était Sanchez : entier, tourmenté, inventif, rebelle, mais romantique avant l’heure.
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Aujourd'hui encore et sans violence, vous avez non seulement re-révisé le très agréable mot Recreaciòn , mais en plus, vous êtes entré dans l’histoire parallèle qui relate quelques anecdotes savoureuses entre Saint-François d’Assises et Sanchez, éternel chicaneur dès l’instant qu’on lui propose un siège.
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Nous sommes en 1517. Les parents Loyola sont morts. Ignacio est chef de famille, coiffé d'un tuteur, Don Juan Velasquez qui envoie les deux orphelins faire leurs humanités à l'Université de Salamanca. C'est làquélos, diront les historiens.
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Ignacio de Loyola n'était d'abord pas doué pour les études. Il préférait les voyages, les filles, les tavernes. Que se passa-t-il en lui? Soudain, il ne rêva plus que de Rome, de Yeru Salaïm, de Sinaï et d'Egypte. Mais il avait au moins gardé le sens des responsabilités familiales pour un rêveur. Il fit travailler Ricardo d'arrache pied, surveillant ses devoirs et veillant sur ses tentations.
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Car le bougre était en avance sur certains plans. Trop même!
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Les deux frères de lait logeaient dans la Calle de las Escuelas, chez Laeticia Castañuelas, une charmante bourgeoise de 34 ans, veuve d'un général très connu. « La Casta », comme Ignacio l'appelait avec mépris, était très attachée à ses pensionnaires estudiantes, surtout à Ricardo pour lequel elle ressentait une compassion toute particulière, au point qu'elle lui avait réservé une chambre contiguë à la sienne (et communicante), afin de mieux veiller sur le sommeil de l'orphelin. Ricardo s'agitait en effet beaucoup, au risque d'être gagné par une surdité précoce et par la tuberculose.
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C'est avec elle qu'il apprit la guitare, car elle en jouait fort bien. Elle était autant à son aise dans une pavane de Luis de Milán que dans les furieuses peteneras de la musique andalouse. Mais très vite, Ricardo suscita une jalousie incompréhensible de la part de l'autre garçon. Son demi-frère, Ignacio de Loyola (qui pourtant était loin d'être un saint), lui faisait la morale. Jouer de la guitare presque toute la nuit dans les jardins sous la lune, était un péché. Mâcher des fleurs de cañamo était un péché. S'enfermer à double tour dans sa chambre pour y boire de la manzana verde et « palmear y patear » étaient autant de péchés.
Bref, tout était péché comme descendre des mosquitos, créatures de Dieu en dépit des vilaines morsures dont Ricardo portait la marque violacée dans le cou, sur le torse et même au bas du ventre. On l'eût dit ponctionné par des sangsues.
Mauvaise langue, Ignacio prétendait que c'était le fait de La Casta, cette Goulue par le Diable envoyée.
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En perdant son innocence, Ricardo gagna en maturité
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Alors, pour avoir la paix et éloigner les moustiques, Ricardo eut l'idée de rouler des fleurs de cañamo dans du papier très fin et de les faire lentement brûler comme de l'encens, en aspirant régulièrement dans le tube ainsi formé, collé à la salive. Il les baptisa « petardo ». Mieux encore, il trouva le moyen d'en extraire une résine concentrée qui procurait une sorte de paradis artificiel dans la tête.
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Bientôt, le jardin de La Casta s'embellit de plantes aux feuilles dentelées qui produisaient la fameuse fleur, rapportée de Colombie par Christophe Colomb, justement. De ce fait, elles ne pouvaient pas être mauvaises!
La nouvelle de cet insecticide naturel se répandit chez les étudiants de Salamanca et cette pratique du petardo ne fit qu'accroître sa renommée.
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Les doctes jeunes gens s'assemblaient en rond et se passaient l'encens magique comme on se passe la rhubarbe, le séné ou mieux, un calumet.
L'élève Sanchez en tira une thèse de farmacia qu'il soutint brillamment avec la mention muy bien et les félicitations du jury. La pratique du petardo gagna bientôt les professeurs.
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Avertissement : cette leçon exige un niveau de culture générale qui n'est plus garanti par l'Education Nationale depuis 2001 (Loi Jack Lang "De Vacuum et circences"). En cas d'obscurités récidivantes dont vous ne sauriez être tenu pour responsable, consultez <G1Trou.com>
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C'était en 1519, Ricardo avait juste dix sept ans. Il avait embarqué sur une caravelle à destination de Vila Rica de Vera Cruz, pour y rejoindre Cortés, fondateur de cette première ville du Mexique.
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Cortés l'engagea (bien qu'il fût estropié) comme conseiller privé. Car Ricardo ayant étudié la science politique, en plus de la pharmacie à l'Université de Salamanca, il pouvait lui tenir lieu de secrétaire particulier et de guérisseur. Et Cortés qui avait fait Arts et Lettres à Salamanca, justement, avait jugé amusant de retrouver un cadet. Déjà l'esprit "Grandes Ecoles"!
La tâche était ardue. Il s'agissait de conquérir un immense territoire avec très peu d'hommes. Mais l'incroyable se produisit.
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Récit :
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Ils furent reçus comme des dieux par l'empereur aztèque Moctezuma qui crut voir en Ricardo Sanchez, la réincarnation d'un dieu jardinier mythologique, le serpent à plumes «Quetzalcoatl», expert en cacaoyers et qui avait filé à l'anglaise pour une sombre histoire d'honneur. La conversation fut chaotique en dépit des soins d'une traductrice simultanée, formée sur le tas au débotté et donc, comme vous, de niveau « basic ». Son nom était « Malinche ». Retenez bien son nom. Les Espagnols l'avaient baptisée Doña Marina (ci-dessous). Plus qu'interprète, elle était leur agent de renseignements.
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Ah comme il avait bon goût ce Sanchez!
Voyez-vous toute la sensualité qui se dégage de ce visage?
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Moctezuma fit quérir deux sortes de demi noix de coco, des cabosses, remplies d'un liquide épais de couleur brun foncé. Ils burent.
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Cortés au palais de Moctezuma, recevant une bolée de txocoalt, le futur chocolat. On remarque Sanchez en second plan, coiffé d'un sombrero émeraude et à gauche, Doña Marina (flèche) qui n'était encore que « Malinche ».
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Cortés qui était mal embouché recracha.
- Puta de gringo rojo, es una mierda!
Doña Marina répliqua, hautaine :
- No es una mierda, su Excelencia, es txocoalt * !
- Choco qué? Répond Cortés exaspéré.
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Fresque de Diego Rivera
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Le jeune Ricardo Sanchez quant à lui comprit instantanément. Il est vrai qu'il couchait en secret avec Doña Marina qui papotait sur l'oreiller de fèves, de cabosses, de torréfaction. Spontanément, prémonitoirement, il saisit au vol l'énormité de l'enjeu que représentait ce txocoalt, amer comme du fiel, mais améliorable.
Il avala sans piper.
On lui en redonna.
Il ne vomit pas à l'instar de Cortés qui sous des allures de gros dur, cachait une nature de fiote.
Sanchez sut à l'instant qu'un jour, en el pais y más aliá, il serait Emperador dos Chocolates y Caramelos Sanchez, de Grenade à Bayonne (Baïona).
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Cortés
Moctezuma fut ravi, comme le montre cette fresque du talentueux peintre muraliste mexicain, Diego Rivera. Il ne s'intéressa plus qu'à notre héros, ce qui vexa Cortés, amoureux fou de Malinche, mais en secret. Déjà vieux, laid, il n’avait aucune chance auprès de la belle. Il se mit à haïr Sanchez et décida de liquider cet empire païen, vautré insoportablemente sur des montagnes d'or, alors que Charles Quint en avait tant besoin pour irriguer ses vaisseaux et lui procurer de l'avancement. Hernan Cortés visait en effet le trône de Gouverneur de la Nouvelle Espagne.
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L'affaire sera réglée l'année suivante en deux coups de mousquet, de sabre et de choléra. Toutefois, les Espagnols subiront de cuisantes défaites, telle la "Noche Triste" (gravure du XVIe ci-dessus).
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Une erreur informatique nous a fait involontairement traduire "puta" par "la plus rapide", ce qui reste vrai dans un sens. En fait, il faut traduire par femme de mauvaise vie, gourgandine, traînée ou s...
* En aztèque dans le texte
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Elle était belle, Doña Marina, alias "Malinche". Belle d'une beauté cuivrée introuvable sur le vieux continent. Sans le savoir, elle était la souche de la Nouvelle Espagne.
Sanchez l'aimait. Elle ne l'aimait pas. Mais pour survivre, elle avait besoin de sa protection, car Cortés, (le démon l'habite) n'en démordait pas. Et Sanchez, lui, avait besoin de txocoalt. Malinche en connaissait tous les secrets. Ils firent donc un marché:
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…lui dit-il solennellement...
Et elle fut princesse,
ce qui mit Cortés dans le 36e dessous
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Près de Vera Cruz, la hacienda produisait. Les peònes récoltaient et les fèves s'engrangeaient, déduction faite des quelques unes qui servaient de salaire. Car pour les Indiens, la fève était monnaie chocolat. Ils se contentaient de peu. Delà l'expression "ça m'a coûté trois haricots"...
Sous ce climat béni, un bol de txocoalt et hop ! ils avaient dîné.
Sanchez expédia des cargaisons de habas, de pleins galions depuis Vera Cruz, à destination de Cadix.
Fortune faite, Sanchez organisa son retour en 1528, dans le sillage de Cortés qui avait des comptes à rendre au Saint Empire hispano-germanique.
Il en avait assez de faire l'armador et le cornudo. Il voulait être txocoaltier, fundador, banquier, manufacturier, constructeur naval...et père de famille.
Il venait d'être dit à Rome que les Aztèques avaient une âme. In extremis, Sanchez fit convertir Malinche au catholicisme et la maria à un jeune prince, lui aussi converti. Le père Juan Pedro Mariell de Las Casas, humaniste bien connu, célébra leurs noces à Vera Cruz en la chapelle del Cristo del Buen Viaje.
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Le contrat stipulait, à peine de nullité du lien, que les époux fourniraient 100 000 sacos de fèves par an. C'était le prix que Cortés avait exigé pour que Malinche ait la vie sauve, après qu'elle l'eût giflé pour une main preste. Affaire entendue. D'ailleurs, la hacienda produisait le triple. La belle était gagnante et son prince aztèque somptueux.
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Pour Sanchez, l’affaire était dans le sac. Dès son retour à Cadix, il s'empressa d’organiser son commerce d’importation et de transformation. Ainsi allait naître la plus formidable aventure de l’histoire industrielle, réunissant deux continents distants de milliers et de milliers de lieues, grâce aussi à la vitesse des communications. La route était tracée, il suffisait de la suivre au train des caravelles. Un message ne mettait pas plus de six mois à traverser l’océan.
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Les choses n’étaient pas gagnées pour autant. Il fallait stabiliser le pays producteur où s’activaient de très braves peònes dans les splendides champs de cacaoyers luxuriants. C’est alors que Sanchez eut l’idée de fomenter une cabale contre Cortés, afin de lui faire perdre de son crédit auprès de Charles Quint.
Mais il fallut attendre 1535 avant qu'il soit définitivement grillé et dans l'obligation de remettre le pouvoir au premier vice-roi de Nouvelle Espagne, Antonio de Mendoza. Dès lors, tous les espoirs furent permis au jeune fundador.
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NOTE IMPORTANTE:
A propos de savoir si les Indiens "avaient une âme", G1trou.com vous recommande la lecture de "La Controverse de Valladolid", splendide pièce écrite par Jean-Claude Carrière. Voir ou revoir le non moins splendide téléfilm du même nom avec Jean Carmet, Jean-Pierre Marielle, Jean-Louis Trintignant. Réalisateur, Jean-Daniel Verhaegue.
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Dès son retour à Grenade en 1528, Sanchez mène rondement les affaires, nanti des doublons du txocoalt. Il fonde une première txocoalterie à Séville où il s'établit en son nouveau château, puis à Cordoba, Madrid, Iruña (Pampelune) et Baïona (Bayonne), créant une via dorada du cacao, tête de pont d'une grande route qui visait le Nord.
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Pendant quarante ans de sa vie, il fut perpétuellement en voyage, inaugurant ici, négociant des terrains, construisant là. Il fit venir des trabajadores portugais, gens courageux, bons maçons, honnêtes, serviables et fort pieux.
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Trabajador portugués mirant les fèves
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Il fit venir enfin de leurs montagnes des emigrantes suisses, gens pauvres, mais sérieux, précis, pondérés et travailleurs, quoique passablement lents à la besogne.
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>
Suisse pilant les fèves à son rythme
en dépit des cadences admises dans l'OST:
L'Organisation Scientifique du Travail, alors naissante
aux Amériques. Le "travail à la traîne" ("soldiering"),
sera fustigé bien plus tard par Frederick Winslow Taylor,
en 1911, dans "The Principes of Scientific Management".
Mais à leur décharge, les Suisses n'avaient pas encore inventé ni
l'eau chaude, ni le chronomètre.
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Le txocoalt devint chocolate, plus facile à prononcer. Il commença de subir des transformations plus au goût des Espagnols, par adjonction de pimientos, puis il se fit dur, croquant, feuilleté, vanillé, sucré, fourré, exquis, plus fin au palais des grands du Saint Empire.
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Pimientos
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Le succès fut tel que Charles Quint octroya à Sanchez la charge de Tendero dos Ultramarinos del Rey. Grand Chocolatier à vie, il fonda dès lors la Compagnie « Chocolates y Caramelos Sanchez », fournisseur exclusif des cours de Madrid, de Flandres & de Bourgogne, d'Allemagne et d'Autriche.
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Un parchemin qui valait de l'or, bien qu'il fût écrit en espagnol de cuisine, car Charles Quint, né à Gand (1500), ne barguignait que le Flamand qui n'était pas une langue, mais plutôt une maladie de gorge.
Il disait notamment, à propos de Sanchez,
"No huebo Principe en Sevilla que compararsele pueda
Ni chocolate como su chocolate".
Il n'y eut de prince à Séville qu'on puisse lui comparer,
ni de chocolat comme son chocolat...
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Le chocolat dans toute sa splendeur:
Boule à torréfier, cabosse, fèves, divine poudre
Photo Mario Gueneau (Pau) pour la Chocolaterie Blasco à Bizanos
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Tous les travailleurs, y compris Sanchez, y trouvèrent leur compte. Tout ce que le sud de la péninsule comptait de Juifs séfarades, se lança dans la grande aventure du chocolat, un des rares domaines qui leur était encore permis. Boutés hors par la Sainte Inquisition, ils émigrèrent à leur tour vers Bayonne Saint-Esprit, leur quartier réservé. Chocolates y Caramelos contribua largement à ce brassage de peuples.
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Les résultats furent éloquents. Sanchez en fit dresser un tableau par le grand astronome Copernic. Il choisit ce savant pour la seule raison qu’on disait ses profits astronomiques.
Pour vérifier les calculs du Polonais, il fit appel à Michel de Nostre-Dame, dit Nostradamus, qui lui prédit un bel avenir industriel et commercial.
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Salut, Je suis Jamil Marc,je vis en floride ou il y a beaucoup pour ne pas dire trop d'espagnol. Je suis Americain et j'aimerais apprendre l'espagnol a travers ton livre en Francais. Comment pourriez-vous m'aider a elever ce defi?. J'attend votre reponse comme une terre poussiereuse qui a besoin de pluie. Je compte sur vous merci.
Jamil Marc
Rédigé par: Jamil Marc | 09/03/2008 at 18:37
ça s'achete où ce livre ?
la méthode sans table ?
Rédigé par: jp | 11/09/2006 at 22:29
Revisitant ton improbable SANCHEZ je me demande si tu as ou pas édité toute l histoire ? J imagine que nenni .Alors que faire ? Le prosélytisme sanchérien exacerbé n a pas de solution face a une imprimante en permanente rade et pas seulement de brest.As tu quelque idée sur le sujet? Q une pluie de bises te submerge.SABLAR
Rédigé par: sablarissime del sablar | 17/01/2006 at 20:16
Revisitant ton improbable SANCHEZ je me demande si tu as ou pas édité toute l histoire ? J imagine que nenni .Alors que faire ? Le prosélytisme sanchérien exacerbé n a pas de solution face a une imprimante en permanente rade et pas seulement de brest.As tu quelque idée sur le sujet? Q une pluie de bises te submerge.SABLAR
Rédigé par: sablarissime del sablar | 17/01/2006 at 20:16
Suis encore sin respiracion.Il faut palmear à ce travail herculéen! 6 leçons, des notes maintenant yo vais tacher de hablar par moi-même...mais le basic grave est qd même un peu dur pour moi, trop de complicacions.
Rédigé par: ana assunção | 31/05/2005 at 22:07
Sur 8 à 10 heures de temps quotidien consacré à mon employeur, je n'apprends strictement rien. Comme cela me révolte, je cherche à mieux passer mon temps, sur ce blog par exemple. Peut on en déduire que si j'apprends de l'espagnol, de l'histoire, ...etc..., cela est bénéfique pour l'entreprise ? Si oui, jusqu'à combien d'heures par jour peut on passer à se cultiver sans :
a)nuire à l'entreprise
b)se sentir coupable au point d'aller à confesse
Peut on considérer ce blog comme outil de formation continue ? Dois-je en déduire que j'ai un job en or puisqu'il me permet d'accéder librement et gratuitement à un enrichissement culturel ?
Rédigé par: Joao | 14/10/2004 at 09:54