29/04/2008

Maison à vendre en Alentejo

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Ancienne maison de ville restaurée, sise à Alcácer do Sal, charmante localité du Portugal sud, en Alentejo. Quartier haut, dit historique, vue sur le Rio Sado. Commerces d'alimentation à quelques mètres (boulangerie, pâtisserie, épicerie, fruits & légumes, banque).

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26/01/2008

House for sale in Alentejo

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Sado river

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Charming renovated house for sale in the Alentejo town of Alcacer do Sal, in the the south of Portugal. Situated in the historical part of the city near the Pousada with a view of the Sado river.

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10/12/2007

Splendeurs da Costa Alentejana

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On en revient toujours à l'essentiel, à la phrase sacro-sainte:

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"Homme libre, toujours, tu chériras la mer"

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Baudelaire

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Le mot s'applique parfaitement à la côte alentejane, la Costa Alentejana qui va d'Odeceixe à Sines, cette dernière étant exclue de la beauté pour cause d'industrie. Des terminaux pétroliers, il en faut, parfois, mais ce n'est plus notre rayon.

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23/06/2007

Splendeur de Carrasqueira (2)

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Eh bien non, ce n'est pas Carvalhinha que j'ai entrepris de peindre, mais Flor do Alto. Carvalhinha ne perd rien pour attendre. Comme l'autre, il est pointu de proue et rouge de figure. Son étrave effilée se mire dans l'eau et s'y magnifie. Les rouges se saturent dans la lumière et virent au vert cul de bouteille dans l'ombre.

Les pilotis ont la tremblante. Curieuse nature à l'imagination fertile, toujours surprenante, car à moins d'être enfiévré d'absinthe jusqu'au délire, nul ne saurait inventer ce que Carrasqueira invente.

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Moi, je n'invente rien, je constate et je témoigne.

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Flor do Alto. Acrylique JCP sur canevas toilé 40 x 35 cm

Disponible à la vente. Conditions, voir Galerie "Marines"

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20/04/2007

Splendeur de Carrasqueira (1)

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ou esplendor de Carrasqueira

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Splendeur parce que Carrasqueira est um porto palafitico, un port sur pilotis comme on n'en voit plus guère, habité de pêcheurs artisanaux, équipés de barques plutôt que de bateaux. Ils représentent typiquement ce que l'Europe, dans sa grande mansuétude pour les gagne-petit, voudrait faire disparaître au profit d'une pêche industrielle "compétitive". Des mots qui riment mal avec poésie.

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Splendeur, parce que Carrasqueira, joyau de la Baie de Setùbal est une de mes sources principales d'inspiration marine.

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Duas Irmãs, une barque emblématique, peinte encore au temps où elle pétait le feu sur fond de vase à marée basse. Mais Duas Irmãs ne se bonifie pas avec l'âge. Tout comme nous, pauvres pêcheurs...

Acrylique JCP sur toile de lin brut 130 cm x 89 cm. Disponible à la vente. Conditions, voir Galerie.

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17/01/2007

Sanchez, leçon 50, La Muerte

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Resumen

Ricardo Sánchez, Grand d'Espagne, né en 1502 dans des conditions douloureuses et condamné à vivre assis, mais sen silla, n'en traversera pas moins de cinq siècles au cours desquels il aura tout connu, tout entrepris, depuis l'industrie des fameux Chocolates y Caramelos Sánchez jusqu'au Coche a Brazos en titane, en passant par la tauromachie à laquelle il aura tout donné.

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Avertissement :

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Attention ! Cette leçon est dure à supporter. Nos aînés ont une telle longévité qu’ils nous habituent et nous font croire à leur immortalité. Et puis un jour, crac ! Ils tirent leur sombrero et disparaissent en coulisses comme des voleurs de bon vieux temps (NDR).

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Adiós Estropeado!

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502 ans, le bel âge pour un mortel, un hidalgo de la plus belle extraction!

« El Estropeado », L'Estropié, le tétanisé ligamentaire, de son vrai nom Ricardo Ignacio Sánchez Meiji, était de toutes les belles affiches dorées où s'inscrivent en lettres de feu les Niño, Nimeño, El Cordobés. Il avait tout inventé de la furieusement belle Espagne, du chocolat au Coche a Brazos, des Bars à Tapas à la tauromachie hiératique, bassin immobile.

On le vénérait comme une divinité depuis qu'il avait foudroyé le Toro Minotor, dit El Invencible, à l'issue de furieuses et majestueuses passes, dans le style le plus éclatant, mais aussi le plus inattendu du répertoire. A las cinco de la tarde.

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En cliquant ICI, vous pouvez gagner 50 leçons gratuites

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24/11/2006

Sanchez, leçon 49: interro

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Interrogation écrite

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Eh oui, c'est le privilège suprême du prof' (peut-être le dernier, d'ailleurs) .

Le bon vouloir du prof est un droit sacré ! Alors aujourd'hui, pas de cours, mais un devoir de contrôle surveillé. Et j'aime autant vous prévenir que pour les élèves dont les notes seraient insuffisantes, il y aura des sanctions!

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– Taisez-vous Dombasle, vous ennuyez vos camarades avec vos gloussements de pintade !

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Et vous Bouygues, éteignez votre portable. Non mais!

Bouygues_opt

- Votre père a racheté Orange? Veux pas l'savoir !

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– Entrez !

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Evidemment, Festina est encore en retard. Votre grand'mère s'est encore fait voler son vélo? N'est-ce pas Festina?

Ah, elle est morte? Désolé Festina. Assoyez-vous.

La prochaine fois que votre grand'mère mourra, arrangez-vous pour être à l'heure quand même.

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– Bon. Silence Alubias et vous aussi, Judias-Verdes ! Vous vous croyez où?

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(La classe, en choeur)

- Fayots! Fayots!

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11/10/2006

Sanchez, leçon 48

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Cliquez ICI

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Sanchez sent qu'il est temps de montrer à l'Espagne tout ce qu'elle lui doit depuis cinq cents ans.

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Si ce n'étaient que le chocolat, les douceurs et les bonbons ! Il y eut aussi les femmes, les tapas, les bars debout, le Ricardo, l'offrande à Marie-Thérèse, l'envol de la Demoiselle, la brouette espagnole et la tauromachie.

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Les bons élèves qui ont eu le privilège d'apprendre cette magnifique langue avec l'aide providentielle de la Méthode Sanchez, savent de quoi parle le professeur.

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21/08/2006

Sanchez, leçon 47

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Cliquez ICI

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Notre héros est dans une forme éblouissante. Il peut se flatter d'être l'unique être humain au monde, capable de fêter ses cinq cents ans, sans une once de gras, sans une quelconque chute de vitalité. Car toujours veuf de quelqu'une, Sanchez n'est jamais resté emprunté.

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C'est à Marbella qu'il choisit de célébrer son jubilée astronomique (10 fois 50 ans). Mais auparavant, flashbackons*, autrement dit, remontons le temps.

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Statue de bronze érigée à Salamanca (1562) dans la Calle de las Escuelas, à la gloire de Sanchez. Le sculpteur l'a exceptionnellement représenté en pied. Sanchez tient à la main son diplôme de docteur en farmacia (mention Muy Bien).

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Rappel des faits

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Que les bons élèves, soucieux de culture ibérique, se réfèrent à la leçon 32

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Fraîchement libéré en 1938 sous caution (3,750 milliards de ptas) et sans un sou en poche, Ricardo Sanchez émigre au Mexique où il espère quémander un vague emploi auprès de Luis Buñuel, lui-même émigré dès 1935. Et puis, ayant vu passer de trop près le spectre de la mort, il éprouve le besoin de faire un pèlerinage sur ses propres pas, histoire de retrouver le bon vieux temps de ses vingt ans, du txocoalt et de la Conquête espagnole.

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12/06/2006

Sanchez, leçon 46

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Rentrant de Toulouse où il avait tenu à explorer la « Via Tolosana » qui mène à Compostelle et saluer le Grand Nougaro avec lequel il fit un boeuf, Ricardo Sanchez se surprit à avoir attrapé l'accent de la Ville Rose.

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Entre le Flamenco et la Java

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Une chose l'intriguait entre toutes.

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Les Toulousains, comme tous les genses du Centre-Midi-Pyrénées réunis, de Capdenac à Perpignan, ajoutaient toujours le mot « avec », (con en espagnol), à chaque chute de phrase.

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- Avec, avec...con, con, con, pero con qué?

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10/06/2006

Sanchez, mettons-nous à jour

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En ayant fait l'impasse sur cinq siècles d'histoire ibérique, certains élèves légers et paresseux qui se complaisent dans l'Incuriosité, risquent l'échec scolaire et un retour au pied de la cage d'escalier, voire en zone non contrôlée.

Il est encore temps de rattraper le cours en cliquant AQUI.

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Aucune excuse ne sera prise en compte le jour de l'examen final.

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02/06/2006

Sanchez, leçon 45

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Sanchez n'avait pas aussitôt lancé son Coche a Brazos qu'il se mettait en tête de pratiquer le rugby, afin de tester sa virilité pugnace qu'il croyait émoussée par près de cinq cents ans d'existence fort remplie.

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Il pratiquait toujours avec brio la tauromachie (Grenade, Dax, Bayonne, Mont de Marsan), mais son ami Sablarissime del Sablar, natif de Decazeville en Aveyron, le tarabustait depuis des lustres pour qu'il tâtât du ballon ovale et se mesurât aux pointures, en dépit de sa tétanisation ligamentaire qui en faisait un nabot.

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On reconnaît ici Sablarissime del Sablar préparant activement une rencontre rugbystique dont Sànchez sera la star.

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02/05/2006

Sanchez, leçon 44

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Recreación pedagógica en BD

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Ce 29 juillet 2001, sur le circuit de Madrid, Ricardo Sanchez dévoile à la presse un nouveau mode de locomotion, issu de sa propre invention. Une voiture d'une étonnante intelligence, en totalité affranchie de pièces mécaniques et fonctionnant à l'énergie musculaire, dénommée:

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07/04/2006

Sanchez Recreación

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Vacances d'avril

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Profitons du fait que les étudiants sont dans la rue pour nous accorder, à nous aussi étudiants de l'Ecole Permanente, une petite pause.

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13/02/2006

Sanchez, leçon 43

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Ricardo Sanchez a repris sa place parmi les Grands d’Espagne et fréquente la Cour madrilène.

Il y a ses entrées, ses sorties officielles et dérobées, le gîte, la table et le couvert, quand il n’est pas à Cordoba dans son ancienne usine de Chocolates y Caramelos, récupérée à la canaille chocolatière et transformée en loft de luxe.

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Il y a développé le Museo dos Chocolates y Caramelos Sánchez où s’exposent ses 478 ans d’aventures. Un vrai nid à poussière aux dires de la nouvelle maîtresse de maison.

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Car il y vit le parfait amour avec la cantatrice Florbella Monsarraz Caballo y Castaflor, descendante lointaine de la « Casta » de son adolescence : an de grâce 1517. (Voir Il invente El Petardo, insecticide au Cañamo).

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Ricardo et Florbella ne se sont plus quittés depuis un récital de la Diva où il l'accompagnait au violoncelle dans une succession de lieder de Manuel de Falla.

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Une nouvelle carrière

sans chaise s'ouvre à lui

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Le Roi lui a conféré la charge d’ambassadeur plénipotentiaire debout.

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03/01/2006

Sanchez, leçon 42

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Mais comme Typepad est parfois capricieux avec les liens images, cliquez ICI si la tilde ne s'active pas.

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Il l’avait dit :

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- Je veux faire une rentrée fracassante en Espagne !

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Il l’a fait.

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Il fracassa.

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Il fit pleurer le roi Juan Carlos qui versa des larmes de bonheur sans souci du protocole royal.

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- Eres el más grande artista de todas las épocas!

Soy orgulloso de ti!

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Depuis Monsaraz, on le sait, Sanchez avait travaillé le violoncelle, tout en surveillant son officine de chocolats fourrés (voir leçon 41). La pratique de la guitare ne lui avait donc pas suffi, il avait fallu qu’il travaille le noble instrument à voix humaine jusqu’aux limites de la tessiture des boyaux.

C'est ainsi que le vit Salvador Dali, accouru tout exprès à l'Auditorio Las Rozas Joaquin Rodrigo, avec son carnet d'esquisses, son fusain y Gala.

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21/12/2005

Sanchez: hasta luego !

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A la rentrée de 2006,

le retour triomphal de Sanchez

en terre espagnole

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Arriba ! Arriba !

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A ne manquer sous aucun prétexte. Nulle excuse ne sera recevable.

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22/11/2005

Sanchez, leçon 41

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Nous sommes au printemps 1975. Sanchez s’est établi sur un nid d’aigle, à Monsaraz au Portugal. Il pense que Francisco Franco Bahamonte ne passera pas la Noël. Et il n'a pas tort. Les bulletins de santé sont funestes (mais pas pour tout le monde). Madame Soleil a prédit que ce serait pour fin novembre, par là autour. Mars est mal placée sur la route de Pluton.

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Il fabrique des chocolats en petite série, mais il travaille aussi son violoncelle, car il a dans l'idée de faire une rentrée fracassante en Espagne, dès que Franco sera tout à fait mort. Juan Carlos l'y encourage vivement.

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De là-haut, il a une vue exceptionnelle sur l’Espagne interdite. Pour un temps, il a pris l’identité de Ramirez. Avec une poignée de compagnons d’exil, il arrange un petit laboratoire clandestin où il fabrique des copies de « Schokolade Olé », répliques exactes des produits de l’ICT, l’Internationale Chocolatière Transalpine qui l'a fait tant souffrir en 1938, lorsque l’empire de Sanchez a été confisqué par le Caudillo, puis bradé à l'ICT.

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"Derrière cette usurpation, quatre siècles d'histoire chocolatière vous contemplent" dira Jorge Semprun, alors devenu ministre de la culture dans le gouvernement Felipe Gonzales qui précéda celui Bob Aznar, dit le garçon coiffeur, rapport à sa moustache qu'il avait fort vilaine.

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Mais c'est un autre feuilleton.

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23/10/2005

Sanchez, leçon 40

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Oui, tout ceci n'est que fado. Dès que Ricardo Sanchez eut vent de la Revolución de los Claveles, il s'en fut à Lisboa le 28 avril 1974, soutenir la cause démocratique, portée par un courant favorable. Les têtes d'affiches fascistes venaient de chuter comme des fruits pourris:

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Rappel historique

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En levée de rideau noir, le premier ministre espagnol, Carrero Blanco, avait été explosé et catapulté par delà un immeuble de cinquante étages le 20 décembre 1973.

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L'amiral Carrero Branco faisant prémonitoirement l'apologie de la silla de eyección.

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Opération catapulte réussie

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04/09/2005

Sanchez, leçon 39

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Incorrigible Sanchez !

A 468 ans, rien ne l’arrête !

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On remarquera "El Niño", au bas de l'image, au centre qui ne perd pas une bouchée des savantes bottes secrètes de Sanchez.

Incorrigible Sanchez ! Adulé, écouté, il se permet encore, non seulement de conseiller, d'enseigner, mais aussi de revêtir l'habit de lumière, d'entrer dans l'arène et de terrasser le taureau à Bayonne, dans les années 1970.

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Il s'en est justifié ainsi:

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Qu’ai-je à perdre, moi qui ai connu Charles Quint, Cortés, Henri IV, Louis XIV, l’Infante, Eugénie de Montijo, De Gaulle ? Moi qui ai fait découvrir mes Chocolates y Caramelos à toute l’Europe gourmande ?

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19/07/2005

Sanchez est en vacances

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Merci Stéphane Beillard (Pegase Airshow) pour le Bücker et merci à Osborne pour le toro.

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Le cours est suspendu momentanément, mais cela ne vous dispense pas de réviser vos 38 leçons.

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Bientôt, on réattaque sur Le Miracle Economique espagnol, la fin du Franquisme (car il y a une fin à tout).

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Joyeuses vacances à tous et heureuses révisions d'espagnol !

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14/07/2005

Sanchez, leçon 38

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Il faisait bien chaud à Paris.

De Gaulle ne s’était pas méfié de Sanchez, cet « enano ». Il était tout à la grandeur de la France, sur terre, sur mer et dans les airs.

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Aux premières alertes de ses conseillers, il avait haussé les épaules et laissé notre héros à ses petits jeux de potier et de peintre, à ses copinages dérisoires avec le monde des saltimbanques.

La DST, les services secrets, " La Piscina " même s’en étaient désintéressés. Jacques Foccard, l'éminence grise du Général, avait d’autres chats à fouetter avec l’Afrique, la décolonisation. Bref, Sanchez passait inaperçu aux yeux du Pouvoir. C’était sans compter avec les forces souterraines qui gouvernaient l’avenir.

Car on commençait de s'agiter fort à Paris, dans le métro, aux halles, dans les facultés, à Jussieu, à l'Odéon, Boulevard Saint Germain.

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28/06/2005

Sanchez, leçon 37

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Cette leçon a été volontairement déclassée en niveau médiocre à la veille des vacances. Ne nous y trompons donc pas. Elle recèle une charge affective considérable.

RAPPEL HISTORIQUE

En 1936, Ricardo Sanchez a perdu toute sa fortune, on l'a dit, ses biens considérables ayant été confisqués par le pouvoir franquiste, en échange de sa grâce.

Ils ont été revendus au grand capitalisme de l'Internationale Chocolatière Transalpine, sous la marque Chocolats « Olé ».

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Autant dire que les chocolats Sanchez ont été refondus pour en faire des canons au-delà de Schaffouse et des chutes du Rhin, de Stalingrad à Tobrouk.

Mais où en est notre héros?

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12/06/2005

LIBRES !

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En ce dimanche 12 juin 2005, rien, absolument rien ne nous importe plus que cette nouvelle inespérée, improbable.

10/06/2005

Sanchez, leçon 36

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Avertissement

Cette leçon exige un réel effort de compréhension très au-dessus de la moyenne.

Les mots difficiles sont soulignés. En cas de céphalée persistante, rincer la tête à l'eau froide et consulter G1trou.com. Si aucun résultat, passer à la leçon suivante.

On l'a déjà évoqué, Ricardo est un intime de Dali depuis le tournage du Chien Andalou en 1928 (voir leçon 27).

En 1965, Dali a entrepris de peindre la Gare de Perpignan, une oeuvre titanesque qui est l'aboutissement de ses recherches sur l'anti-matière, la physique quantique et l'acide désoxyribonucléique.

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Dali a besoin d'un modèle hyper-surréaliste capable d'entrer par levitación dans la troisième dimension de ce tableau majeur, caractéristique de sa manière du moment qu’il qualifie de manière « Pop Op Yes Yes Pompier », formule absconse qu’il est d’ailleurs seul à comprendre.

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30/05/2005

Sanchez, leçon 35

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1956. Juan les Pins.

Sanchez mène une vie d’artiste dans son mas : couche tard, fiesta, bamboula, jazz, bœufs & trepidación avec le gratin du spectacle, des arts et des lettres.

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Cliquez sur l'image, vous y verrez plus clair

Franco n’en finit pas de vieillir, mais tient toujours debout. Il a 64 ans, la fleur de l’âge pour un inamovible.

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08/05/2005

Sanchez, leçon 34

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Un certain Pablito Ruiz au regard d’une étonnante intensité débarque à Vallauris en Citroën (traction avant 15 chevaux immatriculée 75), accompagné d’une splendide jeune fille.

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La scène se passe sous les marronniers en 1955.

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- Toi Español ?

- Si amigo y tu ?

- Soy !

- Bienvenido ! Cuál es tu especialidad ?

- Pintor y tu ?

- Yo soy Ricardo Sanchez, ceramista ahora

- Por Dios ! Yo te conozco, Chocolates y Buñuelos ?

- Y Caramelos también, hombre !

- Por Dios, cómo estas ?

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- Muy bien, pero hasta ahora, estoy soltero y solitario

- Cuàntos años tienes ahora ?

- Pronto, tendre quinientos

- Por Dios ! Me gago en la leche

- Y la guapa ? Es tu hija o una amiga ?

- Es mi ama

- Ay !

Ainsi s’établit une conversation à bâtons rompus entre le peintre Pablito Ruiz et Ricardo, à l’aube d’une grande amitié, car les deux hommes sentent déjà qu’ils ont un destin exceptionnel en commun.

Celui de Sanchez est largement confirmé depuis cinq cents ans. Celui de Ruiz n’est pas encore à son apothéose.

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02/05/2005

Sanchez, leçon 33

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1945. La guerre finie, Sanchez bazarde son Saloon et met un terme à sa chasse aux têtes. Les caïds de Chicago sont bien plus forts que lui et il réprouve leurs méthodes.

Il revient sur le continent, mais plutôt que de revoir Grenade où il a tant de souvenirs douloureux, il se fixe un temps à Rome.

De là, il espère se refaire quelques forces pour renverser Franco.

- Si vis pacem, para bellum*…

Dès que Eugenio Pacelli, le Pape Pie XII, eut vent de son arrivée, il le fit mander au Vatican afin de l’entendre narrer ses aventures en latin, sachant qu’il avait manié cette langue à l’Université de Salamanca et qu'il était le demi-frère d'Ignace de Loyola, l'éminent Jésuite.

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22/04/2005

Sanchez, leçon 32

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Rappel:

La CCS (les bons élèves le savent) est la Chocolates y Caramelos Ltda que Franco a confisquée pour la revendre à l'ICT, l'Internationale Chocolatière Transalpine.

Libéré des geôles franquistes en 1938, Sanchez émigre vers le Mexique. Grâce à la complicité de quelques fidèles, il s’embarque en qualité de graisseur diesel sur un cargo de son ex-compagnie, à peine repeint.

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La traversée est atroce. Par deux fois, ils évitent de justesse les torpilles des U-Boot du Reich qui imposent leur domination dans l’Atlantique.

Mais le pavillon espagnol, hissé haut, reste leur meilleure garantie de neutralité active.

Il débarque à Vera Cruz. La ciudad a bien changé depuis 1528. Il dépose une brassée de bougainvillées au pied d’un building que par recoupements, il suppose être le lieu de l’hacienda où Malinche cultivait le cacao.

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17/04/2005

Sanchez, leçon 31

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Nous sommes en 1938. Sanchez est libéré sous les conditions que l’on verra. En France, la coalition socialo-radicalo-communiste du Front Populaire résiste avec très peu d’entrain à cette poussée fasciste qui a embrasé l’Espagne. Elle laissera faire, allant jusqu’à entériner l’annexion des Sudètes par le Reich. Ce seront les tristement fameux Accords de Münich.

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Le Coup de Münich de septembre 38. Dessin d'époque où l'on reconnaît de g.à dr. Hitler, Neville Chamberlain (Dents de lapin), Edouard Daladier, Benito Mussolini (gros cul, grasse nuque). Dans l'embrasure, Joseph Staline demandant patelinement s'il n'y aurait pas un siège pour lui.

Sanchez est sauf, mais il abandonne le combat, boudant les appels du Front Populaire et du camarade Maurice Thorez qui l’a chaudement recommandé à Joseph Staline, en tant que cryptorévolutionnaire, déviationniste de la clique anarcho-trotskyste qui donnait tant d’urticaire au Petit Père des Peuples.

C’en est trop pour notre héros qui n’entend rien aux subtilités de la langue d’appareil, en dépit des coups d’encensoir reçus de L’HUMANITE même :

L’organe de Jaurès reprend à sa façon cette caricature parue dans le Bolletin Internacional, de la Federacion Española de Trabajadores. (Voir leçon 29).

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Ministre apparatchik des kolkhozes, Ricardo Sanchez? Une plaisanterie? Pour finir bineur de tchernoziom en Sibérie orientale? Professeur de balalaïka à Tbilissi?

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04/04/2005

Sanchez, leçon 30

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Il devait mourir à l'aube du 17 août 1936, haché par une salve de douze fusils phalangistes. Il s'y était préparé au fil de sa longue et dernière nuit passée dans les geôles de Franco, à Viznar, près de Grenade.

Il n'avait rien à regretter. Ses 434 ans de vie lui suffisaient, quoique dire adieu à son empire du chocolat, aux femmes belles, douces, passionnées lui fût intolérable.

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Il revit une plaza andalouse, le soir, à la fameuse "heure des chats", quand tout le peuple andalou flâne dans ses plus beaux atours. Il revit tout le film de sa vie. Un très très long métrage.

Il avait assez vécu. Mais a-t-on jamais assez vécu?

Certes, il aurait encore pu apprendre la langue allemande. Servir le Frente Popular en s'infiltrant dans la sinistre Légion Condor. Mettre à profit la rapacité nazie pour distribuer à l'envi des chocolates au cyanure.

- Aprovechen mis chocolates ! Gut, gut, viel gut !

Mais à quoi bon? Il s'était résigné. A l'instant suprême, insultant la mort fasciste, il hurlerait en lettres de sang:

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On vint le chercher.

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- Es la hora, caballero!

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31/03/2005

Sanchez, leçon 29

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Ah, il fallait être Ricardo Sanchez pour insulter de la sorte le général Franco ! Car nul ne résistait au petit homme qui avait reconquis l'Espagne et l'avait arrachée à la tentation démocratique. Ainsi l’illustre une gazette catalane d’époque.

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Franco s'était spécialement rendu à la prison de Grenade où était interrogé Sanchez sans relâche, afin de lui extorquer des renseignements sur la canaille républicaine.

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A la sèche question " Y qué ?", El Estropeado avait répondu par une bordée d'insultes internationales, un flot terrifiant de gros mots glanés dans les bivouacs, dans la chaude promiscuité des Brigades, au contact des Malraux, Yves Montand, Rol-Tanguy, Arthur Koestler, George Orwell et autres anarchistes, tous publicateurs de cette affiche provocatrice et de cette photo (ci-après) volée dans la cantine du Caudillo même.

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Des preuves?

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Notez le petit pompon de Mickey que Franco porte au devant du calot.

Ne manquez pas la Bio de Franco sur G1trou.com

On dit même que Sanchez lui aurait craché à la gueule et que Franco aurait souffert d'une éruption de papules prurigineuses fort malodorantes.

La vérité est que Franco fut si agité qu'il s'envoya son petit pompon de Mickey dans l'oeil et qu'il larmoya pendant des jours et des jours.

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El Caudillo était monté sur ses ergots. Plus petit et plus cambré que jamais, tel un coq cayen juché sur un tas de fumier, il avait cinglé notre ami du bout de sa cravache.

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Illustr. JCP

Encaissant les coups, Sanchez redébitait ses mots crus que d'ailleurs il avait gravés maladroitement sur les murs de sa cellule : pedal, as hole, crack, bouc puant, inceste lubrique, fiotte, finocchio, gousse, brouteuze de césped maldito et autres noms d'oiseaux: nyctalope, nyctamer, nardin'allouf! Et l’on vous en passe.

Crime et châtiment

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Convaincu qu'il finirait par s'asseoir, Franco fit quérir le pal que des gardes installèrent sous le séant de Ricardo. Mais c'était mal connaître notre tétanisé ligamentaire. Les soudures des genoux étaient plus solides que le bronze.

Le Caudillo, se disant bon prince, lui donna le choix entre le garrot et la fusillade en bonne compagnie: Federico Garcia Lorca serait de la fournée.

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Jusqu'en 1975 où la peine capitale a été abolie en Espagne, le garrot resta théoriquement en service pour le bonheur des non-abolitionnistes.

Deux garrotés célèbres pour leur innocence objective, les anarchistes Joaquim Delgado et Francisco Granado en 1963. Une autre affaire Sacco et Vanzetti.

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23/03/2005

Sanchez, leçon 28

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Nous sommes en 1936.

Parti du Maroc espagnol, Franco remonte l'Espagne à la tête de l'insurrection fasciste, écrasant pas à pas les Brigades Internationales venues soutenir le Frente Popular.

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Audacieuse affiche d'époque montrant El Caudillo travesti en Chevalier Teuton et traînant dans son puant sillage une armada de notables de bénitier.

La ville basque de Guernica est bombardée par les avions de la Légion Condor, une division prêtée par Hitler, destinée à en découdre avec les Républicains et à tester en conditions de guerre, les trop fameux Stukas qui allaient bientôt anéantir la Pologne.

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Affiche d'époque montrant un sujet aryen du Süddeutschland, fier de servir le Reich dans la Légion Condor, le laboratoire d'essais.

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Sous le titre assez confus "Suppose it war", Nose Art contemporain réalisé par des Japonais, nostalgiques de l'Axe Berlin, Rome, Tokyo.

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Un Junkers JU-87 "Stuka" en plongée, ancêtre des frappes chirurgicales inventées par le Pentagone.

Jeunes gens qui n'avez pas connu ni Auschwitz, ni les goulags, ni la Guardia Civil ...

Vous qui vous amusez parfois à vous travestir en Waffen SS pour enquiquiner Papa, Camomilla et Grand'Mère Zabeth...

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Adultes qui niez avec aplomb les (mé)faits et "péripéties" de l'Histoire (j'ai les noms)... 

...reconnaissez-vous vos idoles?

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Tous portent moustaches, certaines étant plus ridicules que d'autres, notez bien!

Bravo,

vous avez de ma mémoire visuelle et de la culture! 

On reconnaît en effet de gauche à droite, le Führer, Le Petit Père des Peuples Jossif Djougachvili caché derrière El General Chili con Carne. Et enfin, EL Caudillo, Francisco Franco, photographié en 1973, peu de temps avant sa mise en bière brune.

Bénito Mussolini a été viré du casting par manque d'intérêt pour le sujet.

Par manque de place, on a négligé aussi O Doutore Salazar, le plus grand économiste de tous les temps à la raie bien faite (cheveux, s'entend), mais c'est partie remise. Son tour viendra le 25 avril.

Et Ricardo Sanchez dans tout ça?

Ricardo Sanchez, on s'en doute, ne reste pas de bois, face à l'épidémie de peste brune qui gagne le monde.

Il proteste pacifiquement en faisant du sit in dans les ruines de Guernica, tout en barbouillant les rares pans de murs encore debout, à l'aide d'aérosols de sa propre conception, remplis de laques qu'il pulvérise à grands coups de pompe.

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05/03/2005

Sanchez, leçon 27

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Prologue

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En 1928, Ricardo Sanchez a la vue qui baisse.

Diagnostic : cataracte, il faut opérer.

Or, il apprend qu'un jeune réalisateur de cinéma, un certain Luis Buñuel, cherche un figurant pour une séquence en gros plan où précisément, un oeil doit être incisé à la lame de rasoir. Une idée forte, jaillie du génie surréaliste d'un certain Salvador Felipe Jacinto Dali y Domenech, originaire de Cadaqués, peintre de son état.

Casting

Ricardo Sanchez se porte volontaire. Bout d'essai. On lui fait jouer une petite scène de Don Quijote de la Mancha, caracolant à l'assaut d'un vieux moulin, sur un canasson efflanqué, nommé Rosinante.

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Notre hidalgo est à l'aise. Il a si bien connu l'auteur, Miguel Cervantes, "El Manco", son clerc aux écritures des années 1580 ! On pourrait dire qu'il a vu naître Don Quijote. (Révisez votre leçon 7).

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On discerne ici à l'extrême droite de la photo (Cartier Bresson) Sanchez visionnant un rush.

Il est filmé en plan américain, car la production n'a pas les moyens de lui offrir une monture en chair et en os, mais un cheval d'arçon. Luis Buñuel fait ses débuts et les économies de sa maman sont tout juste suffisantes pour financer le court métrage qui s'intitulera Le Chien Andalou. "Un Perro Andaluz".

La candidature d'El Estropeado sera retenue pour trois raisons majeures:

1- Son âge canonique (il a 426 ans)

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2- Son infirmité (tétanisation ligamentaire des genoux) en fait un sujet particulièrement surréaliste

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3- Il est un enfant de la balle: il a joué Hernani au Français (révisez votre leçon 19)

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Il tourne: eppur, si muove!

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La cornée est incisée sous l'oeil impavide de la camera. Il en sortira un chef-d'oeuvre du 7ème art naissant. Et une amitié indéfectible entre Buñuel, Dali et Ricardo qui a recouvré une vue de jeune homme et peut de nouveau diriger son empire Chocolates y Caramelos Sanchez Ltda.

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On voit ici Luis Buñuel aux commandes de la caméra, sur le tournage du Chien Andalou.

Saisissant l'opportunité, Salvador Dali, quant à lui, exécutera sur le plateau même une célèbre toile, aujourd'hui conservée au Musée des Arts Virtuels d'Alcacer do Sal (Portugal).

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Hyperprojection holographique d'une tentative avortée d'insémination de chocolats mous par une langouste hermaphrodite.

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Ricardo n'est pas venu les mains vides au studio. Il régalera le plateau de ses délicieux et précieux chocolats. Mais il ne s'en tiendra pas là. Il créera un nouveau produit phare en hommage au maître espagnol du 7e art, auteur prolixe, notamment de Los Olvidados, Viridiana, Le Charme discret de la bourgeoisie, Cet obscur objet du désir et Belle de Jour, dont nous reparlerons bientôt. Car depuis Un Perro Andaluz, Sanchez est mordu de cinéma.

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Cette affiche recouvre toute une histoire. Buñuelo signifie beignet en espagnol. Cela a tant amusé Sanchez, qu’en hommage à Luis, il a décidé d’adjoindre à la chocolaterie un tout nouveau département beignets, qu'il appellera tout simplement Buñuelos.

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Ainsi naîtront les friteries à l'enseigne Buñuelos Fritos Sanchez, que la publicité de l'époque immortalisera avec ce slogan pour le moins croustillant : Aprovechen mis buñuelos !

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Cette scène de rue saisie à Madrid, montre à quel degré de perfection, Sanchez poussa la communication. Il est vrai que « Un Perro Andaluz» l’y avait beaucoup aidé.

On voit ici une des mille magnifiques camionetas Ford qui ont remplacé la flotte des Renault, offerte à la France sur le front de la Marne. Par leur intermédiaire, la Maison Sanchez vendra des beignets et plus tard des moules-frites, des kebabs, des tapas, des helados et même des paellas.

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Remarques:

Notez que le bilan est aujourd'hui farci de tilde. G1trou.com vous rappellera pourquoi.

Notez pour la bonne bouche:

Tapas (tapas dont notre héros s'est fait une spécialité dans ses bars sans chaises: voir leçon 21)

Paella (paëlla)

Helados (ice creams)

Camioneta (s) Véhicule à plateau, généralement équipé, destiné à la vente à emporter

Votre PLUS culturel du jour

Ce magnifique tapis façon Gabbeh fut exécuté d'après un carton de Jean Lurçat (de Saint-Céré dans le Lot), sur une commande de Ricardo Sanchez.

On dit que ce tapis volait.

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01/03/2005

Sanchez, recreación

Afin de nous changer d'air après les exploits tauromachiques de notre héros pluriséculaire, faisons une pause avant d'aborder les grandes mutations du XXe siècle.

Découpons cette image avec soin (sans dépasser) et collons-la dans notre cahier de cours. Elle restera ainsi gravée à jamais dans nos mémoires.

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Plus tard, quand nous serons vieux, devant l'âtre qui rougeoie et le feu qui crépite, nous la montrerons à nos petits enfants ravis, tout en écalant des châtaignes.

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Et châtaignes faisant, pas à pas, nous leurs conterons l'histoire peu banale de ce fier hidalgo, né en 1502 à Grenade, hélas tétanisé ligamentaire, mais qui sut mettre à profit sa différence pour traverser quatre siècles d'histoire de l'Espagne, sans un seul pépin majeur.

Parvenus à Sciences Po, nos petits enfants brilleront par leurs connaissances de la langue espagnole, mais aussi par leur culture politico-économique appliquée au chocolat.

Ainsi, au concours d'entrée à l'ENA, quand l'examinateur leur posera la insidieusement la question qui tue:

- Monsieur (ou mademoiselle), sauriez-vous me dire qui a inventé la politique de la chaise vide?

Ils répondront avec aplomb:

- Ricardo Sanchez, monsieur...à Cuba, en 1989, où il fit un tabac au Sommet des Etats hispanophones, en pratiquant justement cette politique qui...

- C'est bon, c'est bon, je vous remercie

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Photo Sur le Zinc

Chaise vide à Gythion, au sud du Pelopponèse, un jour moite

Bien sûr, pour savoir tout cela et devenir ministre, il faut reprendre le cours d'espagnol à son commencement. Car comment comprendre que Sanchez soit imité dans les spectacles de variétés: seules les personnalités notoires sont imitées.

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27/02/2005

Sanchez, leçon 26

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Arriba El Estropeado! Fenómeno !

C'est par ces mots hurlés par les aficionados de sol y sombra en délire que Ricardo Sanchez fut sacré meilleur torero de l'année 1922.

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Il fut sacré à l'unanimité moins une voix, celle de Pedro Domecq, ganadero, propriétaire adulé de l'invincible toro « Minotor ». Ces oreilles et cette queue lui coûtèrent la bagatelle de 10 millions de pesetas: cette somme fabuleuse, il l'avait jouée à un contre cent en dépit des tuyaux qui disaient Minotor à la fin de son apogée.

Domecq perdit même bien davantage. Car sa renommée, son autorité, sa légitimité impériale de meilleur ganadero de la place de Séville n'avaient pas de prix.

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En dépit de ses 420 années, Sanchez fut éblouissant de virtuosité, de technique et de maîtrise de soi. Il fut l'immobilité même, plus immobile encore dans l'immobilité que celle qui avait élevé Belmonte au firmament des toreros.

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Hiératique, exploitant aux extrêmes l'angle mort de vision de Minotor, il l'avait éreinté a brazos, à force de faenas imposées en plein temple, c'est-à-dire en harmonie, en accord parfait entre les vitesses relatives de la charge noire et du leurre rouge sang.

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La muleta avait guidé la furiosité de Minotor dans un labyrinthe de vengeances illusoires, jusqu'à la fixité. Celle du corps et de l'idée.

Ah l'idée fixe!

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Comme il le voulait encore cet estropié, ce nabot! Cela se lisait dans son œil, s'entendait dans sa respiration bruyante, se voyait dans l'impatience de ses cornes trop blanches, beaucoup trop blanches et pourtant entachées de deuils, de crimes délicieux.

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Mais Minotor cherchait à comprendre son adversaire. Il aurait d'abord pris le nabot par le cul. Il l’aurait ensuite fariné dans la poussière. Et puis il l'aurait cloué en brochette informe, des couilles à la fontanelle, sur le bois des palissades. Fantasme de taureau. Mais la fixité du regard de l'homme avait été plus forte. Un instant seulement, Minotor avait baissé la tête. Fatale erreur !

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A l'instant mystique de l'estocada, Sanchez avait bondi comme mu par un ressort et son épée avait foudroyé le cœur de Minotor, pénétrant en la cruz, telle une décharge électrique. Un seul et unique mouvement du torse avait rompu son immobilité tout au long de ce tercio de muerte. On l'aurait chevillé, vissé au sol que rien n'aurait changé.

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19/02/2005

Sanchez, leçon 25

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1914. Le Boche et ses cousins germains en ont un grain. Il suffit qu’un Archiduc de fasse larder à Sarajevo par un Bosniaque pour que le monde s’enflamme, de Washington à Zanzibar, en passant par Paris, Vienne, Berlin et Saint Petersbourg.

L’Espagne reste en dehors du coup, sauf Sanchez qui ne supporte pas que des casques à pointe entrent dans ses chocolateries sans s’essuyer les bottes et s’y empiffrent de Spanischebitterschokoladedelikatessen pour finalement les vomir avec la choucroute, la bière, les kartoffel, Tee und Tomatesauce, alles zusammen, en égrenant tout un chapelet d'incongruités acides: Deutschland über alles, ach Gott Sakrament, pfui Teufel...!!!

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L’Espagne est certes neutre, mais Sanchez va déployer tout ce que compte l’Europe (de la Triple Entente) en véhicules de services «Chocolates y Caramelos» pour les faire converger vers la Marne, bourrés de Peludos, avec des chocolats et des allumettes publicitaires plein les poches, sous le signe fédérateur de «Los Colores Unidos by Sanchez». Du feu pour quatre ans!

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Car l’Armée Française de Joffre comptait dans ses rangs, autant de zouaves, que de tirailleurs sénégalais ou d’Annamites de l’Infanterie Coloniale, indigènes courageux et fiers qui ne demandaient qu'à se saigner aux quatre veines au nom du drapeau bleu blanc rouge, allégorie magnifique de la trilogie que le monde admirait:

Libertad, Igualdad, Fraternidad

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Los Colores Unidos by Ricardo Sanchez

Un grand pas sanchezien vers l'intégration des peuples dans le creuset de la fraternité universelle. Des mauvaises langues y ont vu un artifice grossier de récupération des valeurs fondamentales à des fins mercantiles. Ce ragot ne sera largement démenti que 80 ans plus tard par un grand fripier, entrepreneur italien fort séducteur.

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08/02/2005

Sanchez, leçon 24

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En ce début de XXe siècle, les entrepreneurs les plus audacieux et les plus fortunés s'essayaient à concevoir des aéroplanes. Sanchez avait ce profil porteur.

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On voit ici Sanchez au volant de la Señorita. On remarquera l'absence de baquet. Notre héros est confortablement harnaché de suspentes. On remarquera aussi qu'il se passe, cette fois, de son éternel sombrero et qu'il a fait pousser sa barbe pour affronter le vent de la course.

Après de nombreuses expériences infructueuses avec des aeróstatos, il conçut "La Señorita", une machine volante à moteur thermique, ainsi baptisée en hommage à sa nouvelle fiancée Alberta Santas Del Monte (La « Santos Dumont »), comme on disait à Paris, une ravissante Brésilienne, fille d’un ingénieur en mécanique céleste.

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La Belle Brésilienne

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Et son heureux ingénieur de papa

Pour la propulsion, Sanchez s’entoura du motoriste italien Giuseppe Panzani qui conçut un trois cylindres jugé un peu "nouille" mais suffisant pour ravir la Demoiselle aux forces antagonistes de la gravité universelle.